La Banque de Maurice maintient le cap : l’inflation sous haute surveillance pour 2026

Lors de sa 77e réunion, le Comité de politique monétaire (MPC) de la Banque de Maurice a opté pour la continuité en maintenant, à l’unanimité, son taux directeur à 4,50 % par an. Cette décision stratégique vise avant tout à ancrer les anticipations d’inflation à moyen terme dans un paysage économique mondial marqué par des incertitudes persistantes. La Gouverneure de la Banque, la Dr Priscilla Muthoora Thakoor, a précisé que si l’inflation globale a légèrement grimpé à 3,8 % en janvier 2026 sous l’effet de facteurs saisonniers, elle devrait redescendre pour s’établir autour de 3,6 % d’ici la fin de l’année.

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Ce niveau projeté se situe au cœur de la fourchette cible de 2 à 5 % fixée par la Banque, s’approchant de l’objectif de moyen terme de 3,5 %. Néanmoins, l’institution reste vigilante face à l’inflation sous-jacente (core inflation), qui demeure élevée en raison de la pression exercée par le secteur des services. Pour stabiliser les prix, la Banque s’appuie sur une gestion rigoureuse de la liquidité du système bancaire, intervenant activement sur le marché monétaire via l’émission de ses propres titres pour garantir que les taux du marché restent alignés sur le taux directeur.

La résilience de l’économie mauricienne constitue un socle solide pour cette politique, avec une croissance du PIB prévue entre 3,3 % et 3,5 % pour 2026. Cette dynamique est portée par les performances record du secteur touristique, la solidité des services financiers et le déploiement de projets d’infrastructure majeurs. De plus, la stabilité relative de la roupie face au dollar américain et la modération des prix mondiaux des matières premières favorisent une accalmie sur le front de l’inflation importée.

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Malgré ces perspectives encourageantes, la Banque adopte une posture de prudence attentive face à des risques qui demeurent réels. Comme l’a précisé la Gouverneure, « le MPC a jugé prudent de se donner le temps d’observer les données entrantes et de s’assurer que l’inflation reste durablement proche du point médian de la fourchette cible ». L’escalade des tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, ainsi que les chocs climatiques pourraient encore influencer la trajectoire des prix. Le Comité se tient donc prêt à ajuster sa position et à prendre les mesures nécessaires pour remplir son double mandat de stabilité et de croissance.

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