Kick-Boxing — En manque de fonds : La FMKBDA sollicite le MJS pour les prochains mois

La Fédération mauricienne de kick-boxing et des disciplines assimilées (FMKBDA) n’a plus les fonds nécessaires pour boucler l’année financière 2025/2026, les Rs 1,6 M obtenues étant forcément insuffisantes. C’est dans ce contexte que le secrétaire de la fédération, Sanju Bhiku, déposera une demande de soutien additionnel de Rs 900 000, demain, au ministère de la Jeunesse et des Sports. Cette somme englobe l’organisation d’un tournoi à cachet de Rs 50 000 et la venue de trois tireurs ouzbeks, dont un champion du monde junior, mais également la participation mauricienne aux Coupes du monde de Thaïlande et de Hongrie, prévues en avril et mai respectivement. Ces compétitions serviront de préparation pour les trois juniors sélectionnés pour les Championnats du monde qui se dérouleront du 18 au 27 septembre à Jesolo Lido, en Italie.
Alors que le gouvernement a décidé de consacrer annuellement une somme de Rs 238M pour la relance du football, la FMKBDA se voit, elle, dans l’incapacité de boucler son année financière au point de devoir « mendier » ! En effet, cette fédération demande au ministère des Sports un soutien additionnel de Rs 900 000. « Nous préparons trois jeunes aux Mondiaux juniors de septembre, mais sans une préparation de haut niveau et sans des moyens adéquats, ce sera peine perdue », déclare d’emblée Judex Jeannot.
Dans ce contexte, la fédération a décidé de faire venir trois boxeurs ouzbeks, dont le champion du monde en titre (2024), Salimboy Rasulmuhamedov. Cela afin de faire profiter Jaden Drack (15-16 ans : catégorie Younger juniors) et Wayne Perrine (17-18 ans : catégorie juniors), au lieu d’aller à l’étranger. Ce qui coûte une fortune et que la FMKBDA ne peut s’offrir. Sauf que l’organisation a un coût, soit dans les Rs 355 000. « Nous ne pouvons faire autrement, si nous voulons minimiser les coûts », avance Judex Jeannot.
Un tournoi d’une importance capitale
Il y a également les frais d’hébergement des trois boxeurs étrangers. « Nous avons des prix nettement préférentiels que nous propose Coral Azur, un de nos partenaires de longue date, ce qui allègera les coûts. Nous remercions Maxime King qui, ce faisant, permettra à ces jeunes d’être hébergés dans de bonnes conditions », fait ressortir l’entraîneur national. La fédération frappe aussi aux portes de plusieurs autres partenaires, dont les habitués. « Peu importe la réponse, nous n’allons pas faire machine arrière, car ce tournoi est d’une importance capitale pour nos sélectionnés. »
Selon Judex Jeannot, un autre obstacle se dresse, soit la location de la salle du gymnase de Beau-Bassin au coût de Rs 11 350 entre 8h et 22h ! Alors que pourtant cette salle appartient au ministère des Sports et est gérée par le Mauritius Sports Council (MSC) ! « Est-ce à comprendre que les dépenses de cette salle montent à autant d’argent pour une seule journée ? Preuve qu’on fait du business sur le dos des sportifs et ça, c’est malheureux. Même certains boursiers de haut niveau ne touchent pas une telle somme en un mois ! Nous la réclamer quand notre budget ne suffit pas est exagéré », déplore Judex Jeannot.
Pourtant, précise-t-il, sans athlètes, il n’y a pas d’infrastructures, donc pas d’entretien. « Cette situation est décourageante, d’autant plus que les bourses n’augmentent pas et encore moins le budget des fédérations qui travaillent et qui sont performantes. Le contraste, c’est que la relance du football bénéficiera annuellement de Rs 238M, alors que nous, nous devons mendier Rs 900 000 pour compléter quelques mois de travail ! »
Des jeunes de 3-4 ans initiés !
Ce qui le dégoûte encore plus, c’est que l’organisation de la compétition du 7 mars offre une couverture médiatique à Maurice par le biais de l’Ouzbékistan. « Au-delà de promouvoir le sport, la fédération ne fait-elle pas aussi une promotion touristique ? », se demande Judex Jeannot. Dans ces conditions, il appelle aux politiciens qui font souvent de jolis discours à s’adapter et à faire davantage pour soutenir les fédérations. « Le sport nous permet d’encadrer des jeunes et à les tenir loin des fléaux. Une de nos plus belles réussites n’est autre que Fabrice Bauluck. Il a commencé à l’âge de 10 ans et, près de 30 ans après, il est toujours actif après avoir notamment remporté plusieurs titres de champion du monde. »
Dans ce même ordre d’idées, l’entraîneur national rappelle qu’une école maternelle de Beau-Bassin a approché la fédération l’année dernière pour initier des enfants de 3-4 ans à la discipline. « Cette initiative se fait avec l’accord des parents et les enfants sont très enthousiastes. La directrice nous a même demandés, s’il était possible que ces enfants participent aux compétitions, là également avec l’autorisation des parents. Il leur faudra désormais une licence et nous ne nous y opposons pas. Le fait de prendre goût au sport dès le plus jeune âge est très important. Lors d’un de mes déplacements aux Mondiaux, un entraîneur avait fait un exposé en indiquant que son club regroupait 1 600 bambins ! Il disait que c’était l’avenir du sport et d’un pays ! », conclut Judex Jeannot.

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