Maurice fait face à un engagement financier inédit lié aux vaccins COVID-19, avec des doses jamais livrées et des créances en suspens. Le gouvernement doit procéder à un paiement partiel de Rs 170 millions pour les vaccins Johnson & Johnson, dans le cadre d’un contrat signé sous l’ancien régime MSM, avec l’African Vaccine Acquisition Trust.
Le contrat prévoyait l’achat d’environ 1,1 million de doses. À ce jour, seules 439 200 doses ont été effectivement fournies, laissant un solde de 691 200 doses non livrées, pour lesquelles le paiement restait exigible. La créance correspondante s’élève à USD 5 421 697,41 (≈ Rs 243 millions), intérêts composés quotidiennement inclus. Le paiement partiel ne couvre donc qu’une fraction de la dette totale.
La situation est similaire pour les vaccins Pfizer. Un contrat signé en octobre 2022 avec Pfizer Inc. et BioNTech Manufacturing prévoyait 999 140 doses. À ce jour, seules 400 140 doses ont été livrées en décembre 2022, laissant un solde impayé de USD 5 999 040 (≈ Rs 277 millions). Ces montants cumulés exposent l’État à une pression financière significative, alors que des centaines de milliers de doses restent à régler malgré leur absence physique.
Dans ce contexte, une note positive : les autorités russes ont accepté de renoncer à USD 11 243 500 (≈ Rs 521 millions) correspondant aux vaccins Sputnik V, réduisant partiellement la charge financière du gouvernement.
Des décisions opaques et des contrats non tracés
Au-delà des chiffres, cette situation révèle un vide dans la gouvernance et la traçabilité. Aucun processus officiel de passation de marchés n’a été suivi pour ces acquisitions. Les décisions de fourniture auraient été prises au sein du High Level Committee on COVID-19, présidé par l’ancien Premier ministre, mais aucun document officiel ne permet de retracer ces choix. Ce manque de transparence soulève des questions sur la responsabilité et la gestion des fonds publics dans le cadre de la pandémie.
L’enjeu pour le gouvernement actuel est clair : honorer des obligations contractuelles substantielles tout en clarifiant un processus d’acquisition non documenté, afin de garantir transparence, maîtrise financière et responsabilité dans la gestion des vaccins COVID-19.

