Religion – Diocèse de Port-Louis : Un parcours de carême  en forme de calendrier

 

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Mgr Jean-Michaël Durhône : « Une approche différente de la lettre pastorale en forme de livret »

Le carême débute pour les catholiques ce mercredi. Comme chaque année, l’évêque de Port-Louis, Mgr Jean-Michaël Durhône invite à la réflexion sur un thème. Cette année, il a choisi : « Changeons nos cœurs, travaillons pour une société plus humaine et fraternelle. » Ce message est partagé, accompagné d’un calendrier, avec un parcours de jeûne sous différentes formes jusqu’à Pâques.

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Le thème de réflexion pour le Carême 2025 cadre avec le conxtexte social actuel, a mis en exergue Mgr Jean-Michaël Durhône. « Nous sommes le 16 février (lundi) et il y a déjà une vingtaine de morts sur nos routes, dont beaucoup de jeunes. Il y a aussi le problème d’addiction et des préoccupations également au niveau de l’éducation, avec l’arrivée des résultats de SC et de HSC. Il est question de 31% d’échec en dépit des trois Credits », dit-il.
Tout en précisant qu’il ne veut pas brosser un tableau noir de la société, il a indiqué que le temps de carême ne peut être coupé de la réalité sociale. « À un moment où nous réfléchissons sur l’Église à-Venir, il faut aussi prendre le temps de voir comment nous pouvons continuer à porter une voix sociale dans ce contexte », poursuit-il, en s’appuyant sur l’exhortation apostolique Dilexi Te (Je t’ai aimé) du pape Léon XIV, qui place l’amour des plus pauvres au cœur de la foi chrétienne : « Le Pape dit que c’est une forme de cruauté de dire que ceux qui sont dans la détresse l’ont cherché », confie-t-il.
Face à tout cela, il y a l’amour fidèle de Dieu, qui change le cœur de l’humain, a ajouté Mgr Durhône. Dans ce contexte, le message de carême est accompagné d’un calendrier, du mercredi des Cendres, au dimanche de Pâques. Le père Patrick Polydor, qui a travaillé sur cet aspect, avec l’équipe de communication du diocèse, a expliqué que le temps de carême est un moment pour se rapprocher de Dieu et de ses frères et sœurs.  « Pour cela, il faut des efforts constants pour se décentrer de nous-mêmes », fait-il comprendre.
Le parcours propose ainsi différents types de jeûne, à faire chaque jour, un geste à faire envers son prochain, ainsi que la prière accompagnant tout cela. À titre d’exemple, le 19, le calendrier propose un jeûne des critiques négatives. Le geste accompagnant cela est d’offrir un compliment sincère à quelqu’un, suivi de la prière suivante : « Seigneur, donne-moi les paroles qui viennent de toi, afin que mes frères et sœurs puissent Te reconnaître dans mes actes . »
Le calendrier de Carême 2026 est mis en vente à Rs 25 dans toutes les paroisses. Ce parcours, a ajouté le père Patrick Polydor, est à la portée de tous. S’expliquant sur cette nouvelle approche, Mgr Jean-Michaël Durhône a déclaré que la lettre pastorale, en forme de livret, comporte au moins une vingtaine de pages. Or, la lecture est parfois difficile pour beaucoup. D’où l’idée de trouver une formule plus accessible. « Il est important de réadapter le message en fonction des réalités », contextualise-t-il.
Les problèmes actuels dans la société, a ajouté l’évêque de Port-Louis, doivent interpeller tout un chacun, et non seulement les services dédiés au sein de l’Église. « Par exemple, la question de pauvreté ne concerne pas que Caritas. Il y a tant de sujets comme cela, allant de la fragilité des couples à la santé mentale des jeunes. L’année dernière, il y a eu plusieurs cas de suicide impliquant des jeunes. Avec Konekte, nous sommes en train de travailler dessus, mais chacun doit apporter sa contribution », dit-il encore.
Parlant de l’usage du numérique, il a invité à la responsabilité, faisant ressortir que certains commentaires peuvent mettre à mal notre tissu social. De même, il s’est demandé si les lois sont suffisamment solides par rapport au numérique. S’exprimant aux vidéos des jeunes sous l’influence de drogue, ayant circulé sur les réseaux sociaux, une fois de plus, il a invité à la responsabilité. « Mo sir zot pa ti pou kontan si ti pe filme zot zanfan pe droge ? Fode pa nou perdi nou limanite anver bann dimounn an soufrans », copnfie-t-il.
Mgr Durhône a émis le souhait que la NADC puisse entreprendre son travail comme il le faut et a appelé à mettre l’accent sur la prévention dès l’école primaire. Parlant de la contribution de l’Église dans la réforme de l’éducation, il a indiqué que tout le monde reconnaît qu’il faut un meilleur système. « Nous attendons le Blueprint pour savoir quels sont les axes d’intervention. L’enjeu est un système plus inclusif », a-t-il indiqué.

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Scandale à Lorette de Curepipe Jr

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Mgr Durhône : « Les sœurs de Lorette
ont suivi le protocole »

Face aux allégations d’abus sexuels sur mineur, de la part d’un enseignant de la Loreto Junior School Curepipe, l’évêque de Port-Louis s’est dit triste et a maintenu qu’il n’est pas indifférent. « Les écoles catholiques sont dirigées par différentes instances. Ici, il s’agit d’une école de Lorette, sous la responsabilité des sœurs de Lorette. Il y a un protocole à suivre dans ce genre de situation, c’est le Safeguarding. Les sœurs de Lorette ont pris leurs responsabilités, elles ont appliqué le protocole. Elles ont écouté la personne. »
Il a affirmé avoir pris connaissance que l’enseignant concerné ne travaille plus dans cette école et qu’une avocate a été mandatée pour une enquête externe et un signalement aux autorités. Il a ajouté qu’il faut prendre soin de la victime pour sa guérison.
Le vicaire général, le père Georgy Kenny, délégué de l’évêque au sein de l’instance traitant des allégations d’abus, abonde dans le même sens. « Nous avons un protocole. Nous sommes en relation avec les sœurs de Lorette. Nous avançons dans la même direction. Nous verrons comment aller plus loin pour avoir justice », affirme-t-il.

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