PRB : la SOEF s’oppose à une mise  en œuvre du rapport en deux phases

Dans une correspondance adressée au secrétaire au cabinet et chef de la fonction publique, Suresh Seebaluck, la State and Other Employees Federation (SOEF) s’oppose à la décision de mettre à exécution le dernier rapport du PRB en deux phases, soit 50 % à compter de janvier 2026 et 100 % à partir de janvier 2027.

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La SOEF, par la voix de son négociateur Radhakrishna Sadien, avance que cette décision est en contradiction directe avec les recommandations et la philosophie même du rapport, et qu’elle est hautement préjudiciable aux fonctionnaires pour les raisons suivantes:

(a) la SOEF affirme ne pas comprendre la logique qui sous-tend une mise en œuvre échelonnée des recommandations, d’autant plus qu’aucun arriéré n’est prévu. Compte tenu des compensations salariales et de l’allocation intérimaire de 5 % déjà accordées, l’effet réel de l’application de seulement 50 % de l’augmentation recommandée sera minime. En réalité, à partir de janvier 2026, un nombre important de fonctionnaires ne percevront aucune augmentation salariale effective.
Cette situation est manifestement préjudiciable aux employés du secteur public, qui ont déjà subi une perte de pouvoir d’achat — comme expressément reconnu au paragraphe 4.10 du Rapport PRB 2026 — et qui comptaient légitimement sur ces recommandations pour garantir une rémunération juste et équitable.

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Il est déraisonnable et inéquitable d’exiger des agents publics qu’ils continuent à fournir des services au plus haut niveau, avec le même degré de responsabilité, alors qu’ils se voient, en pratique, privés de la moitié de l’ajustement salarial auquel ils ont droit.

(b) Au paragraphe 4.17 du rapport dernier du PRB, il est clairement indiqué que la « capacité financière et la durabilité des augmentations salariales pour le gouvernement » ont été dûment prises en considération. L’argument selon lequel l’État ne serait pas en mesure d’assumer en une seule fois l’augmentation salariale recommandée en raison d’un contexte économique et budgétaire difficile ne tient donc pas.
La SOEF attire également l’attention sur le paragraphe 20.22 du rapport, relatif aux coûts de mise en œuvre, qui précise :
« la mise en œuvre, en une seule fois, des recommandations formulées dans le rapport, y compris la rémunération additionnelle et l’allocation intérimaire de 5 % intégrée au salaire, est estimée à un coût annuel de Rs 10,9 milliards pour le gouvernement. »
Les calculs du PRB reposaient donc clairement sur une mise en œuvre intégrale et immédiate. Bien que le PRB ait reconnu l’« énorme engagement financier » que cela représente, sa recommandation était que des « mécanismes d’épargne appropriés soient élaborés pour absorber l’excès de liquidités », et non que l’augmentation salariale soit retenue ou étalée dans le temps. En optant pour une mise en œuvre échelonnée, le gouvernement s’écarte ainsi des conseils économiques précis du PRB.

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(c)  Le PRB a constamment soutenu — comme réaffirmé au paragraphe 1.18 du rapport — que celui-ci doit être « considéré dans sa globalité et que les recommandations qu’il contient constituent un ensemble indissociable ». Le bureau a d’ailleurs explicitement reconnu qu’« une mise en œuvre partielle pourrait aller à l’encontre de l’esprit fondamental du rapport et entraîner des anomalies et des incohérences ». La mise en œuvre échelonnée des avantages financiers constitue dès lors une application partielle qui porte atteinte à l’intégrité de cet ensemble.

(d)  Au paragraphe 20.12, le PRB indique sans équivoque que le rapport doit être mis en œuvre à compter du 1er janvier 2026, la seule exception concernant les recommandations relatives à la création de nouveaux grades. Aucune disposition du Rapport ne prévoit ou ne justifie un calendrier de paiement échelonné des salaires.

(e) La décision du gouvernement crée également une injustice flagrante envers les employés prenant leur retraite en 2026. Leurs pensions et indemnités de départ seront calculées sur la base de seulement 50 % de l’augmentation salariale, les privant définitivement de la totalité de leurs droits acquis.

Le négociateur de la SOEF fait ressortir, par ailleurs, que le dernier rapport a déjà suscité un vif mécontentement parmi les employés du secteur public concernant plusieurs de ses recommandations.  À la lumière de ce qui précède, la fédération demande au gouvernement de revoir sa décision et de procéder à la mise en œuvre intégrale (100 %) du dernier rapport avec effet au 1er janvier 2026.

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