Le Central Electricity Board traverse ces jours-ci une passe extrêmement difficile. La conjugaison de deux facteurs, en l’occurrence la canicule de ces jours-ci et la mise hors circuit de la Centrale Thermique Omnicane La Baraque de Savannah, d’une capacité de 37 MW, font que la situation de la fourniture d’énergie électrique sur le plan national se retrouve sur une corde raide et chaude. De ce fait, la marge de réserve du CEB n’est que de 37 MW, alors qu’à 19 heures vendredi, une pointe de consommation de 560 MW a été enregistrée. À pareille époque l’année dernière, la consommation était de 567,9 MW.
De ce fait, le CEB se retrouve en zone jaune ces jours-ci avec la Centrale Thermique Omincare La Baraque ne devant entrer en opération qu’à partir de demain. Cette décision a été communiquée au CEB après des consultations avec l’Independent Power Producer du Sud. En cette période de forte demande d’énergie électrique avec des climatiseurs utilisés à fond, des coupures d’électricité ont même été nécessaires dans certaines régions du Nord de l’île.
Le pays est en proie à des températures élevées, oscillant entre 28° et 33°C, pendant que le thermomètre flirte avec les 34°C dans certains villages de l’Ouest. Et on n’est pas au bout de nos peines, à en croire les services météorologiques de Vacoas. Les vagues de chaleur ont modifié les habitudes de consommation de la population, entre lumières allumées derrière les volets clos, électricité consommée par les ventilateurs ou les climatiseurs, et les douches tièdes ou à répétition pour réussir à se rafraîchir.
Les climatiseurs sont les principaux coupables de la hausse de la consommation d’énergie en été (jusqu’à 7kWh par heure, soit jusqu’à 70% de la consommation d’un foyer pendant les mois estivaux.) Cette consommation très au-dessus de la moyenne habituelle n’est pas sans conséquence, surtout dans certaines zones de l’île vivant au rythme des coupures d’électricité et des délestages.
Les records en termes de consommation énergétique se sont enchaînés entre janvier et mars 2025 avec un pic de 547 MW enregistré le 18 mars. Les chiffres de vendredi, se traduisant par un record de 560 MW, donnent le vertige aux autorités, d’autant qu’avec la montée progressive des températures, les choses risquent de se corser.
En prévision des prochains mois, le CEB invite les abonnés à communiquer leurs besoins réels en électricité, afin de mieux adapter la production à la demande, a déclaré Thierry Ramasawmy, responsable de communication de l’organisme.

