Les deux sélections mauriciennes, masculine et féminine, engagées aux championnats d’Afrique de badminton, qui se tiennent depuis lundi au Royal Aria Indoor Hall de Gaborone, ont connu des trajectoires contrastées, hier. D’un côté, les hommes poursuivent leur parcours sans faute et se rapprochent un peu plus d’une médaille. De l’autre, les filles ont vu leur aventure par équipes s’arrêter face à une formation nigériane solide et appliquée.
La journée a pourtant confirmé la bonne dynamique installée par le collectif masculin depuis le début de la compétition. Lucas Douce, Julien Paul, Khemtish Nundah et Alexandre Bongout ont été davantage bousculés que lors de leurs premières sorties, mais ils ont su élever leur niveau dans les moments importants pour signer un succès net face à l’Afrique du Sud (5-0).
Comme souvent, Lucas Douce a lancé les siens sur de bons rails. Sérieux dans l’échange et propre dans la gestion des temps faibles, il a pris la mesure de Caden Kakora en deux sets (21-11, 21-18), imposant d’entrée un rythme difficile à suivre. Julien Paul a ensuite dû s’employer un peu plus. Opposé à Anthony Philips, le Mauricien a fait parler sa maîtrise dans les points décisifs, notamment dans une seconde manche accrochée, pour conclure en deux sets (21-15, 25-23) après 38 minutes d’effort.
Khemtish Nundah a, dans la foulée, accentué l’ascendant mauricien. Très à l’aise dans ses déplacements, il a rapidement pris le contrôle de son duel face à Misha Bredell, plié en 29 minutes (21-9, 21-11). À 3-0, l’essentiel était déjà assuré, mais les Mauriciens n’ont pas relâché leur concentration.
Les doubles ont confirmé cette impression de solidité collective. Les paires Bongout/Paul puis Douce/Nundah ont expédié leurs rencontres en moins de 35 minutes, sans concéder le moindre set. Plus qu’un simple succès, cette prestation traduisait une équipe sûre de ses forces, capable de maintenir un haut niveau d’exigence d’un match à l’autre.
Cette victoire permettait à Maurice de terminer en tête de son groupe et d’aborder les quarts de finale avec confiance. Face au Zimbabwe, le quatuor n’a pas tremblé. Un nouveau succès, 3-0 cette fois — avec des victoires de Paul, Bongout et Nundah — a validé le billet pour les demi-finales et confirmé le statut de sérieux prétendant.
Le prochain obstacle se dressera aujourd’hui avec la Zambie, tombeuse du Nigeria (3-1). Une affiche qui s’annonce plus disputée, face à une équipe capable de hausser le ton, mais les Mauriciens ont jusqu’ici montré qu’ils possédaient les ressources techniques et mentales pour répondre à ce type de défi.
Chez les dames, le scénario a été plus compliqué. Le parcours du quatuor mauricien s’est arrêté face au Nigeria, au terme d’une rencontre où l’intensité physique a sans doute pesé. Plus tôt dans la journée, les Mauriciennes avaient puisé dans leurs réserves pour venir à bout de l’Algérie (3-2), une confrontation longue et engagée qui a laissé des traces.
Elsa How Hong avait pourtant bien réagi après un premier set difficile contre Ruth Ebere. Dominée 21-8, elle est revenue avec de meilleures intentions pour égaliser (21-14), avant de céder dans une manche décisive disputée (18-21). Ce premier revers plaçait déjà Maurice sous pression.
Chiara How Hong entretenait l’espoir en livrant un match accroché face à Sofiat Arinola Obanishola. Battue dans la première manche (14-21), elle a su rétablir l’équilibre (21-17) grâce à un jeu plus incisif, mais la Nigériane a repris la main dans le troisième set (18-21). À deux points à zéro, la marge devenait étroite.
L’espoir reposait alors sur Layna Chiniah, appelée à maintenir son équipe en vie. Mais Zainab Damilola Alabi a fait preuve de constance dans les moments clés pour s’imposer en deux sets (21-18, 21-17). Un succès maîtrisé qui mettait fin aux ambitions mauriciennes dans le tournoi par équipes.
Malgré cette élimination, le visage montré par les Mauriciennes reste encourageant, notamment dans leur capacité à s’accrocher dans des rencontres serrées. La compétition est toutefois loin d’être terminée pour elles : les tableaux individuels — simple dames, double dames et double mixte — offrent encore des opportunités de se distinguer.


