Les dirigeants de la Confédération des Secteurs Public et Privé (CTSP) se sont rendus à l’usine Princes Tuna, située à Marine Road, Port-Louis, afin de s’élever contre les conditions de travail des ouvriers mauriciens dans cette unité de fabrication de conserves de thon.
Dans une déclaration à l’issue de cette visite, le président de la CTSP, Reeaz Chuttoo, a indiqué qu’un accord collectif avait été conclu afin d’instaurer une structure salariale et d’améliorer les conditions de travail. Il s’est dit chagriné de constater que depuis que la direction de l’usine est passée sous administration italienne, les travailleurs subissent une dégradation de leurs droits.
« Il n’est pas normal qu’aujourd’hui des étrangers viennent au pays pour voler leur âme », a avancé Reeaz Chuttoo. Le cas de Princes Tuna Mauritius constitue l’un des plus anciens litiges encore en instance au département de Médiation et de Conciliation du ministère du Travail. Malgré cela, il semblerait que la direction ne soit pas prête à régler ces différends. Les nouveaux employés touchent à peu près le même salaire que ceux qui travaillent depuis une quinzaine d’années.
Reeaz Chuttoo a également dénoncé le fait que les ouvrières de cette usine sont obligées de travailler en se tenant sur leurs pieds. « Nous pensons que le gouvernement doit intervenir auprès de la nouvelle direction. Nous demandons au ministère du Travail de ne pas renouveler le contrat du directeur étranger qui s’occupe de Tuna Fishing. Il faut le rapatrier », a-t-il fait comprendre à l’aide d’un porte-voix devant les locaux de Princes Tuna Mauritius.
D’après le syndicaliste, la nouvelle direction pousserait les travailleurs mauriciens à bout afin qu’ils démissionnent de leurs postes pour céder leur place à des travailleurs étrangers.
Pour Shayn Sinsassamy, autre dirigeant de la CTSP, le « système coolie » aurait été réintroduit à Maurice en 2026 à Princes Tuna. Il a fait remarquer qu’il y a quelques jours, un grave accident s’est produit à Melrose, impliquant un van transportant des travailleurs de Princes Tuna.
« Les ouvrières de l’usine nous ont fait savoir qu’elles doivent rester debout durant dix heures pour découper du poisson. Certaines souffrent de douleurs aux pieds et aux genoux. Depuis plus de deux ans, la direction a cessé de recruter des travailleurs mauriciens, sous prétexte qu’ils ne veulent pas travailler. Durant leur pause déjeuner, ces ouvrières ont décidé de faire savoir au grand public qu’elles ne sont pas d’accord avec leurs conditions de travail », a-t-il déclaré.
Au cours de ce rassemblement, les travailleurs de Princes Tuna ont scandé : « Aret bwar disan travayer, nou pe rod nou drwa. » La secrétaire générale de la CTSP, Jane Raggoo, a affirmé que plus d’un millier de travailleurs sont employés sur ce site. « Les problèmes de ces travailleurs demeurent entiers, notamment en ce qui concerne le renouvellement des uniformes et des chaussures, ainsi que les changements dans la structure salariale. Lorsque les travailleurs protestent, on leur dit que la porte de l’usine est ouverte et qu’ils peuvent partir. La CTSP ne va pas cautionner cette injustice », a-t-elle mis en avant.

