Rapport du PRB 2025 : Un Special Cabinet Meeting lundi face aux objections syndicales

Six semaines après la publication du rapport du Pay Research Bureau (PRB) sur les salaires et les conditions de service dans la fonction publique, le gouvernement tiendra un Special Cabinet Meeting ce lundi. La réunion sera entièrement consacrée aux modalités de mise en œuvre des recommandations, alors que les syndicats du secteur public multiplient les objections.
Depuis la fin de l’année dernière, les organisations syndicales ont passé le rapport au crible. Si certaines mesures sont jugées positives, plusieurs dispositions suscitent de fortes réserves, tant sur le plan financier que social. Les principaux points de crispation portent sur l’application des révisions salariales en deux phases, la situation des employés partant à la retraite entre 2026 et 2027, ainsi que la suppression annoncée de la Sunday Allowance.
Un comité interministériel, présidé par le secrétaire au Cabinet, Suresh Seebaluck, a été mis en place pour examiner les volets les plus sensibles et formuler des propositions. Ses conclusions doivent être arbitrées lors de la réunion spéciale de lundi.
À ce stade, les objections syndicales s’articulent autour de cinq axes.
Application en deux phases
Les syndicats estiment que le paiement échelonné des augmentations pénalisera directement les fonctionnaires proches de la retraite. Les pensions et lump sums étant calculés sur le dernier salaire perçu, une application partielle des ajustements réduirait mécaniquement leurs droits.
Ils pointent également l’incertitude entourant la deuxième tranche prévue pour 2027. Les agents prenant leur retraite en 2026 risquent de voir leurs prestations définitivement calculées sur seulement 50 % de l’augmentation. Les General Workers figurent parmi les plus exposés.
Absence de Master Salary Scale pour 2027
Autre sujet d’inquiétude : l’absence d’une table de conversion salariale pour 2027. Le rapport ne prévoit une Master Salary Scale que pour 2026, alors que les recommandations couvrent deux années. Les syndicats dénoncent un manque de visibilité pour les employés quant à leur évolution salariale.
Suppression de la Sunday Allowance
Les organisations syndicales rappellent qu’aucun service ne peut être exigé sans compensation financière pour les employés soumis à des horaires en shift ou en roster. De nombreux services essentiels — santé, prisons, police, pompiers, collecte des déchets, boulangeries ou distribution alimentaire — fonctionnent en continu, y compris les dimanches et jours fériés.
La suppression de la Sunday Allowance risque, selon eux, d’affecter la motivation du personnel et la continuité du service public.
Non-reconnaissance du Bachelor of Education
Les instituteurs contestent vivement la non-reconnaissance par le PRB du Bachelor of Education délivré par le Mauritius Institute of Education, pourtant reconnu par la Higher Education Commission. Cette incohérence a des conséquences directes sur les grilles salariales et la valorisation académique de la qualification.
Clause de force majeure
Enfin, les syndicats s’inquiètent de la clause permettant au gouvernement, en cas de force majeure ou d’urgence publique, de revoir temporairement certaines conditions d’emploi après consultation des fédérations. Sont notamment concernés les Passage Benefits, les allocations de transport et certains congés pour les employés gagnant Rs 39 140 et plus. Ils redoutent une interprétation trop large de cette disposition, susceptible d’affaiblir durablement les garanties acquises.
Encadré – PRB 2026
La SEF interpelle le Premier ministre Navin Ramgoolam
La State and Other Employees Federation (SEF) a adressé hier une lettre officielle au Premier ministre, Navin Ramgoolam, pour exprimer ses vives préoccupations quant aux modalités d’application du rapport du Pay Research Bureau (PRB) 2026. Le syndicat dénonce une mise en œuvre qu’il juge contraire à l’esprit du rapport et lourde de conséquences sociales.
Les principales interrogations soulevées
🔹 Pourquoi une application partielle des augmentations salariales ?
La SEF conteste la décision de n’appliquer que 50 % des ajustements à partir de janvier 2026, alors que le PRB précise que ses recommandations constituent un « package indivisible » devant être appliqué intégralement.
🔹 Où est passée la logique financière du PRB ?
Le syndicat rappelle que le PRB avait déjà intégré la capacité budgétaire de l’État dans ses calculs, avec un coût annuel estimé à Rs 10,9 milliards basé sur une application complète dès 2026. Il s’interroge sur les raisons qui justifient aujourd’hui une remise en cause de cette projection.
🔹 Quel impact pour le pouvoir d’achat des fonctionnaires ?
Avec l’absorption de l’allocation intérimaire de 5 %, de nombreux agents risquent de ne percevoir qu’un gain marginal, voire nul, malgré l’érosion continue du coût de la vie.
🔹 Quelles conséquences pour les futurs retraités ?
Les pensions et gratifications calculées sur des salaires partiellement revalorisés entraîneraient une perte définitive de droits pour les fonctionnaires partant à la retraite en 2026.
Jusqu’où iront certaines nouvelles dispositions ?
La SEF exprime ses inquiétudes sur :
– l’introduction d’une clause de force majeure permettant la suspension unilatérale de certaines conditions de service ;
– la restriction temporaire du paiement des Passage Benefits ;
– la suppression du remboursement des frais de transport en bus.
Ce que demande la SEF
L’application intégrale du PRB 2026 dès le 1er janvier 2026.
L’ouverture immédiate de négociations formelles avec les syndicats.
Un cadre de dialogue social débouchant sur un accord collectif.

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