Noemi Alphonse, double championne du monde au 100 m T54 : « Il faut que les femmes commencent réellement à se serrer les coudes »

Renforcer les lois, accompagner les victimes, revoir la formation des policiers, mais aussi provoquer un véritable changement de mentalité. Pour Noemi Alphonse, double championne du monde au 100 m T54, la condition des femmes à Maurice ne s’améliorera pas sans actions concrètes. Au-delà des discours annuels, elle appelle à plus de solidarité entre femmes. 

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Qu’est-ce qui doit réellement changer à Maurice pour améliorer concrètement la condition des femmes ?

Il faut renforcer les lois et aussi accompagner les femmes psychologiquement. On se demande souvent pourquoi une femme rentre chez elle même après avoir été battue. La raison, c’est que, la plupart du temps, elles ont honte et ont peur de leur image dans la société. Elles ont été trop jugées chaque fois qu’elles ont demandé de l’aide. La formation des policiers doit aussi être revue.

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Les discours, c’est bien. Mais dans la vraie vie, qu’est-ce qui ne fonctionne toujours pas pour les femmes à Maurice ?

La société ne change pas. On entend de beaux discours chaque année, de belles paroles, mais les actions ne suivent pas. Les femmes aussi doivent changer si nous voulons vraiment du changement. Le “Girl Power” n’existe pas vraiment. Il faut que les femmes commencent réellement à se serrer les coudes entre elles.

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Quel est votre message ?

Nous avons des jeunes filles dans notre entourage qui s’inspirent de nous en regardant nos faits et gestes. Il faut les encourager à être des femmes fortes, à s’entraider entre femmes, à ne pas avoir peur de quitter un endroit ou une personne toxique. Il faut aussi apprendre aux filles d’aujourd’hui, qui seront les femmes de demain, à être indépendantes avant tout, et que le bonheur ne se trouve pas dans les bras des autres, mais dans les leurs.

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