Rajesh Bhagwan appelle à passer « de la négociation à la mise en œuvre »

 

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Le ministre de l’Environnement, Rajesh Bhagwan, a déclaré qu’en janvier 2005, Maurice a accueilli la Conférence historique des Nations unies sur les petits États insulaires en développement à Pailles. À cette époque, le Deputy Prime Minister, Paul Bérenger, occupait les fonctions de Premier ministre, et la Conférence avait été honorée par la présence d’éminents dirigeants mondiaux, dont Kofi Annan, alors secrétaire général des Nations unies. La Stratégie de Maurice adoptée à cette occasion affirmait sans équivoque que les petits États insulaires en développement subissaient déjà les effets néfastes du changement climatique et que l’adaptation n’était pas une option, mais une priorité urgente.
« Vingt ans plus tard, cette urgence ne s’est qu’accentuée. Depuis la première COP en 1995 en Allemagne, le monde a tenu des dizaines et des dizaines de conférences sur le climat. “Pour ma part, j’ai participé à de nombreux forums et ateliers depuis ma prise de fonctions. Cela démontre une chose : le changement climatique est central. Il concerne chaque État, chaque économie, chaque population. Mais la question demeure : combien de temps continuerons-nous à parler ? Combien de temps avant de réellement joindre l’acte à la parole ? », s’est-il demandé.
“Malgré les arguments des climatosceptiques, la science est sans équivoque. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a documenté ce qui arrive à notre planète. Plus important encore, les pays et les communautés en paient déjà le prix, à travers des pertes et dommages qui se chiffrent non seulement en milliards de dollars, mais aussi en vies bouleversées et en moyens de subsistance détruits. Nous parlons de la vulnérabilité des PEID. Oui, nous sommes vulnérables. Mais élargissons le regard », prône Rajesh Bhagwan.
« Pendant des décennies, des conflits ont éclaté autour des terres rares et des ressources stratégiques. Devons-nous maintenant attendre des guerres mondiales de l’eau ? Des guerres mondiales de la nourriture ? Une instabilité massive provoquée par le climat ? Personne ne peut ignorer les risques : l’insécurité alimentaire, la pénurie d’eau, les déplacements de populations, l’instabilité interne et les tensions régionales. La COVID-19 a montré à quel point les systèmes mondiaux sont fragiles. Ce que nous avons vécu alors serait mineur comparé à un monde où la survie elle-même serait menacée. Comme je l’ai déclaré la semaine dernière lors du lancement du rapport national sur le climat et le développement par la Banque mondiale, le climat de notre planète est un bien commun”, a-t-il poursuivi.
« Aucune nation ne peut se l’approprier. Car il en va de la survie de l’humanité, pays développés et en développement, grands et petits, insulaires et continentaux. Le changement climatique ne peut être traité en isolation. Il s’agit d’une crise profondément interconnectée et transversale, liée aux stratégies de développement économique, aux modes de production, à la pauvreté et aux droits humains. La diplomatie climatique est donc vide de sens sans un ordre économique et social mondial plus équitable. Une diplomatie climatique sans justice climatique ne produira pas la transformation nécessaire », estime-t-il.
« Nous reconnaissons que de nombreux pays font des efforts. De nombreux partenaires sont prêts à soutenir l’adaptation et l’atténuation. Mais tant que nous ne traiterons pas les inégalités structurelles en matière de développement et d’accès au financement, les progrès resteront inégaux et fragiles. Nous appartenons à une génération sur le départ. Nous portons un devoir intergénérationnel : garantir que nos enfants et petits-enfants héritent d’une planète où la vie pourra s’épanouir. Ce forum n’est pas une réunion de plus. Il s’agit du premier rassemblement régional ici spécifiquement consacré au renforcement de la préparation à la mise en œuvre des CDN. Qu’il soit concret. Qu’il mobilise des financements. Qu’il bâtisse des partenariats qui survivront à ces trois jours. Vingt ans après la Stratégie de Maurice, notre message est simple : nous refusons de sombrer à cause de la montée des eaux, et encore moins à cause de l’inaction. Passons de l’engagement à la réalisation. De la négociation à la mise en œuvre. Des promesses à la protection », a-t-il conclu.

 

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