Escroqueries et fraudes en ligne : Plus de 900 affaires traitées en 3 ans pour 130 arrestations

 La FCC met en garde contre une escroquerie de grande ampleur via WhatsApp visant les comptes bancaires Les tentatives d’escroquerie à la livraison de colis prennent de l’ampleur

Les escroqueries et fraudes en ligne prennent des proportions aggravantes à Maurice. Elles comprennent de fausses boutiques en ligne, la fraude bancaire, la sextorsion et les escroqueries visant à voler des données personnelles ou financières. Entre janvier 2023 et janvier 2026, parmi les 1,137 dépositions recueillies auprès de plaignants, témoins et suspects, la Cybercrime Unit a traité 930 affaires qui a débouché sur l’arrestation de 130 personnes. Le Mauritius Cybercrime Online Reporting System (MAUCORS+) qui est géré par la Computer Emergency Response Team (CERT-MU a aussi été mis à contribution pour mettre à mal ces basses besognes. La Financial Crimes Commission (FCC) a par ailleurs mis en garde, cette semaine, contre une escroquerie via WhatsApp visant des détenteurs de comptes bancaires.

Parmi les affaires traitées par la Cybercrime Unit durant ces 3 dernières années, 177 ont été classées pour insuffisance de preuves ou impossibilité de localiser les suspects, 6 ont été abandonnées sur avis du Directeur des poursuites publiques (DPP), 660 sont encore en cours d’enquête, 33 attendent l’avis du DPP, et 7 ont été déférées devant la Cour. À ce jour, aucune condamnation n’a encore été prononcée. Créée en 2006 sous l’égide du Central Criminal Investigation Department (CCID), la Cybercrime Unit est chargée de détecter, d’enquêter et de poursuivre les infractions commises dans l’espace numérique. Cette unité spécialisée est dirigée par un Assistant Superintendent of Police (ASP) et compte 14 officiers de différents grades, dont un second ASP, une Woman Chief Inspector, un inspecteur, 6 sergents, une Woman Police Sergeant et 4 constables. Ces officiers sont formés pour traiter les affaires complexes nécessitant une expertise technologique pointue. Les cas peuvent être rapportés dans n’importe quel poste de police ou directement au CCID, avant d’être transmis à la Cybercrime Unit pour enquête approfondie.

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Ces unités, placées sous la tutelle du ministère des Technologies de l’information, de la communication et de l’innovation, souhaitent aussi attirer l’attention du public sur ce fléau connu comme le phishing, ou hameçonnage en français, attaque consistant à envoyer des emails malveillants conçus pour tromper et escroquer les utilisateurs. Cette fraude s’est greffée, depuis plusieurs années, aux méthodes éhontées privilégiées par les cybercriminels qui misent globalement sur les secteurs bancaires et postaux pour réaliser leurs pages piégées. Ensuite, les réseaux sociaux, WhatsApp et les courriers électroniques sont visés, afin de collecter des identifiants de comptes et d’en revendre les contenus.

La FCC est d’ailleurs en présence d’une myriade de plaintes relatives à  des tentatives d’hameçonnages. Elle a émis un communiqué en ce sens en soulignant que des fraudeurs contactent leurs victimes via WhatsApp en se faisant passer pour des représentants de banques et réclament des informations sensibles (numéro de compte, carte bancaire, PIN).

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Numéros suspects signalés :

* +92 330 653 6792

* +92 331 720 6976

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* +1 (929) 708-1885

La commission lance un appel au public :

  • Ne partagez jamais vos données bancaires par téléphone ou message.
  • N’interagissez pas avec des numéros internationaux suspects.
  • Contactez directement votre banque, en cas de doute.

Il arrive aussi que la page d’hameçonnage soit placée sur le site d’une entreprise sérieuse après piratage de celui-ci. Les statistiques peuvent sembler dérisoires avec 47 cas signalés en 2025 et une dizaine de cas recensés à janvier 2026 au MAUCORS. Mais ce phénomène commence à prendre des proportions démesurées et ces  plaintes constitueraient la partie émergée de l’iceberg, à en croire cette institution. Avez-vous déjà reçu des  messages par SMS ou par e-mail semblant provenir d’un service de livraison ? Ces messages indiquent parfois que le transporteur a tenté de vous livrer un colis ou est en attente d’instructions pour sa livraison, et vous demande le paiement de frais d’expédition ou d’affranchissement ? Attention, il s’agit d’une tentative d’escroquerie à la livraison de colis !

Profitant du fait que de nombreuses personnes attendent ou envoient des colis, les arnaqueurs se font passer pour des sociétés de livraison parmi les plus connues pour piéger leurs victimes et dérober les informations personnelles et des cartes bancaires pour en faire un usage frauduleux. Pas de bol pour ces Mauriciens qui sont tombés dans le panneau jusqu’à se faire arnaquer de grosses sommes d’argent.

