The end of the world … as we know it

Durant le premier confinement – mondial – de la pandémie de Covid-19, le ressenti d’une fin d’un monde, tel qu’on l’aura connu, perdurait. Passé les années Covid, à quelques changements près, les réflexes et les habitudes reprenaient le dessus. Pourtant, certaines choses ont fondamentalement changé et ont transformé les cœurs de nombreux humains dans la foulée.
Cette semaine, Maurice a perdu l’un de ses plus valeureux fils du sol, Marsel Poinen. Artiste pluriel, homme d’une simplicité déconcertante par rapport à ce qu’il avait apporté aux arts et au pays, de manière générale, ce grand timide restait délibérément loin des projecteurs – peut-être se protégeait-il, sachant que l’humain se brûle très (trop ?) facilement les ailes ! De Sarbon à Ti payanke rakont mwa, que lui a consacré l’ancien journaliste et écrivain Jean Clément Cangy, l’empreinte de Marsel Poinen perdure. Et restera à jamais vivant.
Fin observateur de la vie politique locale, l’homme s’embarrassait rarement de discours creux, de formules clichés et d’autres diatribes insipides. Lui était de ces derniers Mohicans qui n’avaient pas peur de froisser parce qu’il était résolument ancré dans la réalité et la vérité. Plusieurs ont salué en lui un « grand ». Comme, hélas ! d’ailleurs, notre pays n’en fabrique plus. Tout au moins, ces quatre à cinq dernières décennies, peu ont brillé en ce sens. Se distinguant des standards, copies conformes et autres stéréotypes. Marsel Poinen était de ces derniers géants générés par notre Mama Later.
Son immense travail de fourmi pour restaurer, conserver et transmettre les œuvres et l’héritage des grands, dont Ti-Frer, Fanfan et d’autres de la même trempe, ne doivent jamais se perdre, mais rester dans les mémoires… Idem pour toute la partie création de son œuvre. Souhaitons que le gouvernement reconnaisse le mérite et la contribution de cet acteur majeur de la scène artistique locale à sa juste valeur. Et à ce titre, peut-on attendre du présent régime qu’il célèbre nos talents qui sont dignes de leur vivant, et non quand ils auront quitté cette vie ?
Le départ de Marsel Poinen est survenu dans un contexte sociopolitique empreint de fragilité et marqué par les revendications. Le climat social dans notre pays n’a pas été au beau fixe depuis plus d’une décennie. L’arrivée au pouvoir d’une nouvelle équipe dirigeante se rapproche de plus en plus d’un feu de paille, d’une étincelle. Comme dit l’Anglais, in the broader picture, le pays va mal… Et ceux qui sont aux commandes semblent davantage préoccupés (obsédés ?) par des histoires de canards que les difficultés bien réelles de nombre de compatriotes !
Pourtant, tout est là. Des réformes et des refontes sont les bienvenues dans nombre de secteurs. Au sein du système carcéral, par exemple. Où encore et toujours, ceux qui se conduisent en hors-la-loi parviennent à s’en tirer, faisant souvent porter le chapeau aux “ti ofisye”. Idem au sein de la police. Dans le système de santé, quelques techniciens connaissant le domaine tentent une revision en profondeur, avec beaucoup de « douceur ». Mais se heurtent malgré tout à une opposition farouche et remontée. Changer passe par briser des mauvaises habitudes pour faire émerger et en cultiver des bonnes. Mais cela n’est pas la tasse de thé de tous… L’éducation connaît également ces soubresauts.
Les obstacles ne manquent pas. Néanmoins avec beaucoup de bonne volonté et surtout, des Mauriciens sincèrement engagés, la partie n’est pas perdue. Au sein des gouvernements, souvent, cela s’est avéré dans le temps, nos politiques « oublient » ceux qui œuvrent sur le terrain. Les pistes de réponses et les avenues de sorties de crises se trouvent souvent là. Parmi, il y a des groupes de citoyens engagés avec le désir sincère d’améliorer le quotidien de leurs concitoyens, de donner à chaque famille ses chances, de restituer l’harmonie, la beauté naturelle de notre pays et de cultiver les vraies bonnes valeurs afin que nos enfants et petits-enfants n’aient pas à s’étriper dans une société divisée par le racisme et l’irrespect.
Comme cela se traduit sur le plan mondial avec un “sheriff” Trump qui s’approprie le Venezuela et multiplie les menaces pour s’emparer du Groenland ! Sans compter les conflits armés dans différents points du globe et les tueries qui ne cessent à Gaza. Le monde tel qu’on l’a toujours connu ? Bientôt un lointain souvenir si nous ne réagissons pas !

- Publicité -

Husna RAMJANALLY

EN CONTINU
éditions numériques