Ce début d’année est caractérisé par une série de consultations. À première vue, elles pourraient ressembler à un effet de mode en politique. D’abord, la réforme du système électoral, un incontournable à chaque législature depuis de nombreuses années déjà. La Constitutional Review Commission, avec les membres déjà nommés. Mais les attributions sont dans l’attente du feu vert des législateurs. Deux dossiers susceptibles d’alimenter la chronique de la Res Publica avec passion tant les conséquences de la moindre réforme se répercuteront sur le paysage et le tissu démocratiques du pays.
Puis, la Vision 2050 du ministère de la Planification économique, qui fait tranquillement son bonhomme de chemin, sa caravane s’arrêtant tantôt dans des régions urbaines et tantôt dans des régions dites rurales pour recueillir les points de vue de la population sur ses ambitions économiques et sociales de demain.
Depuis l’avènement du gouvernement de l’Alliance du Changement, l’Éducation, avec ses Assises, avait ouvert la voie. Et depuis la fin de l’année dernière, ce ministère est engagé dans un autre volet sur le Blue Print. Ensuite, le ministère de l’Agro-Industrie est venu se greffer à la série alors que le Travail peut se féliciter d’avoir pu réunir autour d’une même table les partenaires sociaux, avec des intérêts et des perspectives si divergents, sans Walk-Out.
Les Administrations régionales, qui avaient annoncé une réforme depuis une année déjà, reviennent à la charge avec des consultations sur la municipalisation du pays. Probablement, aujourd’hui, la municipalisation pourrait s’avérer être un Misnomer quand les aménagements en termes de Gated Communities ou autres infrastructures socio-économiques, notamment les Malls, et même le réseau routier dans les régions dites rurales sont alignés en comparaison aux développements opérés dans les limites des cinq villes du pays. Pour l’instant, le débat ne se situe pas à ce niveau.
Le dénominateur commun est que les décideurs politiques concèdent la valeur hautement fructifiable, même si ce terme est désuet de nos jours, de la participation du citoyen lambda dans tout projet de société. À partir de ce postulat démocratique, n’est-il pas nécessaire de définir une gamme de critères objectifs et de bonne gouvernance dans l’organisation pour apposer la vignette de la transparence au produit fini.
Il ne suffit pas de consulter, de consigner la contribution de l’autre ou encore de lui donner l’impression qu’il a été entendu. Il doit avoir la conviction qu’il a été entendu et que ses préoccupations ont été prises en compte. La participation active des Stakeholders, d’abord, et surtout de l’ensemble de ceux qui seront affectés par la réforme envisagée, constitue une condition sine qua non dans le processus pour faire avancer le changement.
Même si cette participation peut ne pas être un gage de réussite au cas où les opinions sont divergentes, voire extrêmement opposées. Mais avons-nous oublié ce que nous avions appris à l’école d’antan, sans ChatGPT ou AI, mais en mémorisant cette strophe du philosophe du XVIIe siècle, Nicolas Boileau : « Du choc des idées jaillit la lumière ! »
Dans le cas présent, chacune des autorités a choisi une formule différente de participation pour recueillir les points de vue, les commentaires et les objections des Parties Concerned. Pour la réforme électorale, le PMO a préféré la soumission des mémoires en vue d’élaborer le nouveau profil du système électoral, capable de rendre chaque Mauricien fier pour entonner à pleins poumons As One People, As One Nation in Peace, Justice and Liberty.
L’Éducation a privilégié la formule à la chagossienne du Online Survey en appui pour mettre au point la réforme des admissions au secondaire ou encore le sort de la mixité dans les collèges. Des facteurs déterminants dans la nouvelle configuration du secondaire, marqué par un élitisme frisant la démesure. À la manière de bef dan disab sakenn get so lizie.
Pour la Vision 2050, la caravane du Plan bouclera bientôt sa tournée de l’île, probablement sans oublier Rodrigues et Agaléga, qui font partie intégrante de la république de Maurice. Pour l’instant, l’archipel des Chagos constitue une autre paire de manches.
Pour d’autres, comme les Administrations régionales, l’approche est encore embryonnaire même si le sujet est des plus complexes avec les politiques à l’avant-plan alors que les citoyens de la république semblent être traités en spectateurs. Tout au moins pour l’instant.
Un déficit de cohérence, avec des retombées diverses à la réception des résultats, peut se faire sentir légitimement avec l’essentiel occulté. D’où la possibilité de proposer une formule homogène et éprouvée, avec des variantes, pour des sujets d’importance nationale. Après tout, Statistics Mauritius mène une multitude de Surveys sur la base de formats établis et reconnus, avec les résultats acceptés de manière unanime à longueur d’année…

