Les moniteurs d’éducation physique montent au créneau. La Physical Education and Sports Employees Union (PESEU), soutenue par le Mauritius Trade Union Congress (MTUC), a dénoncé hier ce qu’elle qualifie de conditions de travail insuffisantes et d’un manque de reconnaissance du rôle des éducateurs d’éducation physique dans les établissements scolaires.
Face à la presse, Adeel Moniaruch, secrétaire général du MTUC et lui-même éducateur d’éducation physique, reconnaît que le dernier rapport du Pay Research Bureau (PRB) comporte quelques avancées. Parmi elles : le recrutement de Physical Education Attendants, la légère hausse de la Head of Department Allowance — passée de Rs 2 000 à Rs 2 200 — ainsi qu’une amélioration de la Travel Grant et de la Travel Allowance.
Mais pour le syndicat, ces mesures sont loin de répondre aux réalités du terrain. « Le rapport est correct dans l’ensemble, mais on aurait pu faire beaucoup plus pour le secteur », affirme Adeel Moniaruch. Il estime notamment que le Teacher–Pupil Ratio aurait dû être revu afin de mieux encadrer les élèves. Autre revendication majeure : une Car Duty Allowance. Les éducateurs utilisent fréquemment leurs véhicules personnels pour organiser les examens pratiques à l’extérieur des écoles. « Le paiement des heures supplémentaires après les heures de classe est aussi une demande prioritaire », ajoute-t-il.
De son côté, la présidente de la PESEU, Priyadarshini Gupta-Ramjeawon, insiste sur le rôle élargi des éducateurs d’éducation physique. « Nous ne faisons pas que du sport. Nous participons à la discipline, aux activités scolaires et à la surveillance. Nous sommes présents partout, car il s’agit avant tout de veiller sur nos enfants », souligne-t-elle.
Elle pointe aussi une situation jugée anormale concernant les examens. L’éducation physique étant une matière optionnelle, les évaluations sont organisées avec le MES. Or, une partie du travail exige l’enregistrement et le montage vidéo. « Ces tâches ne figurent pas dans nos conditions de service. Le ministère est au courant depuis plusieurs années, mais rien n’a changé. Nous demandons que ce travail, effectué depuis plus de dix ans, soit rémunéré », déclare-t-elle.
Même problème pour les examens de Hill Walking, où les frais de transport sont réglés par les éducateurs eux-mêmes.
La question des équipements de protection individuelle (PPE) refait également surface. Une lettre circulaire du PRB en 2017 prévoyait la fourniture de deux Tracksuits, d’une paire de chaussures de sport et de deux casquettes. « Certains ont reçu ces équipements, d’autres jamais. Il faut régulariser la situation », insiste la présidente du syndicat.
La PESEU critique l’organisation du calendrier sportif scolaire. D’après le syndicat, les fêtes religieuses n’ont pas été prises en compte cette année. Le début du Ramadan coïncide avec la compétition de badminton prévue le 19 février, tandis que des examens nationaux tombent durant la fête de l’Eid. « Cela pénalise les éducateurs comme les athlètes », déplore la PESEU, qui réclame une planification plus inclusive.
Dewan Quedou, président du MTUC, a déclaré qu’il faut à tout prix améliorer les conditions de travail des éducateurs d’éducation physique dans les institutions scolaires. « Leurs problèmes durent depuis trop longtemps », dit-il.
Pour les deux formations syndicales, l’éducation physique demeure un pilier du développement des jeunes, mais continue d’être traitée comme une discipline secondaire. Ils appellent les autorités à ouvrir un dialogue afin de corriger ces lacunes.

