Pris sur le vif : Ça recommence

— Voilà que ça recommence de plus belle !
— Qu’est-ce qui recommence comme ça ?
— Mais les avis d’alertes de veille de grosses pluies, toi.
— Ça a recommencé depuis quand ?
— Tu vis à Maurice même toi ?
— Pourquoi tu dis ça ?
— Tu ne lis pas les journaux, tu ne vas pas sur les social medias ?
— Ayo non. Je n’ai pas de temps à perdre avec des insultes, des fake news et surtout des commentaires.
— De quels commentaires tu veux parler ?
— Mais de ces commentaires sur toutes sortes de sujets faits par des n’importe qui se prennent pour des experts. Sans compter les zoure mama !
— C’est vrai que certains posts sont plus que diffamatoires, surtout quand il s’agit de politique.
— Tu as vu comment on traite Paul Bérenger, toi. On se moque de lui, on le traite de tous les noms. Il ne faut tout de même pas oublier tout ce qu’il a fait pour le pays.
— Je reconnais que les posts sur lui sont souvent exagérés, grossiers et insultants. Mais par ailleurs, il faut reconnaître que c’est lui-même qui donne le bâton pour qu’on lui donne une raclée !
— Qu’est-ce que tu veux dire par là ?
— Ecoute, avec son cinéma « enough is enough mo pe kit gouvernma » une semaine, et une semaine plus tard il dit « finalman mo pou rest dan gouvernma » ! il a donné l’occasion à ceux qui ne l’aiment pas de parler de feuilleton comique !
— On me dit que dans le fond il a raison : il a beaucoup de raisons de ne pas être satisfait par la manière dont le gouvernement agit.
— Ça je veux bien croire, mais il ne peut pas dire une semaine « mo pe ale » pour la semaine ensuite dire « mo pe reste » ! Tu sais ce qu’il est en train de faire ? Se ridiculiser !
— Je suis obligée d’être un peu d’accord avec toi. C’est vrai que quand il fait ça ses adversaires profitent de l’occasion pour le bouffonner.
— Ils vont se gêner. Tu oublies que lui-même ne rate pas une occasion de se moquer de ses adversaires. Qu’est-ce qu’il n’a pas dit sur eux. Qu’est-ce qu’il ne leur a pas donné comme sobriquets ? Maintenant, ils lui rendent la monnaie de sa pièce. Comme on disait autrefois, bate rande na pa fer dimal !
— Je savais que tu allais dire quelque chose comme ça, parce qu’on sait : tu as toujours été contre lui. Tu es ce qu’on appelle une anti-bérengiste primaire ! Tu ne peux pas le sentir !
— Et toi tu es une bérengiste à 1000 pour 100 ! Dès que tu le critiques un peu, dès que tu n’es pas d’accord avec ce qu’il dit ou ce qu’il fait, tu hurles tout de suite que je suis une anti-bérengiste !
— Il y a critique et critique ! Avant même de savoir ce qu’il va dire ou faire, c’est systématique : tu es contre !
— Et toi tu es pour tout ce qu’il dit et fait. Tu es pareille comme ces députés rubber stamp qui tapent la table au Parlement pendant le discours du budget. Même quand ils applaudissent des mesures qui vont faire leurs électeurs les traiter de voler pension !
— Franchement te dire : c’est un gaspillage de parler politique avec toi. On ne va jamais tomber d’accord et on va finir par gat zami ! Allons changer de sujet de conversation : tu me parlais d’alerte de veille de grosses pluies, non ?
— Oui toi. On a eu l’alerte de la veille et du lendemain mercredi et jeudi.
— Ah bon ? Moi je n’ai pas remarqué.
— Normal, tu ne travailles pas et tes enfants sont grands. Mercredi il y eu l’alerte de la veille et le lendemain on a fermé les maternelles, les écoles, les collèges et les universités.
— On a fermé les bureaux du gouvernement et du secteur privé aussi ?
— Non. Seulement les écoles et les collèges.
— Et il y a eu vrai même des grosses pluies ?
— Pas du tout. Il y a avait beaucoup plus de pluie la veille que le lendemain !
— Mais alors, les écoliers et collégiens tout ça, ils ont eu une journée de congé pour rien. Comme avant, du temps du gouvernement MSM alors,
— Exactement. Comment veux-tu que les enfants apprennent alors que les écoles sont fermées pendant des jours parce qu’il va peut-être pleuvoir.
— Mais comment est-ce qu’on faisait avant quand il y avait la pluie ?
— Tu ne te rappelles pas ? On avait des pardessus et on allait à l’école sous la pluie et à pied. Il n’y avait pas de van lekol ! C’était mari fun : on faisait de petits bateaux avec des pages de cahier et on les mettait dans les canaux ! On faisait singing in the rain !
— Pour les parents d’aujourd’hui, leurs enfants sont faits de sel qui va fondre sous la pluie. L’enfant ne peut plus marcher pour aller à l’école ou au collège : on doit lui trouver un transport aller-retour. Ces enfants sont tellement gâtés et ont eu tout ce qu’ils ont envie qu’ils ne savent plus rien faire par eux-mêmes. Ils ne se donnent plus la peine d’apprendre avec, en plus, les jours de congé de pluie !
— On voit où tout ça mène avec les résultats catastrophiques de l’examen qui remplace le CPE et les résultats de la Senior ! C’est à cause de ça même que je te dis que ça recommence de plus belle !

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J.-C.A.

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