Journée mondiale des religions 2026 -
Robert Hungley : « La justice n’est pas un simple concept juridique »

La Journée mondiale des religions 2026 a été marquée, comme chaque année, par une matinée de réflexion organisée au centre de conférences baha’i à Belle-Rose, sous la présidence de Kiran Coonjul, représentant de la foi baha’ie. Le thème choisi cette année était : « Repenser la justice pour un monde où prévaut l’égalité de genres ».
« Dans toutes les traditions religieuses, la justice n’est pas un simple concept juridique ; c’est un impératif moral ancré dans le respect de la vie, la compassion pour les autres et la reconnaissance de la valeur égale de tous les êtres humains », a déclaré le vice-président de la République, Robert Hungley, dans un discours prononcé à cette occasion.
Il a d’emblée indiqué que, dans un monde profondément divisé, ce qui unit les peuples demeure plus fort que ce qui les sépare. S’inscrivant dans l’esprit de cette Journée mondiale des religions, créée en 1950 par la communauté baha’íe, il a souligné qu’elle constitue un véritable phare d’harmonie interreligieuse et un rappel que, au-delà de la diversité des croyances, toutes les grandes traditions spirituelles partagent un socle commun de valeurs : paix, compassion, justice et dignité inhérente de chaque être humain.
Le vice-président a mis en avant la convergence des enseignements religieux – de l’adl islamique au dharma hindou, de l’amour du prochain chrétien à la karuna bouddhiste, jusqu’à la philosophie africaine Ubuntu – pour affirmer une même vérité : chaque personne, homme ou femme, possède une valeur égale aux yeux du Divin.
Mais il a aussi reconnu que cette vérité est trop souvent trahie par la réalité. Citant des données locales et internationales, Robert Hungley a évoqué les violences domestiques, sexistes et sexuelles, les écarts salariaux persistants, la sous-représentation des femmes dans les instances de décision ainsi que les normes culturelles qui continuent de réduire leurs voix au silence. Il a rappelé qu’à Maurice comme ailleurs, l’Objectif de développement durable No 5 des Nations unies sur l’égalité des genres reste encore hors d’atteinte.
Pour lui, « repenser la justice » signifie veiller à ce que les interprétations religieuses, les institutions et les pratiques sociales reflètent réellement les valeurs durables d’égalité, de dignité et de compassion, et qu’elles répondent aux réalités contemporaines. Il a insisté sur le fait que l’égalité des sexes n’est ni une invention moderne ni contraire à la foi, mais qu’elle est au contraire affirmée par de nombreux enseignements religieux.
Robert Hungley a également souligné le rôle pivot des institutions religieuses – mosquées, temples, églises et ashrams – en tant qu’ancres communautaires capables de faire évoluer les mentalités. Il a salué l’exemple mauricien de coexistence harmonieuse entre confessions et cultures différentes, fondée sur le respect mutuel et des valeurs communes. Tout en évoquant un principe cher à la foi baha’ie – « le monde humain a deux ailes, masculine et féminine » –, il a affirmé que le progrès de l’humanité reste impossible tant que ces deux ailes demeurent inégales.
Abordant la question des violences faites aux femmes et des féminicides, le vice-président a appelé à des engagements concrets. Il a exhorté les regroupements religieux et interreligieux à jouer pleinement leur rôle d’accompagnement, d’éducation et de sensibilisation, notamment auprès des jeunes, et à réfléchir à des initiatives justice-genre telles que des campagnes, des espaces de parole et des actions communautaires. Il a aussi plaidé pour une amplification des voix féminines dans les sphères religieuses et sociales.
« La justice n’est pas vengeance ; c’est rétablir l’équilibre avec amour », a-t-il résumé, en cherchant une justice inclusive qui élève à la fois les femmes et les hommes, protège les plus vulnérables et favorise la paix.
Pour sa part, Kiran Coonjul a indiqué que la foi baha’ie place l’égalité des genres au cœur de ses enseignements, la considérant comme une condition essentielle au progrès de l’humanité. Il a souligné que tant que les femmes ne jouiront pas des mêmes droits et des mêmes chances que les hommes, l’humanité ne pourra atteindre son plein potentiel.
La matinée a été ponctuée par plusieurs interventions de représentants de différentes confessions, qui ont partagé leurs réflexions sur la justice et l’égalité entre les sexes. Les échanges ont mis en lumière de fortes convergences autour des valeurs de dignité humaine, de responsabilité collective et de solidarité.
Robert Hungley a salué les organisateurs, les chefs religieux et les partenaires pour leur engagement continu en faveur du dialogue interreligieux. Il a exprimé le vœu que cette Journée mondiale des religions 2026 incite chacun à œuvrer, au-delà des confessions et des traditions, pour un monde plus juste, plus égalitaire et plus uni.

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