Cet escalade a, en partie, été provoqué, par le chef de Reform UK, Nigel Farage, lorsque a été empêché par le gouvernement britannique de se rendre dans l’archipel des Chagos après avoir tenté d’embarquer depuis les Maldives vers l’île d’Ile du Coin, où un groupe de Chagossiens, dont le First Minister, auto-proclamé, Misley Mandarin, est actuellement présent avec trois autres personnes.
Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, le député britannique a dénoncé une pression exercée par Londres sur les autorités maldiviennes pour l’empêcher de rejoindre le territoire. Il a comparé son traitement à celui de migrants traversant la Manche, provoquant de vives réactions politiques au Royaume-Uni.
Le Foreign Office rappelle cependant que le British Indian Ocean Territory n’est pas une destination ouverte au public et qu’un permis officiel est obligatoire avant tout déplacement. Selon les autorités britanniques, aucune notification préalable n’aurait été faite concernant le voyage de M. Farage.
« Cheap stunt »
L’ancien ministre de la Défense Ben Wallace a qualifié l’initiative de “cheap stunt”, soulignant que la zone abrite une base militaire sensible à Diego Garcia. Le Foreign Office a pour sa part indiqué que sa priorité restait la sécurité des personnes présentes sur une île jugée “non adaptée à l’habitation humaine”.
Cet épisode intervient dans un contexte déjà tendu autour de l’accord en négociation entre Londres et Maurice sur la souveraineté des Chagos. Alors que le département d’État américain a exprimé son soutien à la poursuite de l’accord, le président américain Donald Trump a de nouveau critiqué le projet, le qualifiant d’“erreur”.
La tentative avortée de Nigel Farage ajoute ainsi une dimension politique britannique à un dossier déjà hautement stratégique, où se mêlent souveraineté, sécurité militaire et rivalités diplomatiques dans l’océan Indien.
Injonction maintenue : statu quo judiciaire jusqu’au 13 mars
La justice a décidé de maintenir l’injonction empêchant, à ce stade, toute évacuation des Chagossiens actuellement présents sur l’Île du Coin, dans l’atoll de Peros Banhos. Cette décision intervient après l’émission d’un ordre d’évacuation par l’administration du British Indian Ocean Territory (BIOT), fondé sur l’absence de permis d’accès et sur les conditions jugées inadaptées à l’habitation permanente.
À l’issue des premières plaidoiries, la Cour a pris acte des engagements formels selon lesquels aucune mesure de retrait ne serait exécutée avant l’examen complet du dossier. L’injonction protectrice demeure donc en vigueur à titre provisoire.
Le volet juridique a été renvoyé à une audience au fond fixée au 13 mars. À cette occasion, les arguments substantiels seront examinés, notamment la légalité de l’ordre d’évacuation, la régularité de la procédure suivie par l’administration et les droits invoqués par les requérants, en particulier le droit au retour des Chagossiens sur les terres de leurs ancêtres.
La Cour a également encadré les modalités pratiques liées à la présence sur l’île. Des conditions strictes ont été imposées concernant l’accès du navire de soutien, le nombre de membres d’équipage autorisés et les qualifications requises, afin d’assurer la sécurité et le respect de l’ordonnance judiciaire. Le juge a reconnu l’importance du ravitaillement et de l’assistance humanitaire, tout en soulignant la nécessité d’un contrôle clair et coordonné.
Cette décision offre une protection provisoire et stabilise la situation sur le terrain en attendant l’audience déterminante du 13 mars. L’issue de cette prochaine étape judiciaire pourrait avoir des implications au-delà du seul contentieux administratif, dans un dossier où s’entremêlent droit, histoire et enjeux de souveraineté.

