MIC et BoM | Détournement de Rs 45 M : La Menlo Parks Saga s’embourbe dans un marécage de WhatsApp

Des échanges privés sur WhatsApp jettent une lumière accablante sur les relations entre des protagonistes de premier plan du secteur financier et soulèvent des interrogations quant aux procédures disciplinaires et policières. Au cœur de l’affaire se trouve Deepshikha Gowreesunker, Relationship Executive à la Mauritius Commercial Bank Ltd (MCB), suspendue par son employeur puis arrêtée par l’unité AML-CFT dirigée par l’ASP Balmick Dussoye. Aujourd’hui, des éléments laissent penser que l’initiative ne viendrait pas que des services d’enquête.

- Publicité -

Des messages en circulation laissent voir que la démarche aurait été impulsée par Rama Sithanen, alors gouverneur de la Banque de Maurice (BOM). Pour faire avancer le dossier, il aurait sollicité le soutien d’Ashvin Deenoo, Global Head of Coverage à la MCB. Les conversations montrent une coordination étroite entre les deux hommes, dans un contexte présenté comme une riposte à Stéphane Adam, installé à Menlo Park, et à une proche collaboratrice désignée comme « Adam’s close friend Miss G. », identifiée comme étant Deepshikha Gowreesunker, que Sithanen souhaitait voir « be subject to an enquiry by the bank ».Le tout en marge du detournement de Rs 45 millions de la Mauritius Investment Corporation Limited au progfit de M%elno Parks Ltd et Pulse Analytics avc des sondages politiques donnant Pravind Jugnauth gagnant aux dernières élections générales du 10 novembre 2024.

Au cours de ces échanges de messages attribués aux protagonistes mentionnés, Ashvin Deenoo se montre particulièrement réactif. Il précise que l’employée est en congé et qu’elle reprendra le 10 mars 2025 : « Adam’s close friend is presently on leave and is expected to return on Monday, the 10th. » Il affirme également avoir réclamé une enquête depuis décembre et assure qu’une lettre lui sera remise dès son retour.

- Publicité -

Les échanges prennent ensuite une tournure plus personnelle. « Thank you for your help my friend », se lit un message attribué à Rama Sithanen. Réponse immédiate : « The pleasure is mine, my friend. » Puis cette phrase lourde de sens : « S. Adam tried to challenge a titan & now he will witness the wrath of the titans. »

Dans un autre message, Sithanen évoque l’intervention prochaine des forces de l’ordre contre d’autres protagonistes : « The other rogue from JKC will soon be called by police. This is a serious case & I appreciate your prompt attention to this matter. » Il annonce également qu’il informera « the AML » ainsi que « the OIC », référence probable à l’Officer-in-Charge de la Mauritius Investment Corporation, entité liée à la Banque de Maurice. À cette époque, la MIC était dirigée par Kreeti Devi Jugasing-Harrah, qui portera plainte à plusieurs reprises par la suite tout en admettant dans un affidavit ne pas maîtriser l’ensemble des faits.

- Advertisement -

L’épisode prend une dimension encore plus sensible lorsqu’une erreur de manipulation survient. Le 6 mars 2025 à 10h50, Rama Sithanen transfère par mégarde l’intégralité de ces échanges à un destinataire non prévu. Il précise même : « … This is my conversation with Ashvin, a family friend who works at MCB. » Il ajoute que les coordonnées de ce dernier ont été partagées pour assurer des suivis, estimant que les actions entreprises « should calm all of them down ».

Treize minutes plus tard, il tente de rectifier le tir : « Dear Colleague, Please disregard my previous message … ». Le destinataire conserve les messages, préférant manifestement se prémunir contre toute accusation ultérieure, et finira par les rendre publics.

Ces révélations soulèvent plusieurs questions majeures dont les liens entre Rama Sithanen et Ashvin Deenoo.

Reste que la tonalité des messages, leur contenu et la proximité affichée entre les protagonistes alimentent un malaise profond. Au-delà des personnes citées, c’est la question de la frontière entre pouvoir institutionnel, relations personnelles et procédures disciplinaires qui se retrouve aujourd’hui au centre du débat public.

 

La MCB affirme avoir respecté les procédures

La MCB a émis un communiqué lundi affirmant avoir « pris connaissance des informations circulant sur les réseaux sociaux et dans la presse, faisant référence à des allégations concernant un haut cadre de la Banque. » Et ce, avant de poursuivre : « La MCB tient à préciser que ce cadre n’a jamais été suspendu, contrairement à certaines rumeurs. »

La Banque confirme que « l’ensemble des procédures internes ont été respectées dans le cadre du processus disciplinaire relatif à une ex-employée de la MCB et qu’aucune influence ni interférence n’a été exercée de la part de ce cadre. »

EN CONTINU
éditions numériques