En ce début d’année, la conjoncture politique s’annonce lourde, pour ne pas dire riche, en cette période de Lakes Vid. Les préoccupations nationales se bousculent au portillon de la Res Publica. Autant de dossiers et de questions retenant l’attention au plus haut niveau de l’Establishment et de l’opinion publique. Et cela sans compter la pression sous forme de missions de Moody’s, de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, avec leurs prescriptions passe-partout, croyant pouvoir remettre l’économie sur les rails.
Ainsi, tout compte fait, le Chagos Deal, avec un Handing Over des plus légitimes de la souveraineté volée de Maurice sur les îles de l’archipel, se révèle être de plus en plus compliqué. Les Exchange Notes entre Londres et Washington, du 30 décembre 1966, confirmant l’excision illégale de ce territoire de Maurice, en infraction aux résolutions des Nations unies, sont aujourd’hui présentées sur le plan du droit international comme un argument incontournable pour valider cet acte illégal et tenter de renverser le cours de l’Histoire en matière de décolonisation. Véritable instrument de chantage juridique de premier plan, avec pour conséquence un magistral « pile, je gagne, face, tu perds ».
Le week-end a été la date limite pour les soumissions des propositions dans le cadre des débats sur la réforme du système. Mis à part des grincements de dents tactiques politiques contre l’approche adoptée par le gouvernement de l’Alliance du Changement, les autres parties concernées, avec leurs analyses et suggestions, confirment qu’elles constituent ces forces vives sur lesquelles la République pourra compter dans la pratique de l’exercice démocratique.
La balle est désormais dans le camp du gouvernement avec la synthèse des points de vue et surtout ce texte de loi, se démarquant de ce qui a été proposé il y a 60 ans de cela, à la sortie de la conférence constitutionnelle de Lancaster House, ouvrant la porte de l’indépendance. Les débats s’annoncent déjà ardus.
La composition de la Constitutional Review Commission, annoncée il y a une année déjà, avec pour président l’ancien Chief Justice Bernard Sik Yuen, a été complétée lors des délibérations du Conseil des ministres de vendredi. Même si cela a pris six mois supplémentaires sur le calendrier arrêté, le projet de loi, établissant le cadre légal et les attributions de cette instance, se présente comme une priorité pour la prochaine rentrée parlementaire du 17 mars.
Autant de facteurs devant nécessiter, dans les semaines et mois à venir, débats et effervescence sur l’échiquier politique, agrémentant l’agenda politique. Rétablir l’intégrité territoriale de la République d’il y a 60 ans, indépendamment des injections annuelles de Rs 10 milliards dans le budget national, peut être le gage de cet élan d’unité pour construire la nation mauricienne. La consolidation des piliers de la démocratie, soit garantir des Free and Fair Elections, soit renforcer l’action des institutions sous la Constitution, s’impose en parallèle.
Toutefois, un point vulnérable majeur réclame une attention urgente pour que lespwar pa kwins ant de ros. Les résultats de la dernière édition du School Certificate sous l’irremplaçable agence Cambridge permettent de tirer le signal d’alarme sur l’état de l’Éducation au sein de la République. Qu’importent les justifications et explications officielles, les chiffres sont cruels, même si, pour l’instant, la génération des trois Credits y trouve son compte.
Le 10 février, date de la prochaine publication des résultats du Higher School Certificate pour les examens de fin de l’année dernière, est un autre rendez-vous majeur du cycle de l’éducation secondaire. L’élitisme bien ancré dans le système partagera le nombre des lauréats entre les mêmes collèges, qui se sont approprié les meilleurs élèves du primaire d’il y a sept ans et après. Pour la bonne conscience, le tableau sera complété avec l’effort et l’assiduité redoublés de certains autres étudiants, qui ont relevé le défi de battre le système imposé.
Depuis l’annonce des Assises, début de l’année dernière, l’espoir selon lequel chaque enfant de la République pouvait aspirer à une éducation assurant son épanouissement individuel pour le bien commun de la société est entretenu avec ferveur patriotique. Le Blue Print, argument archi-répété au plus haut échelon du ministère, devait contenir la formule magique de cette éducation du changement.
Toutefois, la douche froide essuyée lors des délibérations du Conseil des ministres de la fin de l’année dernière a imposé de nouvelles consultations sur les propositions essentielles sur l’éducation. Peu importent les réformes en profondeur engagées par l’Hôtel du Gouvernement, l’île Maurice de demain n’émergera qu’avec un accent particulier sur la dimension inclusive de l’éducation. Cette île Maurice de demain ne sortira que du système d’éducation d’aujourd’hui, le chantier politique de l’heure.
Patrick Michel