Piratage de comptes WhatsApp

Les autorités appellent à la prudence

La Police a été informée de plusieurs cas ou de tentatives de piratage de comptes WhatsApp. Dans une vidéo publiée, cette semaine, l’ex-ministre du Commerce et de la Protection des Consommateurs, Dorine Chukowry affirme avoir été victime de ce type d’arnaque. Les autorités appellent à la prudence et conseille vivement à la population d’activer la double authentification que propose l’application.

Quid du modus operandi de l’escroc ? Celui-ci installe un compte WhatsApp en utilisant votre numéro de téléphone. Dès lors, l’application transmet automatiquement un code unique par SMS au numéro de téléphone lié au compte. Profitant d’une faille dans le processus de validation, l’escroc parvient à se procurer ce code et à prendre le contrôle de votre compte WhatsApp. Dès cet instant, il activera l’authentification à deux facteurs pour vous empêcher de le récupérer. C’est la mésaventure vécue par Dorine Chukowry dont le compte WhatsApp a été compromis après qu’elle a communiqué, à son insu, un code de vérification à un individu se faisant passer pour l’un de ses proches.

Selon ses explications, elle a d’abord été contactée par message par une personne usurpant l’identité d’un proche. L’interlocuteur lui a demandé de transmettre un code de vérification à 6 chiffres qu’elle venait de recevoir par SMS. Peu après avoir communiqué ce code, elle aurait perdu l’accès à son compte WhatsApp. Ce n’est qu’ensuite qu’elle a compris qu’il s’agissait d’une arnaque bien rodée visant à prendre le contrôle de son application de messagerie. Soyez vigilants !

 

Publications haineuses et harcèlement en ligne

L’ICTA met en garde

 

La question est sur toutes les lèvres : les autorités attendent quoi pour tenter de mettre hors d’état de nuire les adeptes de propos haineux, racistes et injurieux sur les médias sociaux ? Cette dérive atteint son paroxysme au point où la violence en ligne déborde parfois dans le monde réel avec de graves conséquences. Le communiqué émis jeudi par  l’Information and Communication Technologies Authority (ICTA) témoigne d’une volonté d’avancer… Le harcèlement en ligne demeure aussi préoccupant avec 1,500 cas enregistrés entre janvier 2025 et janvier 2026. Suivent les cas de cyber-intimidation avec 701 plaintes.

Sur les réseaux sociaux, où le meilleur côtoie le pire, on a beau s’y attendre, on est à chaque fois surpris de la rudesse et de la violence des commentaires de certains internautes, à commencer par ceux émanant de personnalités dites publiques qui crachent leur venin sous une impunité sans entrave. Les victimes de propos diffamatoires et haineux ne sont pas démunies face à cette situation, car la loi permet de réagir à ces comportements délictueux. Les dispositions de l’article 46(ga) de l’Information and Communication Technologies Act (ICT Act) 2001, relatives à la diffusion de contenus nuisibles sur les plateformes de médias sociaux auraient pu refroidir l’ardeur des belliqueux. Que nenni ! La décision d’il y a plusieurs années de Facebook d’autoriser les utilisateurs à prendre un pseudo plutôt que leur véritable identité, pour publier des contenus, n’a fait qu’aggraver cette dérive.

Si l’ICTA, le gouvernement et les géants du Web ont leur part à faire, les sites d’informations ont aussi une part de responsabilité à limiter ces discours haineux. C’est du moins une analyse qui revient en boucle sur la toile « Je ne dis pas qu’il faut que les médias se censurent, mais ils doivent faire un effort dans leur couverture. Leurs articles ne doivent pas relever du sensationnalisme et inciter à la haine d’une certaine communauté. On est aussi un acteur de solution et de changement », soutient un internaute.

Face à la fronde, les petites réunions se sont succédé, ces derniers jours, au 12e étage du Celicourt Tower, à Port-Louis, abritant les locaux de l’ICTA. Un premier avertissement, sous la forme d’un communiqué, a été relayé par  l’instance régulatrice soulignant que toute personne qui utilise un équipement ou un service de télécommunication pour envoyer, publier ou partager un message obscène, indécent, offensant, injurieux, menaçant, intimidant, faux ou trompeur, susceptible de causer un préjudice à autrui, commet une infraction.

L’ICTA insiste sur le fait que ces dispositions s’appliquent à toute forme de communication effectuée via les technologies de l’information et de la communication. En cas de non-respect de la loi, les contrevenants s’exposent à des sanctions sévères. L’ICTA prévoit, en cas de condamnation, une peine pouvant aller jusqu’à 10 ans de servitude pénale ainsi qu’une amende maximale d’un million de roupies. Ainsi, l’ICTA appelle les internautes à faire preuve de responsabilité et de prudence dans leurs publications en ligne. On verra si les actes suivent les communiqués !

 

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