Drogue : freiner la spirale infernale

Il est utopique de penser qu’il serait possible de stopper cette spirale infernale qui gobe nos jeunes et adultes. Les drogues – Brown sugar et “simik” au hit parade – pour les substances illicites, ajoutées aux cigarettes et alcools, composent un cocktail explosif. Et les répercussions se font déjà, malheureusement, bien sentir.

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L’accident de la route en début de semaine, impliquant des pèlerins en route vers le Ganga Talao en est un énième exemple. Le conducteur (chauffard ?) mis en cause a été testé positif à l’alcotest et à des substances nocives. L’on ne compte plus les incidents impliquant des Mauriciens sous l’influence de produits dangereux.

La National Agency for Drug Control (NADC) alerte l’opinion publique et réclame le soutien autant que la coopération populaire. Et dans le même souffle, l’aide des autorités et des agences d’État, comme les services de secours des hôpitaux et de la police, nommément. Il est clair que pour que cette requête se concrétise, il faudra que la NADC dispense un “intensive training” tant au personnel soignant qu’à la police. Déjà, pour répondre aux citoyens qui appelleront pour signaler des victimes en état de neurotoxicité trouvées en état de détresse sur nos routes. Et pour pouvoir bien comprendre et saisir la nature de leurs appels, afin d’orienter les secours/aides requis vers ces victimes.

Dans son bulletin de février 2026, la National Human Rights Commission (NHRC) revient sur toute la polémique qui a surgi, suivant la demande de la NADC s’agissant de la question de filmer ou pas les personnes – Mauriciens, ou ressortissants étrangers – sous l’emprise des drogues de synthèse. L’ancien DPP, Me Satyajit Boolell, souligne que « l’humiliation numérique ne disparaît pas ».

Le président de la NHRC met en avant les traumatismes et les dégâts que cause la manie (mode !) qu’ont la plupart des citoyens de filmer, mettre en ligne, commenter et partager des scènes choquantes, et pour la plupart, qui interpellent. Me Boolell souligne, avec beaucoup de justesse, qu’il convient de bien évaluer ses actes avant de cliquer sur les boutons sophistiqués de nos smartphones et autres outils technologiques. Réfléchir aux conséquences et répercussions de filmer, et ensuite poster sur les réseaux sociaux et partager. Ces actes causent des torts souvent irréversibles. Et la facture se révèle très salée, humainement. Souhaitons que les conseils sages de la NHRC ne tombent pas dans l’oreille d’un sourd et que plus d’un citoyen agisse en conséquence.

Le jeudi 12, les travailleurs sociaux du Groupe A de Cassis/Lakaz A – une “halfway home” pour les toxicomanes, victimes du commerce sexuel et autres marginaux de la société – ont accompagné 25 parents de toxicomanes à Rodrigues. Le temps d’une escapade plus que méritée ! L’enfer quotidien que vivent des centaines de mères et pères de victimes de drogues au quotidien est un aspect qui avait retenu l’attention de quelques membres hauts placés de l’actuel gouvernement. C’était pendant la campagne des élections de novembre 2024. Durant leurs rencontres avec des parents affligés, ces politiques qui occupent aujourd’hui des maroquins importants avaient promis qu’une fois au pouvoir, ils feraient le nécessaire pour venir en aide à ces familles déchirées. Mais presque 14 mois depuis leur arrivée au pouvoir, que nenni. Ces parents vivent toujours désemparés face à leurs enfants en manque, qui deviennent violents. Il y a eu des cas où des parents ont trouvé la mort sous les coups de leur propre progéniture.

Ce nécessaire promis par les politiques n’est pourtant pas sorcier. Un “desk” au gouvernement où ces parents pourraient venir chercher aide, écoute, conseils et informations est un début. Créer des structures de dialogues, de reconstruction de soi et de soutien, comme le fait le Groupe A de Cassis/Lakaz A, via des week-ends résidentiels au Foyer Fiat, serait un autre pas.

Les pistes de solutions sont déjà existantes. Il suffit d’un peu de volonté politique et des formations afin d’avoir de vrais professionnels pour appuyer ces cadres, et concrétiser tout ça. Dans le contexte actuel plutôt sinistre, le gouvernement ne gagnerait-il pas à investir dans ces secteurs ? Cela aiderait déjà à soulager ces familles. Le temps de prendre d’autres mesures pour freiner la spirale infernale qui menace de happer de nombreux compatriotes.

Husna Ramjanally

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