Communiqué de L’évêché : L’Église contredit le Père Fabien

Face aux déclarations récentes du Père Fabien sur les ondes d’une radio privée, l’Église catholique tient à rétablir les faits. Dans une mise au point officielle, émise ce mercredi 4 mars  le diocèse insiste : les procédures ont été respectées et aucune décision n’a été prise à la légère.

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Les propos du prêtre, laissant entendre que la vérité n’aurait pas été établie et que les accusations seraient   »fausses », ont suscité de nombreuses interrogations. Mais pour l’Église, il est impératif de dissiper toute ambiguïté.  »Rétablir les faits, c’est servir la vérité », affirme-t-elle, précisant agir non pour alimenter une controverse, mais pour éviter que ne plane le doute sur l’intégrité de l’enquête menée.

Concernant l’affirmation du prêtre selon laquelle  »on n’a pas pu établir la vérité de cette allégation, elle est fausse », l’Église apporte une nuance majeure, le Vatican aurait indiqué qu’il était difficile d’établir les faits, non pas en raison de leur fausseté, mais parce que la personne présumée victime se trouve hors du pays et n’a pu être entendue directement.

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Autre point soulevé, le Père Fabien évoque « une parole imprudente sans connotation sexuelle ». Or, selon le diocèse, au cours de l’enquête, le prêtre aurait reconnu, devant témoins, avoir demandé à deux reprises à une mineure de l’embrasser, à un an d’intervalle. Ces éléments figurent dans le dossier transmis à Rome.

L’Église souligne que de tels agissements pourraient constituer un délit pénal au regard des lois mauriciennes et vont à l’encontre de ses principes fondamentaux. C’est sur cette base que l’évêque, après discernement avec le conseil épiscopal et le comité diocésain chargé des allégations d’agressions sexuelles, a décidé de transmettre le dossier au Vatican.

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Le diocèse se montre catégorique. « Le Vatican n’aurait certainement pas qualifié les faits de graves sur la foi d’une “blague”. Des mesures préventives ont d’ailleurs été demandées. Le Père Fabien a accepté de se rendre au Kenya, dans un centre accueillant des prêtres en difficulté, pour entreprendre un travail personnel.

Qualifier les faits de  » joke », insiste encore l’Église, constitue « un manque de respect grave envers la parole et la souffrance des personnes concernées ». Elle rappelle que le prêtre a été assisté tout au long de la procédure par un avocat ecclésiastique de son choix, lequel a eu accès à l’intégralité du dossier.

Enfin, l’institution dément l’affirmation selon laquelle « personne ne l’a incriminé ». Seules les personnes directement impliquées, mineures à l’époque des faits allégués, ont été entendues.

L’Église catholique réaffirme avec fermeté que toute allégation est traitée avec rigueur et dans le respect des lois de la République de Maurice. « Tout comportement inapproprié envers un mineur n’est pas acceptable », soutient-elle.

L’institution ecclésiale rappelle qu’elle « entend la souffrance du Père Fabien », tout en affirmant entendre également celle des personnes victimes, dont la parole, « souvent fragile et marquée par des blessures profondes », mérite « sérieux et respect ».

Ci-dessous la mise au point : 

La déclaration récente du P. Fabien sur une radio a suscité de nombreuses interrogations et a pu laisser entendre que les procédures n’auraient pas été respectées dans le traitement de cette affaire.

Dans un esprit de vérité, nous voulons redire que l’Église ne peut avancer qu’en tenant ensemble la justice et la miséricorde.

Nous entendons la souffrance du Père Fabien. Nous entendons aussi celle des personnes victimes qui ont eu le courage de parler. Leur parole est souvent fragile, marquée par des blessures profondes. Elle mérite d’être accueillie avec sérieux et respect.

Il nous a donc semblé nécessaire de clarifier les choses, non pour alimenter une controverse, mais afin de ne pas laisser planer le doute sur l’intégrité de l’enquête menée. Rétablir les faits, c’est servir la vérité. C’est aussi soutenir celles qui ont témoigné et qui souffrent lorsqu’elles ont le sentiment d’être mises en cause ou décrédibilisées.

Nous tenons à faire la mise au point suivante :

  1. Première allégation

Le P. Fabien affirme qu’« on n’a pas pu établir la vérité de cette allégation, elle est fausse ». Or, le Vatican a indiqué qu’il était difficile d’établir les faits pour la simple raison que la personne présumée victime se trouve hors du pays et n’a pas pu être entendue directement.

  1. Deuxième allégation

Le Père Fabien parle d’« une parole imprudente mais qui n’avait aucune connotation sexuelle ». Cependant, au cours de l’enquête, le P. Fabien a reconnu, devant témoins, avoir demandé à deux reprises à une mineure de l’embrasser, et cela, à un an d’intervalle. Ces éléments ont été consignés dans le dossier transmis à Rome.

Les agissements du P. Fabien pourraient constituer un délit pénal en vertu des lois du pays et vont à l’encontre des principes fondamentaux de l’Eglise.

C’est sur cette base que l’évêque, après discernement avec le conseil épiscopal et le comité diocésain traitant des allégations d’agressions sexuelles, a transmis le dossier au Vatican.

Le Vatican n’aurait certainement pas agi sur la foi d’une «blague/ joke» et qualifié les faits de grave avant de demander des mesures préventives.

D’ailleurs, le P. Fabien a accepté de se rendre au Kenya dans un centre qui accueille des prêtres en difficulté, pour faire un travail sur lui-même.

Qualifier ces faits de « joke » constitue un manque de respect grave envers la parole et la souffrance des personnes concernées. Le diocèse accueille la parole des personnes victimes avec sérieux et respect.

Accès aux résultats de l’enquête

Le P. Fabien affirme ne pas avoir vu les résultats de l’enquête. Or, il a été assisté tout au long de la procédure par un avocat ecclésiastique de son choix. Celui-ci a eu accès à tous les éléments du dossier.

 

  1. Clarification sur les personnes interrogées

Le P. Fabien déclare que « toutes celles et ceux qui ont été interrogés, les mineur.e.s, personne ne m’a incriminé ». En réalité, seule les personnes impliquées, mineures à l’époque, ont été entendues. 

L’Église réaffirme avec fermeté que toute allégation est traitée avec rigueur et dans le respect des lois de la République de Maurice. Tout comportement inapproprié avec un.e mineur.e n’est pas acceptable.

L’épreuve que nous traversons est douloureuse pour tous et créée de l’incompréhension. Pourtant, c’est précisément dans ces moments-là que nous sommes appelés à choisir la voie la plus exigeante : celle de la vérité vécue dans la charité. Notre Église ne peut grandir qu’en affrontant les épreuves avec courage, humilité et fidélité à l’Évangile.

Portons dans la prière toutes les personnes concernées par cette affaire ainsi que notre Église, afin que le Seigneur nous guide sur un chemin de justice, de conversion et de paix.

Evêché de Port-Louis

4 mars 2026

 

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