Secousse sismique sociale gravissime avec ce cas présumé d’attouchements sur mineures par un prof de musique. Les délits sexuels, commis sur les enfants surtout, indignent, révoltent et rendent furieux. Avec raison ! Peut-on imaginer plus abject que de souiller un enfant ? Pire encore quand le prédateur présumé est un enseignant. De quoi faire bouillir le sang de rage. Quand il est question d’inceste, donc d’abus au sein de la cellule dite “safe”, familiale, la réaction spontanée est la révulsion. Nos enfants ne sont donc en sécurité nulle part ?
Jusqu’ici, dans le cas qui défraie la chronique, il convient de saluer la façon dont s’y sont prises les autorités, surtout de par l’attitude et les égards pris par la police, de ne pas bouleverser davantage la présumée victime et ses parents, qui s’en sont remis à la justice. Tout crime sexuel est extrêmement délicat, ici comme ailleurs. Qu’il soit commis sur un enfant comme sur une personne âgée ou adulte. Et quand cela se passe sur notre petit caillou, où l’on se croit (trop souvent) à l’abri de tout, les comportements et les agissements de chacun – police, ministère, agences d’État, mais aussi hommes de loi et médias – sont scrutés. Car la manière de faire peut impacter positivement autant que négativement sur l’affaire.
Par exemple, recueillir des témoignages des enfants concernés peut faire capoter l’enquête à défaut de précautions importantes. L’enfant est un être déjà très vulnérable et fragile. Dans ce genre de cas, souvent les prédateurs s’appliquent à « travailler » leurs victimes, jusqu’à développer chez elles, entre autres, un syndrome de Stockholm. Ce qui corse encore l’affaire !
D’où l’urgence d’encadrer soigneusement ces enfants par des professionnels – psychologues et éducateurs, afin d’accompagner et de préparer ces jeunes victimes à ce qui les attend après un tel traumatisme. Survivre, oui, mais à quel prix ? Et quand certains s’en mêlent, agissant tels des éléphants dans un magasin de porcelaine, c’est avec l’innocence et l’avenir de ce petit être sans défense qu’ils jouent. Idem pour la façon de traiter les parents. Avoir son enfant violenté, abusé sexuellement, c’est une épreuve des plus compliquées.
Il est attendu de tous ces acteurs concernés par ce type d’affaires d’agir avec précaution et discernement, de faire preuve d’empathie, de responsabilité et de maturité. Et d’éviter de tomber dans la pudibonderie, l’hypocrisie, et encore plus le sensationnalisme. Le traitement par le diocèse de Port-Louis, justement, pour établir un parallèle, du cas du père Fabien, en est une preuve concrète. Sobriété, précision et informations claires. Tout est expliqué, simplement, sans fioritures.
Sur un autre tableau – tout aussi grave qu’inquiétant –, ce 2 mars, les ONG engagées dans le combat contre la toxicomanie interpellent les autorités. Avec raison. La situation va de mal en pis. Dans un récent passé, ces mêmes ONG avaient mené un combat efficace et fructueux, unis dans un même souci : faire obstacle à une épidémie du sida qui menaçait sérieusement notre pays. Leurs efforts conjugués avaient permis l’avènement de mesures de réduction de risques concrètes pour endiguer l’épidémie, protéger les sujets vulnérables et mettre en place des structures. Tout n’est pas parfait et il y a toujours “room for improvement”.
Cette fois, la donne est très compliquée. Les drogues de synthèse – dites “simik” – ont infesté toute l’île. Il n’existe à ce jour, à Maurice comme ailleurs, aucun traitement contre ces saloperies. Il est attendu, encore une fois, que société civile et État unissent leurs efforts dans un seul et même but : sauver les jeunes qui ne sont pas encore touchés, et accompagner et aider ceux qui sont déjà piégés. La riposte dégagée devra prendre en considération les court, moyen et long termes. Et au risque de se répéter, l’heure est à l’urgence et aux actions; et non aux ego et chamailleries !
Si l’on pensait que seul Donald Trump détenait la palme des excentricités, ce qu’a fait Misley Mandarin, le First Minister autoproclamé des Chagos, nous fait réaliser que nous nous trompions lourdement ! Inviter Trump à utiliser la base de Diego Garcia pour attaquer l’Iran, c’est jeter la zone océan Indien, zone de paix, en pâture à des assoiffés de guerre et de sang. Cela ne relève d’aucun bon sens ni de quelconque qualité d’un leader. Prions pour que la raison prime !
Husna Ramjanally

