Dans le cadre du Global Rally 2026 Age with Rights , qui a commencé le 1er février pour se conclure ce samedi, le Senior Citizens Council (SCC) – en collaboration avec la National Human Rights Commission, la Mauritius Family Planning and Welfare Association et Dis-Moi –, a organisé une conférence consacrée aux droits des personnes âgées. Axée sur le thème Plaider en faveur d’une convention ambitieuse des Nations unies pour les droits des personnes âgées, cette rencontre s’inscrit dans un mouvement international visant à sensibiliser le public à la nécessité d’une meilleure protection juridique et d’une pleine reconnaissance des droits fondamentaux de nos aînés.
Dans un contexte de vieillissement rapide de la population, la protection des droits des personnes âgées devient une urgence sociale et humaine. À Maurice comme ailleurs, l’âgisme reste un défi majeur, se manifestant par des discriminations, des stéréotypes et des attitudes dévalorisantes qui fragilisent la santé physique et mentale des vieilles personnes et favorisent leur isolement et la solitude. Pourtant, les personnes âgées ne sont ni un fardeau ni un groupe homogène : elles apportent expérience, savoir et valeurs, atouts essentiels à l’équilibre de la société. Garantir leurs droits fondamentaux (dignité, santé, sécurité, participation sociale, politique et économique, et niveau de vie décent) est donc indispensable pour assurer un vieillissement actif, inclusif et respectueux.
Les échanges ont porté sur plusieurs enjeux majeurs, notamment la promotion des droits humains des aînés, le droit à un vieillissement sûr et en bonne santé, ainsi que la nécessité de lutter contre l’âgisme et toutes formes de discrimination liées à l’âge. Les intervenants ont i mis l’accent sur l’importance de reconnaître pleinement ces droits afin de garantir la dignité, la sécurité et la participation active des personnes âgées dans la société.
Vijay Naraidoo, Chairman du SCC, a réitéré que, si la Déclaration universelle des droits de l’homme vise à protéger tous les individus, certains groupes – notamment les femmes, les enfants, les personnes handicapées et les personnes âgées – restent particulièrement vulnérables. Il a de ce fait plaidé pour l’adoption d’une convention internationale spécifique destinée à protéger et promouvoir les droits des aînés. « Chaque personne âgée doit être reconnue comme un individu unique, avec sa personnalité et ses capacités propres, et bénéficier d’une autodétermination totale sur tous les aspects de sa vie », dit-il.
Vijay Naraidoo a également énuméré les droits fondamentaux des personnes âgées : « Elles ont droit à la vie et à la dignité, à la participation active à la société, à la liberté physique et à la sécurité, au droit de ne pas être traitées de manière cruelle ou inhumaine, ainsi qu’à la liberté de pensée, de religion et d’expression. » Enfin, il a insisté sur le caractère global de ces droits. « Les aînés doivent pouvoir accéder à l’information, jouir d’un niveau de vie décent et de la sécurité sociale, recevoir des soins de longue durée, travailler, se former, profiter de la culture et des loisirs, bénéficier d’un logement et d’un environnement sain, et exercer pleinement leurs droits politiques, sociaux et associatifs », poursuit le chairman du SCC.
Pour sa part, Narvinsingh Ramlooll de la Mauritius Family Planning and Welfare Association a consacré son intervention sur le droit à un vieillissement sain et sécurisé. Il a ainsi souligné l’importance de garantir aux personnes âgées un accès facilité aux soins de santé, à la protection sociale et à un environnement adapté à leurs besoins. Il a insisté sur la nécessité de mettre en place des mesures concrètes pour promouvoir un vieillissement sûr et en bonne santé, permettant aux seniors de vivre avec dignité, autonomie et sécurité.
De son côté, Laure Chowrimootoo a mis l’accent sur l’âgisme, qu’elle décrit comme l’un des défis majeurs d’une société confrontée au vieillissement de sa population. Elle a notamment dénoncé les discriminations, préjugés et stéréotypes liés à l’âge, soulignant leurs conséquences sur la santé physique et mentale des personnes âgées, ainsi que sur leur qualité de vie.
Elle a enfin plaidé pour le respect des droits et de la dignité des aînés, tout en mettant en avant la reconnaissance de leur identité, de leur expérience et de leur contribution socio-économique, ainsi que l’importance du dialogue intergénérationnel et de la résilience.
Les présentations ont été suivies d’échanges avec les participants, permettant de partager expériences et recommandations.
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Le Global Rally 2026 en bref
Du 1er au 7 février, des militants et organisations du monde entier se sont mobilisés pour défendre les droits des personnes âgées. Organisé par la Global Alliance for the Rights of Older People (GAROP), le Global Rally vise à renforcer les protections internationales et à lutter contre l’âgisme. Son objectif principal est de promouvoir une nouvelle Convention des Nations unies sur les droits des personnes âgées, un instrument attendu depuis longtemps pour garantir la dignité, les droits humains et la participation active des aînés dans la société.
Du 18 au 20 février, le premier groupe de travail intergouvernemental se réunira à Genève, en Suisse, pour rédiger cette convention et déterminer comment les parties prenantes, y compris les personnes âgées et la société civile, pourront s’impliquer dans le processus.

