Rodrigues-Baie-Lascars : La fermeture d’une station-service paralyse le transport public

Depuis une semaine, la station-service de Baie-Lascars, située aux portes de Port-Mathurin, est placée sous scellés. Une fermeture soudaine qui provoque désorganisation, retards et inquiétude chez les opérateurs comme chez la population. Pendant plus de dix ans, cette installation stratégique a servi de bouée logistique pour les autobus, ambulances, services publics et équipes de propreté tels que Rodclean. Elle évitait aux véhicules de traverser la capitale, souvent engorgée, pour se ravitailler. À ses débuts, un camion-citerne assurait des rotations quotidiennes depuis la station principale AEL DDS. Par la suite, une plateforme fixe équipée de réservoirs a été installée, alimentée régulièrement par camions spécialisés. Tout fonctionnait normalement jusqu’au coup d’arrêt administratif.
Les dernières informations indiquent que la National Transport Authority (NTA) aurait refusé de renouveler le permis d’opération en raison de documents jugés incomplets ou non actualisés. Résultat : scellés immédiats et interdiction d’opérer, en attendant la régularisation et la recommandation préalable de la Commission des infrastructures publiques. Une décision jugée incompréhensible par beaucoup, la station ayant fonctionné durant des années sans interruption.
Les conséquences sont immédiates et lourdes : retards en cascade sur les lignes d’autobus, temps d’attente prolongés pour les usagers, détours coûteux vers la station principale saturée et difficultés pour les ambulances et services essentiels. Aux heures de pointe, certains véhicules restent immobilisés, incapables de respecter leurs rotations. Un opérateur confie, visiblement exaspéré : « Ce service n’était pas un luxe, mais une nécessité. Sans lui, tout le système de transport est fragilisé. Il faut faciliter la vie des Rodriguais, pas la compliquer. »
Lors de son inauguration, cette station faisait la fierté de Rodrigues : architecture aux couleurs nationales, modèle local d’efficacité, symbole d’autonomie insulaire. Aujourd’hui, pour de nombreux professionnels du transport, sa fermeture donne le sentiment d’un retour en arrière. Aucune explication publique claire n’a été fournie par les autorités locales. Cette absence de communication alimente frustration et rumeurs. Pendant ce temps, ce sont les Rodriguais – travailleurs, élèves, patients – qui subissent les conséquences quotidiennes.

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