Opération Sov Lapo — Délit de trafic d’influence : L’enquête contre Mamy bouclée, le rapport transmis bientôt au DPP

Une étape décisive a été franchie dans l’affaire Mamy Ravatomanga, avec pour toile de fond un Criminal Attachment Order de Rs 7,3 milliards. En effet, le représentant de la Financial Crimes Commission (FCC), l’inspecteur Khemraj Jokhoo, a confirmé ce lundi à la magistrate Bhumija Soborun, siégeant à la Bail and Remand Court (BRC), que l’enquête portant sur le délit de trafic d’influence a été bouclée. Le dossier sera transmis au Directeur des Poursuites Publiques (DPP) vers la fin du mois, ce qui pourrait déboucher sur une éventuelle charge formelle contre l’homme d’affaires malgache et d’autres protagonistes.

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C’était lors d’une comparution de Mamy Ravatomanga par visioconférence devant la BRC, depuis la prison de haute sécurité de Melrose, où il est écroué en détention provisoire.
Cette partie de l’enquête s’est focalisée sur une réunion qui aurait eu lieu le 14 octobre dernier au domicile du Dr Salim Fakim à Quatre-Bornes. Ce dernier est le frère de Junaid Fakim, l’ancien commissaire de la Financial Crimes Commission. Étaient présents à cette réunion : Salim et Junaid Fakim, Nasser Bheeky, David Thomas et Mamy Ravatomanga. Y avait-il eu tentative d’influencer les cours des choses par rapport à l’enquête de la FCC sur Ravatomanga ? Cette question est au cœur de ce volet de l’enquête.

Toutefois, l’enquête relative au volet de blanchiment d’argent se poursuit. Le représentant de la FCC a expliqué que cette partie de l’enquête est particulièrement complexe, avec des ramifications transfrontalières, nécessitant encore trois mois d’enquête. Des demandes d’entraide judiciaire ne sont pas à écarter concernant ces aspects de l’affaire Ravatomanga.
Me Khushal Lobine, l’avocat de Ravatomanga, a pour sa part abordé l’état de santé de son client. Il attend toujours les rapports médicaux de deux cardiologues exerçant dans le privé et d’un médecin de l’État.

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L’affaire a été renvoyée au lundi 23.
D’autre part, plusieurs affaires connexes sont en Cour au préjudice du multimilliardaire malgache. Il y a tout d’abord une demande de Bail Review en Cour suprême contre le refus de la BRC de remettre Mamy Ravatomanga en liberté conditionnelle. Il compte aussi contester en Cour suprême le Criminal Attachment Order émis par cette instance le 15 octobre sur tout l’argent contenu dans ses comptes bancaires à Maurice, soit une somme de Rs 7,3 milliards. Il sollicite également l’autorisation de la Cour suprême pour permettre à un homme de loi étranger de le représenter à Maurice. Une demande d’extradition du gouvernement malgache n’est également pas à écarter une fois que Ravatomanga aura déjà été jugé par la justice mauricienne.

Mamy Ravatomanga était arrivé à Maurice à bord d’un jet privé le 12 octobre dernier, en compagnie des membres de sa famille et de l’ex-Premier ministre de Madagascar, dans le sillage du changement de régime dans ce pays. Il fait l’objet d’une enquête aux ramifications internationales pour divers délits de corruption, et répond de deux charges provisoires de blanchiment d’argent et d’une charge d’entente délictueuse par rapport au délit de trafic d’influence.

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