Neuf voix de femmes, autant de récits de courage, de force et de résilience… À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le ministère de l’Égalité des Genres et du Bien-être de la Famille a donné le coup d’envoi du projet audiovisuel « De femme à femmes : Échos de vie » au Café du Vieux Conseil à Port-Louis samedi. Cette initiative, inscrite dans le programme des célébrations officielles prévues le dimanche 8 mars à Côte-d’Or, offre un espace d’expression, de réflexion et de propositions concrètes, tout en favorisant une meilleure connaissance des droits des femmes.
Au-delà d’un simple échange, la rencontre s’est imposée comme un moment d’écoute attentive et de reconnaissance. Autour d’une table de discussions, neuf femmes aux trajectoires singulières – Bindhumatee, Véronique, Anne-Marie, Brina, Mila, Saffiyah, Mélanie, Manisha et Marie-Noëlle – ont partagé, face à la ministre Arianne Navarre-Marie, leurs réalités quotidiennes, leurs combats, leurs cicatrices et leurs espoirs.
Chaque participante a évoqué son parcours, entre épreuves et réussites bâties grâce à la persévérance. « Le but est de permettre aux femmes de raconter leur vécu et de se sentir soutenues. Certaines traversent des situations difficiles, d’autres ont surmonté des obstacles avec courage. Il est essentiel qu’elles puissent s’exprimer librement et sans tabou », a mis en avant la ministre. Elle a ajouté que cette rencontre représente également l’occasion de recueillir leurs suggestions pour mieux orienter les politiques publiques en faveur des femmes.
Les discussions ont mis en lumière des problématiques variées : violences domestiques, toxicomanie, précarité, hébergement en Shelter, mais aussi entrepreneuriat féminin, engagement social et résilience face à la maladie. En partageant leurs cicatrices et leurs réussites, ces femmes brisent le silence et inspirent le changement dans leur communauté. Ces témoignages illustrent la diversité des situations vécues par les femmes mauriciennes et la richesse de leurs expériences.
Pour la ministre, ces témoignages remettent en première ligne une évidence : « Il est essentiel que les femmes sachent qu’elles ne sont pas seules et qu’elles peuvent bénéficier du soutien nécessaire. » Arianne Navarre-Marie a réitéré son engagement à autonomiser toutes les femmes, qu’elles résident en Shelter ou au sein de la communauté, afin qu’elles puissent accéder aux ressources, au soutien et aux opportunités nécessaires pour s’épanouir et faire valoir leurs droits. Elle est revenue également sur l’importance de connaître les droits humains et ceux garantis aux citoyennes mauriciennes, condition indispensable pour les faire respecter.
Dans le cadre de ce projet, Arianne Navarre-Marie a affirmé que son ministère prévoit également de traduire la loi sur les droits des femmes en créole et de la diffuser sur support audio, comme cela avait déjà été fait en 2005, puis vulgarisée dans les lieux de travail et les écoles. « C’est un projet que nous pouvons mettre en œuvre à très court terme, afin de rendre l’information accessible au plus grand nombre et de renforcer la connaissance des droits des femmes », dit-elle.
Neuf visages de la résilience
Parmi ces voix, celle de Bindhumatee Haton, mère célibataire et entrepreneure, incarne la détermination et la capacité à transformer les défis en opportunités. Marie Noëlle Ellisac-Foy, ancienne journaliste et militante engagée, dirige aujourd’hui une entreprise spécialisée dans la communication, conciliant expertise professionnelle et engagement social. Le témoignage de Véronique Ramchurn, actuellement en reconstruction après une période d’instabilité, illustre le courage de celles qui luttent pour retrouver un foyer et une stabilité durable. Manisha, mère de trois enfants, a partagé son parcours de survivante de violences domestiques, symbole d’une reconquête de liberté.
L’histoire de Brina Nampoognah, mère et grand-mère, témoigne d’un engagement familial profond face aux ravages de la toxicomanie. Mélanie Vigier-Bérenger, psycho-sociologue et militante des droits, poursuit quant à elle son combat pour l’égalité à travers son engagement professionnel et social.
À 54 ans, Anne Marie André, en rémission d’un cancer depuis 2020, incarne la résilience et l’optimisme. Dans un registre différent mais tout aussi inspirant, Mila Reekoye, aujourd’hui conductrice au Metro-Express, défie les stéréotypes dans un métier longtemps dominé par les hommes.
Enfin, Saffiyah Edoo, autrice et citoyenne engagée, porte une voix forte sur les enjeux sociétaux contemporains. La voix de chacune des participantes, parfois tremblante, émue, fragile, courageuse ou vibrante, a profondément marqué l’échange. Si elles ont pu s’exprimer librement, elles attendent maintenant des actions concrètes.
Message fort
Au-delà des récits individuels, c’est un message collectif qui s’est dégagé de cette rencontre : les femmes aspirent au respect, à l’égalité et à une vie dans la paix et la dignité. À travers ce projet, chaque voix compte. Ces histoires ne sont pas seulement celles de neuf femmes, elles reflètent les combats, les espoirs et la résilience de nombreuses femmes mauriciennes. Ces neuf voix sont un appel à toute la société : écouter, comprendre et agir pour que l’égalité, le respect et la dignité deviennent réalité pour toutes les femmes, chaque jour.
Le projet « De femme à femmes : Échos de vie » sera diffusé le 8 mars sur la MBC, une date symbolique pour soutenir que les droits des femmes ne relèvent pas d’une célébration ponctuelle, mais d’un engagement quotidien.
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