L’ICT Support Officers Union (ICTSOU) a rencontré, jeudi dernier, Deviendre Gopaul, Senior Chief Executive du ministère de l’Éducation et des Ressources humaines, au MITD House, à Phoenix. Au cœur des discussions : une série de dysfonctionnements majeurs qui compromettent la mise en œuvre efficace de l’enseignement des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) dans les écoles primaires. Gestion des ressources humaines, infrastructures dégradées, manque d’outils pédagogiques : le syndicat évoque une situation préoccupante qui, selon lui, nécessite une intervention urgente afin de garantir la qualité de l’éducation dispensée aux élèves.
Depuis mars 2024, les ICT Support Officers suivent un cursus de diplôme de deux ans au Mauritius Institute of Education (MIE) afin de renforcer leurs compétences pédagogiques. Les résultats finaux sont attendus dans les prochaines semaines.
Dans ce contexte, le syndicat réclame la finalisation et l’approbation urgentes du Scheme of Service pour le grade de Primary School Educator (ICT). Il demande également que les démarches administratives soient complétées afin que ce nouveau grade puisse être mis en œuvre immédiatement après la publication des résultats.
« Nous recommandons que le ministère envisage la création officielle du grade de Primary School Educator (ICT). Les nominations devraient être effectuées parmi les Trainee Primary School Educators ayant complété avec succès leur formation menant à l’obtention d’un Teacher’s Diploma », souligne Rishi Persand, président de l’ICTSOU.
Pénurie chronique
Le syndicat dénonce, par ailleurs, une pénurie persistante d’ICT Support Officers dans les écoles primaires. Une situation qui, d’après lui, perdure depuis la réforme du Nine-Year Continuous Basic Education (NYCBE) en 2016, lorsque les ICTSOs avaient accepté de reprendre l’enseignement des compétences en TIC comme matière à part entière.
Pour pallier le manque d’effectifs, des Supply ICTSOs sont recrutés chaque année. Mais les conditions de service peu attractives et l’absence de formation adaptée à la gestion de classe, notamment dans les établissements confrontés à des problèmes de discipline, découragent les candidats. Certains déclinent même leur nomination après avoir pris connaissance de leur affectation.
Le recours aux Supply ICTSOs a également entraîné des transferts et remaniements parmi les officiers permanents, alimentant frustration et démoralisation. « Dans certains cas, les Supply ICTSOs bénéficient d’une priorité sur les officiers permanents. Cette instabilité pénalise directement les élèves, les cours étant régulièrement perturbés », insiste Rishi Persand. Il déplore aussi que certains contractuels, conscients du caractère temporaire de leur poste, négligent leurs responsabilités, laissant les laboratoires informatiques en désordre.
État alarmant
L’ICTSOU a également alerté le Senior Chief Executive sur l’état gravement dégradé des laboratoires informatiques à travers le pays. Mobilier endommagé, climatiseurs hors service, chaises non ergonomiques, pénurie d’ordinateurs : autant de défaillances qui compromettent l’apprentissage des compétences numériques de base pour les élèves des Grades 1 à 6.
Le syndicat relève une contradiction flagrante : chaque niveau scolaire comporte un chapitre dédié à la santé et à la sécurité, alors que les laboratoires exposent les enfants à des conditions contraires à ces principes.
Face à cette situation, l’ICTSOU réclame un audit national immédiat des laboratoires informatiques et la priorisation des réparations et acquisitions nécessaires, notamment en mobilier ergonomique, climatiseurs et équipements informatiques.
Accès bloqué
Un autre point de discorde est l’accès restreint aux plateformes en ligne. Dans le cadre du Teachers’ Diploma Programme, les ICTSOs ont été formés à l’intégration des outils numériques modernes, notamment l’utilisation de YouTube et d’autres banques de ressources éducatives.
Or, ces plateformes demeurent bloquées sur le réseau internet des écoles.
« Nous ne pouvons pas présenter de tutoriels en temps réel. Nous n’avons pas accès à une vaste bibliothèque de contenus éducatifs susceptibles de rendre l’apprentissage plus dynamique. Nous enseignons des compétences numériques dans un environnement qui ne reflète pas l’Internet réel », déplore le président du syndicat.
Selon lui, le déblocage contrôlé de ces plateformes permettrait de renforcer la littératie numérique, d’illustrer des concepts complexes par des supports vidéo et de mieux préparer les élèves à un monde où la maîtrise du numérique est devenue indispensable.
Mesures urgentes
À l’issue de la rencontre, l’ICT Support Officers Union a sollicité des directives claires et immédiates du Senior Chief Executive sur l’ensemble des priorités évoquées. Le syndicat réaffirme sa volonté de collaborer avec le ministère afin de lever les obstacles persistants à un enseignement efficace des TIC et d’assurer la réussite des élèves comme des éducateurs.

