Environnement et ressources : Maurice déterminée à renforcer la gouvernance des océans

Le ministre des Affaires étrangères, Ritesh Ramful, a déclaré que Maurice est déterminée à mettre en œuvre l’Accord sur la biodiversité au-delà des juridictions nationales (Biodiversity Beyond National Jurisdiction – BBNJ). Il intervenait, hier, au Caudan Arts Centre, lors de la cérémonie d’ouverture du BBNJ Capacity-Building Workshop, en présence de Janmajaising Bissoondoyal, Secretary for Foreign Affairs, Lisa Singh, Coordonnatrice résidente des Nations Unies pour Maurice et les Seychelles, Paul Brummell, haut-commissaire britannique à Maurice ; Milan Meetarbhan, Représentant permanent de Maurice auprès des Nations unies ; ainsi que le Dr Jane Collins, conseillère en gouvernance des océans au Commonwealth Secretariat.

- Publicité -

« Nous avons signé l’accord le 20 septembre 2023 et l’avons ratifié le 30 mai 2024. Nous faisions partie des premiers pays à le faire. Il ne s’agissait pas d’un acte symbolique, mais d’un choix politique délibéré. Cela reflète notre ferme conviction que la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine dans les zones situées au-delà de la juridiction nationale ne sont pas facultatives : elles sont essentielles pour notre sécurité, notre résilience et notre prospérité à long terme. Aujourd’hui, notre priorité passe résolument de l’engagement à la mise en œuvre », a-t-il souligné.

Le ministre a affirmé que l’accord BBNJ s’appuie sur la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer et renforce la gouvernance mondiale des océans dans quatre domaines clés :
premièrement, l’accès aux ressources génétiques marines et le partage juste et équitable des avantages ;
deuxièmement, les outils de gestion par zone, y compris les aires marines protégées ;
troisièmement, les évaluations d’impact environnemental pour les activités menées au-delà de la juridiction nationale ;
et quatrièmement, le renforcement des capacités et le transfert de technologies marines.

- Publicité -

Maurice est déterminée, a-t-il ajouté, à mettre en œuvre l’accord à travers une action nationale coordonnée, par la transposition juridique de ses dispositions et par un renforcement durable des capacités.

En tant que petit État insulaire en développement, Maurice fait face à des vulnérabilités particulières, allant de l’élévation du niveau de la mer et de la perte de biodiversité aux chocs liés au changement climatique. « Notre sécurité alimentaire, notre économie et notre identité culturelle sont profondément liées à la santé de l’océan », a dit le ministre.
Ritesh Ramful a également souligné que l’accord introduit de nouvelles responsabilités, notamment la protection de la biodiversité marine, l’évaluation des impacts environnementaux et le partage équitable des avantages tirés des ressources génétiques marines. « Cet équilibre est important pour Maurice. Il nous rassure sur le fait que l’utilisation durable et la conservation peuvent aller de pair, que le développement et la gestion responsable ne sont pas incompatibles. Il confirme également que l’accord s’applique sans préjudice : sans préjudice à la souveraineté, aux droits souverains et aux revendications maritimes », a-t-il déclaré.

- Advertisement -

Pour sa part, le haut-commissaire britannique a indiqué que ce séminaire revêt une importance particulière, soulignant que l’Accord BBNJ est entré en vigueur au niveau mondial durant le week-end dernier. « Cet accord est essentiel pour la sauvegarde de la biodiversité dans les zones océaniques situées au-delà de la juridiction nationale. Je tiens à féliciter Maurice pour le leadership remarquable dont elle a fait preuve en signant l’Accord BBNJ. Cela démontre son engagement à protéger la diversité marine pour les générations futures », a-t-il fait comprendre.

Paul Brummell a précisé que l’atelier vise à transformer cet engagement en actions concrètes. La haute commission britannique soutient cette initiative de deux manières principales : en renforçant la sensibilisation auprès des responsables gouvernementaux et en menant un examen législatif approfondi afin d’assurer l’alignement entre les lois internationales et le cadre du BBNJ.

Ces mesures permettront d’accélérer le processus de mise en œuvre à Maurice, en renforçant la capacité du pays à gérer les ressources génétiques marines, à établir des aires marines protégées, à mener des évaluations d’impact environnemental et à bénéficier du transfert de technologies.

Le renforcement des capacités est essentiel pour une mise en œuvre efficace, a-t-il ajouté, et le Royaume-Uni est prêt à fournir son expertise pour l’élaboration de politiques à long terme.
« L’océan nous relie tous et il est essentiel pour notre avenir collectif. La mise en œuvre de l’Accord BBNJ est une occasion de traduire l’ambition en action », a-t-il conclu.

Un nouveau départ pour la conservation des océans

Avec l’entrée en vigueur de l’accord BBNJ le 17 janvier, le ministre des Affaires étrangères a laissé entendre que c’est un nouveau départ pour la conservation des océans. « C’est avec un profond sentiment de fierté nationale que j’accueille l’entrée en vigueur de l’Accord sur la biodiversité marine des zones situées au-delà de la juridiction nationale, connu officiellement sous le nom d’Accord BBNJ. Le BBNJ prévoit la protection des Marines Protected Areas en haute mer. Grâce à l’établissement des Marine Protected Areas en haute mer, le BBNJ régulera l’exploitation durable des ressources marines pour le développement d’une économie bleue viable, d’une importance capitale pour tous les Petits États Insulaires en Développement (PEID), en particulier Maurice.
Le pays plaide pour une approche menée par les pays et guidée par la science afin d’identifier ces sanctuaires. « Nous estimons que protéger les écosystèmes vitaux dans les eaux internationales agit comme une réserve de biodiversité qui renouvellera notre propre Zone Économique Exclusive (ZEE), garantissant la pérennité de nos secteurs de la pêche et du tourisme à long terme » ; dit-il. « Aujourd’hui, grâce à cet accord, nous avons établi un système où les ressources génétiques marines et les connaissances qui en sont dérivées doivent être partagées équitablement. Il s’agit d’une victoire de notre diplomatie et d’une concrétisation de notre vision d’un ordre international juste », a déclaré le ministre.

 

EN CONTINU
éditions numériques