À Cité Richelieu, un quartier populaire où la précarité est une réalité quotidienne, une demeure luxueuse attire depuis longtemps les regards. Piscine intérieure, ameublement haut de gamme, véhicules rutilants stationnés dans la cour. Le contraste est saisissant. Au centre de cette opulence, un nom revient avec insistance, celui de Jean Olivier Gino Meetun.
Jeudi à l’aube, la Financial Crimes Commission (FCC), épaulée par plusieurs unités spécialisées, a mené une opération ciblée contre celui que les enquêteurs considèrent comme le pivot d’un possible système de blanchiment d’argent. Déjà visé par des charges provisoires pour trafic de drogue, Gino Meetun doit désormais s’expliquer sur l’origine de son patrimoine.
Les officiers ont procédé à la saisie de deux véhicules – une Suzuki et un 4×4 Toyota – et ont passé au crible la valeur de la résidence qu’il occupe. Selon des sources proches du dossier, les explications fournies sur la provenance des fonds n’auraient pas dissipé les soupçons. Les enquêteurs examinent minutieusement les revenus déclarés, les acquisitions récentes et le train de vie affiché. Une éventuelle saisie de biens immobiliers reste envisagée si les avoirs ne peuvent être justifiés de manière crédible.
Dans le sillage de Meetun, une somme dépassant le million de roupies, soit Rs 1,2 M, et des bijoux de Rs 400 000 intriguent particulièrement. Sarah Calle, présentée comme une proche, soutient que cet argent proviendrait d’une supérette exploitée conjointement. Mais là encore, les autorités doutent de la cohérence entre les recettes avancées et les montants en circulation. Les flux financiers sont en cours d’analyse.
Jean Cliff Ravina, également sous le coup de charges provisoires liées à la drogue, apparaît davantage comme un personnage secondaire dans cette affaire. Peu d’éléments compromettants ont été découverts chez lui lors de l’opération. Toutefois, ses liens étroits avec Gino Meetun retiennent l’attention. Les enquêteurs soupçonnent qu’il pourrait avoir servi de prête-nom dans certaines transactions destinées à dissimuler l’identité réelle du bénéficiaire.
Mais pour la FCC, le dossier Gino Meetun ne date pas d’hier. En 2019, il avait déjà été arrêté dans le cadre d’une enquête antidrogue ayant abouti à la saisie de Rs 5 millions. Un membre de sa famille avait révélé son nom avant de se rétracter quelques semaines plus tard pour une raison inconnue.
En 2022, une femme de son entourage avait été interpellée avec Rs 240 000 de drogue retrouvées à son domicile. Quant à Jean Cliff Ravina, il avait été appréhendé après l’arrestation de cette femme liée à cette même nébuleuse.
Aujourd’hui, c’est moins la rue que les comptes bancaires, les investissements et les biens matériels qui sont au cœur des investigations. La FCC cherche à déterminer si le faste affiché par Gino Meetun dans un environnement défavorisé repose sur des activités légales… ou sur les retombées d’un réseau illicite soigneusement structuré.

