– Traité de non-double imposition : Le PM Modi soutient les intérêts économiques de l’île
– Câble sous-marin reliant l’Inde aux USA : Possibilité d’inclusion de Maurice
– Rencontre de Navin Ramgoolam avec le Tata Group
Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, est rentré au pays, hier matin, après avoir participé à l’AI Impact Summit 2026, tenu les 19 et 20 février à New Delhi. Une mission officielle placée sous le signe de la technologie et de l’innovation, mais également marquée par des discussions bilatérales d’importance stratégique pour Maurice.
En marge du sommet, le chef du gouvernement a eu un long entretien en tête-à-tête avec son homologue indien, Narendra Modi, à Hyderabad House. Les discussions ont porté notamment sur le traité de non-double imposition entre les deux pays. Sur ce dossier sensible pour l’économie mauricienne, le Premier ministre indien a donné la garantie claire que l’Inde ne ferait rien qui soit contraire aux intérêts économiques de Maurice — une déclaration jugée rassurante à Port-Louis, alors que le cadre fiscal bilatéral demeure un pilier des relations financières entre les deux nations.
Il a été également question de la possibilité d’inclure Maurice dans le câble sous-marin reliant l’Inde aux États-Unis, un projet stratégique pour la connectivité régionale.
Navin Ramgoolam s’est également entretenu avec Natarajan Chandrasekaran, Chairman du Tata Group. Les discussions ont porté sur des sujets stratégiques, des visions à long terme et des opportunités concrètes de collaboration.
Le Tata Group incarne une réussite industrielle fondée sur l’innovation, la rigueur et des valeurs institutionnelles fortes. Il est engagé dans plusieurs secteurs clés : automobile, via Tata Motors ; aéronautique et défense, avec Tata Advanced Systems ; technologies et intelligence artificielle, notamment via Tata Consultancy Services (TCS), acteur mondial des services IT et des solutions d’IA ; aviation commerciale, avec la majorité d’actions d’Air India, reprise officiellement en 2022.
Le Premier ministre a également profité de sa présence à Delhi pour rencontrer brièvement d’autres chefs d’État présents, dont le ministre indien des Affaires étrangères, Subrahmanyam Jaishankar, et le président français, Emmanuel Macron.
Vision ambitieuse de l’IA
Dans un message diffusé vendredi en marge du sommet, le Haut-commissaire de l’Inde à Maurice, Anurag Srivastava, a présenté la stratégie indienne en matière d’intelligence artificielle.
Sous le thème « AI for People, Planet and Progress », il a mis en avant que l’IA n’est pas seulement une industrie technologique, mais une mission nationale visant à améliorer les conditions de vie de 1,4 milliard d’Indiens. Selon lui, l’Inde se classe désormais troisième mondiale en compétitivité en IA, et figure parmi les plus grands contributeurs aux projets d’IA sur GitHub.
L’objectif fondamental reste l’inclusion : « L’IA doit bénéficier non seulement aux ingénieurs et entrepreneurs, mais aussi aux agriculteurs, aux travailleurs informels, aux étudiants et aux patients », a-t-il insisté.
Au cœur de cette transformation figure la IndiaAI Mission, articulée autour du slogan : “Making AI in India and Making AI Work for India”. Cette initiative repose sur sept piliers : accès abordable aux GPU ; développement d’applications ; constitution de bases de données nationales ; création de modèles fondamentaux domestiques ; formation aux compétences numériques ; financement des start-up, et sécurité de l’IA.
- Parmi les initiatives phares figure BharatGen AI, premier modèle multimodal financé par le gouvernement indien, capable d’intégrer texte, voix et image dans 15 langues.
L’IA est également appliquée : en agriculture, avec le système Kisan e-Mitra et la surveillance nationale des ravageurs, dans la justice, via le programme e-Courts et la traduction automatique des jugements, en santé, via la télémédecine, en éducation, grâce à DIKSHA et le programme YUVAi.

