POST-PRB | Non-reconnaissance du B.Ed : Mobilisation des enseignants à Quatre-Bornes ce samedi

Vinod Seegum (GTU) : « La frustration dans le primaire à son apogée ; ce n’est que le début ! »

La Government Teachers’ Union (GTU) mobilise ses troupes, suivant le dernier rapport du PRB. Pour la deuxième fois, en effet, le Bachelor in Education (B.Ed) octroyé par le Mauritius Institute of Education (MIE) a été qualifié de Development Programme et non comme un Degree Course. Ce qui prive les diplômés d’un ajustement salarial. Une mobilisation est prévue ce samedi, à Quatre-Bornes, pour décider de la marche à suivre.
Le Bachelor in Education (B.Ed) du MIE a été lancé en 2019. Auparavant, la loi a dû être amendée afin que l’institut pédagogique devienne un Degree Awarding Body. Pour Vinod Seegum et la GTU, c’était l’aboutissement d’un long combat. Toutefois, la publication du rapport du PRB 2021 a été une douche froide. Le B.Ed a été qualifié de Development Programme et non de Degree Course, en dépit d’une validation de la Higher Education Commission.

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Pour Vinod Seegum, négociateur de la GTU : « le B.Ed est une reconnaissance légale qu’on ne peut effacer d’un trait de plume. De plus, le B.Ed n’est pas une faveur, ni une invention syndicale et encore moins une anomalie administrative. »

Le syndicaliste indique que Donald Chesworth, commissaire salarial britannique, avait fait cette recommandation officielle en 1987. « Il avait estimé que le diplôme des instituteurs du primaire devait être élevé au rang de diplôme universitaire. Cela, dans le but de professionnaliser l’enseignement du primaire, rehausser son statut et aligner la formation sur les standards académiques pour une éducation de qualité à l’avenir »,ajoute-t-il.
La non-reconnaissance du B.Ed par le PRB a des conséquences pour les instituteurs, qui ont consenti à des sacrifices pour rehausser leur niveau de formation, espérant dans la foulée, bénéficier d’un ajustement salarial. Ils sont environ 2 000 à avoir décroché leur B.Ed, depuis le début de cette formation par le MIE, en 2019. Ce qui amène Vinod Seegum à dire : « la frustration est à son apogée dans le primaire. »

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Au cœur du problème : l’alignement salarial sur celui des enseignants du secondaire réclamé par la GTU. Il y a quelques années, le syndicat avait pu obtenir du gouvernement que les enseignants possédant les mêmes diplômes aient droit aux mêmes salaires. Ce qui a été appliqué pour les Diploma Holders du primaire, à ceux du secondaire, après d’âpres négociations. Les instituteurs doivent obligatoirement décrocher leurs Teacher’s Diploma pour pouvoir enseigner. Ils débutent leur formation dès qu’ils sont recrutés.
La prochaine étape était alignement Degree to Degree. Mais les choses semblent bloquer à ce niveau. À deux reprises, le PRB a refusé de reconnaître le B.Ed comme un « Degree Course ». Ce qui prive ceux qui ont obtenu leurs diplômes d’un alignement salarial avec les Degree Holders du secondaire.

Mais Vinod Seegum ne veut pas baisser les bras pour autant. Après avoir donné de la voix, un grand rassemblement est prévu au Teachers’ Centre de Quatre-Bornes, à l’arrière du marché, ce samedi, à partir de 9h30. Il lance ainsi un appel à la mobilisation de tous les instituteurs, indépendamment de leurs secteurs, soit, qu’ils travaillent dans des écoles du gouvernement ou celles du Service diocésain de l’éducation catholique (SeDEC).
Le négociateur de la GTU met en garde : Ce n’est qu’un début ! Lors de cette mobilisation, une décision sera prise quant à la marche à suivre. Vinod Seegum fait ressortir que l’État ne peut encourager, organiser et valider un parcours académique pendant des années, puis en contester la nature. « Une telle posture serait contraire au principe de cohérence, de l’action publique et au principe de non-rétroactivité des décisions administratives défavorables », fait-il comprendre.

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Il ajoute que le PRB n’a pas pour vocation de redéfinir la nature académique d’un diplôme, établi dans un cadre légal. « Un organe de révision salariale ne peut primer sur un acte parlementaire. Lorsque le législateur habilite une institution à délivrer des diplômes, l’exécutif et les organes techniques doivent s’y conformer. Le contraire créerait un dangereux précédent », conclut-il.

Rendez-vous est pris pour ce samedi, à Quatre-Bornes, le syndicat prévenant qu’il ne compte pas rester les bras croisés face à la situation.

 

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