L’inauguration de la nouvelle ligne de production de boissons gazeuses de Phoenix Bev a donné lieu à un plaidoyer en faveur d’un partenariat renforcé entre l’État et le secteur privé. Dans leurs discours respectifs, le Premier ministre Navin Ramgoolam et le président de Phoenix Bev, Arnaud Lagesse, ont placé la responsabilité partagée au cœur de la transformation économique du pays.
Pour le chef du gouvernement, la mutation structurelle de l’économie mauricienne ne peut reposer sur l’action publique seule. « La transformation n’est pas que la responsabilité du gouvernement », a-t-il insisté, indiquant qu’elle exige une collaboration étroite entre le secteur public et l’ensemble des forces productives. Navin Ramgoolam a précisé que lorsqu’il évoque le secteur privé, il ne se réfère pas qu’aux grandes entreprises, mais aussi — et surtout — aux petites et moyennes entreprises, qu’il considère « comme le véritable moteur de la croissance ».
Pour le Premier ministre, les entrepreneurs sont les principaux créateurs de richesse et les artisans d’une économie compétitive. Le rôle de l’État, a-t-il mis en exergue, est d’agir en tant que facilitateur : mettre en place un environnement propice, encourager l’innovation, soutenir la créativité et ouvrir la voie à l’expansion des activités, à l’augmentation de la production locale et à la modernisation des infrastructures.
Navin Ramgoolam a également plaidé pour une politique plus proactive d’intégration régionale. Il a salué l’expansion de Phoenix Bev à La Réunion, aux Seychelles et au Kenya, y voyant l’illustration concrète de la stratégie d’ouverture vers les marchés africains, notamment à travers les cadres régionaux comme la SADC, le COMESA et la Zone de libre-échange continentale africaine.
Dans un contexte marqué par les défis liés à la main-d’œuvre, à la dépendance sur les travailleurs étrangers et les vulnérabilités face aux chocs externes, le Premier ministre a réaffirmé son ambition de voir Maurice retrouver pleinement son statut d’économie à revenu élevé, conformément aux analyses de la Banque mondiale. Atteindre cet objectif, a-t-il mis en avant, suppose une économie plus inclusive, diversifiée et productive, portée par un « partenariat intelligent » entre un État stratège et un secteur privé dynamique.
De son côté, Arnaud Lagesse a inscrit l’événement dans la même logique de co-responsabilité. Il a affirmé que l’appel à contributions lancé par le ministère des Finances dans le cadre des consultations budgétaires 2026-27 illustre cette volonté d’associer les acteurs économiques aux priorités nationales.
Par ailleurs, le président de Phoenix Bev a laissé entendre que Phoenix Beverages, filiale du groupe IBL, fait partie du paysage industriel mauricien depuis des décennies, générant des centaines d’emplois directs et soutenant un vaste réseau de distributeurs et de commerces. Au 30 juin 2025, le groupe IBL affichait un chiffre d’affaires de Rs 121 milliards et employait plus de 40 000 personnes dans la région, des performances qui, selon lui, confèrent au groupe une responsabilité particulière envers le pays.
Ce n’est qu’après avoir posé ce cadre que les intervenants ont abordé l’objet central de la cérémonie : la mise en service d’une nouvelle ligne de production représentant un investissement de plus de Rs 700 millions.
Cette infrastructure moderne vise à renforcer la capacité industrielle, améliorer la productivité et soutenir les exportations vers les marchés régionaux, notamment les Seychelles et La Réunion. Elle intègre des équipements permettant d’optimiser l’utilisation de l’eau et de l’énergie, tout en rehaussant les standards de production.
Pour Arnaud Lagesse, il s’agit d’un « investissement de constance », destiné à maintenir la compétitivité sur le long terme. Au-delà de la technologie, il a rendu hommage aux équipes actuelles et passées de Phoenix Beverages, saluant leur savoir-faire et leur engagement.
Au final, l’inauguration aura été moins un simple événement industriel qu’une affirmation politique et économique : celle d’un destin commun où État et secteur privé, chacun dans son rôle, conjuguent leurs efforts pour assurer la stabilité, l’emploi et la prospérité durable de Maurice.
Chagos : Rs 10 milliards à trouver
Le Premier ministre a brièvement évoqué les difficultés liées au dossier des Chagos. Il a estimé que le gouvernement devra trouver environ Rs 10 milliards. Malgré ces contraintes, le pays doit continuer à avancer avec discipline, stratégie et confiance dans ses capacités collectives.

