Pollution sonore : Bhagwan envisage de faire doubler ou tripler l’amende

Pollution sonore : 154 contraventions dressées de novembre 2024 au 27 janvier 2026

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Le ministre de l’Environnement, Rajesh Bhagwan, a signifié son intention de recommander au gouvernement de doubler, voire tripler, l’amende relative à la pollution sonore. La Fixed Penalty pour ce type d’infraction s’élève actuellement à Rs 10 000. Intervenant, hier, au siège de son ministère, en présence de la Junior Minister Joanna Bérenger, Rajesh Bhagwan a déclaré que cette conférence de presse visait à dresser un constat sur la pollution sonore, une nuisance environnementale de plus en plus alarmante, qui a entraîné des dérives inacceptables.
Le ministre a signifié la détermination des autorités dans la lutte contre les nuisances sonores. « Le tapage n’est pas une plaisanterie. Il a un impact sur la santé de notre population. Il affecte notre qualité de vie. Le bruit perturbe le sommeil, déstabilise nos performances, notre productivité et influence notre humeur. Il est profondément triste qu’un décès soit survenu à La-Caverne en décembre, en pleine période festive. Cet homme demandait simplement que le volume de la musique soit baissé afin de pouvoir dormir tranquillement dans sa propre maison. Il a perdu la vie », a-t-il regretté.
Parlant des statistiques, Rajesh Bhagwan a indiqué que 31 % des plaintes ont été reçues par le ministère pour 2024–25 concernent la pollution sonore, soit un total de 269 uniquement pour le tapage. Tous types de bruit sont concernés: travaux de construction, musique à volume élevé et bruit provenant des véhicules. « De nos jours, beaucoup de conducteurs jouent de la musique à tue-tête dans leurs voitures. Ils dérangent le voisinage, les lieux de prière, les hôpitaux et les cliniques privées. Il y a aussi de nombreuses personnes qui modifient les pots d’échappement de leurs véhicules. Nous constatons également la présence de discothèques sur le littoral », fait-il ressortir.
Depuis novembre 2024 jusqu’au 27 janvier 2026, la Police de l’Environnement a dressé 154 contraventions pour nuisances sonores, contre 62 en 2023 et 46 en 2022. « Ces chiffres démontrent que les contrôles ont été renforcés par rapport aux années précédentes. Parmi les 154 contraventions dressées depuis novembre 2024, la majorité — soit 123 — concerne des véhicules faisant du bruit ; 16 cas relèvent de pollution sonore dans les quartiers résidentiels, y compris la musique à volume élevé ; 8 cas se rapportent au secteur industriel ; et 7 cas sont en relation avec le tapage sur les plages. Or, la plage est un espace de tranquillité, de loisirs, de détente et de convivialité. Elle appartient à tout le monde.  La plage a son propre message: le vent dans les filaos et les vagues qui s’écrasent sur le rivage. C’est un espace que chacun doit apprendre à apprécier », souligne le ministre.
La loi est claire. Elle est déjà appliquée et continuera de l’être. Les Environment Protection (Standards for Noise) Regulations 2022 stipulent qu’il ne faut pas déranger la tranquillité d’autrui, qu’il faut respecter les limites sonores ainsi que le voisinage, les plages et les autres espaces publics. Il existe des niveaux de décibels à ne pas dépasser. Les Environment Protection (Control of Noise) Regulations de 2022 ont été promulgués afin de permettre à la Police de l’Environnement, à l’ensemble de la police et aux autres autorités d’intervenir, même sans équipement spécialisé.
« Tout le monde possède un sonomètre dans l’oreille : chacun sait quand un bruit devient douloureux ou fatigant. Les forces de l’ordre disposent de la loi pour agir. J’ai eu l’occasion de m’entretenir avec le commissaire de police, qui m’a indiqué qu’il renforce la présence policière pour les délits environnementaux, notamment avec des unités comme l’ERS. Certaines personnes pensent pouvoir faire n’importe quoi. Je lance un appel: respectez la tranquillité des autres », prévient le ministre.
Il a ajouté que le ministère de l’Environnement, la Police de l’Environnement, le ministère de la Santé, la NLTA et la police régulière ont l’obligation de faire respecter la loi afin de garantir la paix et la sérénité de la population. « Une fête ne peut pas et ne doit pas devenir un enfer pour les autres », trouve-t-il.
De son côté, la Junior Minister à l’Environnement déclare que les problèmes liés à l’incivilité ont beaucoup augmenté ces dernières années. Les chiffres du département de la Police de l’Environnement confirment que le travail est fait avec l’effectif disponible. Depuis novembre 2024, les contraventions pour des actes d’incivilité ont augmenté.
Joanna Bérenger concède qu’il reste des efforts à faire pour faciliter la mise en application de la loi concernant la pollution sonore. « Il faut aussi être réaliste: nous ne pourrons pas placer un policier à chaque coin de rue. Notre plus grand défi est de faire comprendre que la protection de l’environnement ne se limite pas aux autorités. Tout le monde est libre d’écouter de la musique sur la plage, mais sans déranger son voisin. C’est le principe de base de la vie en communauté, respecté par la majorité des Mauriciens », dit-elle.
Elle a ajouté que, face aux problèmes de Dumping, le Littering et de la pollution sonore, les autorités étudient la possibilité d’introduire un service communautaire pour les récidivistes. « Si une amende ne suffit pas, il est probable que la personne ne mesure pas l’importance du respect de l’environnement et de la liberté d’autrui. Une forme de réhabilitation pourrait développer un sentiment d’appartenance et éveiller les consciences. L’autre alternative reste de durcir les sanctions », préconise-t-elle.
Parallèlement, une campagne de sensibilisation sera lancée à travers l’île. En 2025, le département de l’information et de l’éducation a organisé 72 sessions de sensibilisation, contre 30 en 2024 et 31 en 2023. « Nous lançons un appel à la population: aidez-nous à préserver un environnement sain et une société en bonne santé », a conclu Joanna Bérenger.

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