Arianne Navarre-Marie : « Nous avons déjà des projets pour les jeunes mais nous devons les atteindre dès la petite enfance »
AILES, La Chrysalide, CUT (Collectif Urgence Toxida), le Centre de Solidarité pour une Nouvelle Vie (CDS), le Centre Idrice Goomany (CIG), le Groupe A de Cassis/Lakaz A, DRIP (Développement Rassemblement Information et Prévention) et PILS (Prévention Information et Lutte contre le Sida) – soit les principales ONG engagées dans la lutte contre la toxicomanie dans le pays – ont organisé une journée de travail autour des réalités du terrain en matière d’addiction aux drogues. Outre la société civile, le vice-président de la république, Robert Hungley, la ministre de l’Égalité des Genres, Arianne Navarre-Marie, ainsi que la Chief Whip, Stéphanie Anquetil, ont répondu présents. La National Agency for Drug Control (NADC) était représentée par son Chairman, Kunal Naik, son Chief Executive Officer (CEO), le Dr Fayzal Sulliman, ainsi que la responsable du dossier HIV & Aids, le Dr Devi Soyjaudah.
À l’issue d’une journée riche en partages et informations, Robert Hungley, qui a fait de son engagement dans le combat contre les drogues une priorité, a réitéré sa très vive inquiétude, d’autant que sur plusieurs points – le Law and Order, entre autres – la situation prend des allures très alarmantes.
« J’ai été très touché par les témoignages et j’ai aussi compris qu’il reste quelques petits macadams à éliminer pour que société civile, ONG, citoyens et État œuvrent de pair. Bien bizin enn riptir. Il faut absolument changer de paradigme parce que la situation est urgente. Je concède qu’il y a eu un certain retard. Mais à la lumière de tout ce qui a été dit, entendu et partagé aujourd’hui, je suis confiant car une synergie se met en place entre ces partenaires dans cette lutte. Leur action/réaction est cruciale : c’est de l’avenir de nos enfants, de notre pays qu’il est question », déclare le vice-président de la République.
Un homme pressé
Le ton était donné d’emblée par Robert Hungley. « Je suis un homme pressé. Et là, devant cette urgence nationale que nous avons avec la quantité de jeunes qui deviennent des victimes de drogues synthétiques, je suis encore plus impatient ! Le gouvernement a mis en place la National Agency for Drug Control (NADC). Très bien. Les ONG font leur part avec les moyens dont ils disposent. Encore une fois, c’est très bien. Mais il est clair qu’il faut que tout ce beau monde travaille ensemble afin de changer la donne et d’avoir des résultats probants », poursuit-il.
« Ceux qui sont déjà dépendants des substances, il faut les aider en élaborant de nouvelles alternatives, et améliorant les traitements disponibles. Mais je pense que l’urgence est surtout d’empêcher ceux qui sont encore épargnés pour qu’ils ne tombent pas dans le même piège. Ce rajeunissement des consommateurs de drogue est ultra important. Je le répète : ces jeunes, c’est l’avenir du pays qui est en jeu. »
Arianne Navarre-Marie a abondé dans le même sens, soulignant l’importance d’identifier et de toucher les jeunes qui ne sont pas scolarisés. « Autant au niveau des établissements scolaires, gouvernement et ONG peuvent et doivent sensibiliser, former et Empower ceux qui sont à l’école, au collège et à l’université. Mais qu’en est-il de ceux qui se retrouvent à la rue ? » se demande-t-elle.
La question des enfants non scolarisés a ainsi été abordée. Mme Navarre-Marie a indiqué que sous un précédent gouvernement, quand elle était au ministère de la Femme et du Bien-être de la famille « et que Sam Lauthan était à la Sécurité sociale et des Institutions réformatrices, sous la férule de Daniel Anacoa, un infatigable travailleur social qui a à cœur le sort des enfants de rue, nous avions une cellule spécifique des éducateurs de rue. » Daniel Anacoa a abattu un travail formidable en allant vers ces enfants, en les écoutant et comprenant leurs problèmes.
« Il a planché avec d’autres personnes de bonne volonté pour aider, soutenir, accompagner et sortir ces jeunes qui sont des proies idéales pour les dealers et autres parrains. Hélas ! avec les changements de gouvernement, cette cellule a été démantelée. Et nous ne savons pas quelle est l’exacte ampleur des dégâts. Mais une chose est sûre : nos enfants, nos jeunes sont ultra-vulnérables », explique-t-elle.
Enfants non scolarisés
Dans ce même registre, la ministre a annoncé que son ministère a remis au goût du jour cette formule qui donnait des résultats. « Et avec le soutien de divers ministères, notamment ceux de la Jeunesse et des Sports, de l’Éducation et de la Santé, nous redynamisons tout ce secteur pour toucher ces jeunes en allant vers eux. » La question d’aller plus loin et d’engager un travail de sensibilisation, de prévention, d’information et de formation dès la petite-enfance, tant auprès des enfants, eux-mêmes, que leurs parents, s’est invitée au débat.
Intervenant, Isabelle David, de DRIP, a indiqué que durant l’année écoulée, avec le soutien des fondations et des équipes du secteur privé, son équipe est descendue dans 16 régions de l’île. « Nous avons pu toucher 2 000 enfants et leurs cellules familiales », ajoute-t-elle.
De son côté, Ragini Rungen, du Groupe A de Cassis/Lakaz A, a fait ressortir « l’urgent besoin de prendre en compte la santé mentale des toxicomanes, ex-toxicomanes, et autres victimes des fléaux sociaux. Nou pe lager pou sa depi boukou lane san rezilta ». Nombre de victimes des drogues développent, a-t-elle dit, des troubles différents dépendant de leurs parcours et des substances consommées. « Il faut définitivement prendre en considération cet aspect, parce que cela fait partie d’un tout quand on en vient au travail de réhabilitation et de réinsertion de ces personnes dans la société active. »
Ragini Rungen a aussi évoqué la détresse des parents de toxicomanes. « À notre niveau, nous avons créé des groupes de parole et de soutien, et nous avons des animateurs et des programmes. Mais nous ne pouvons pas faire ce travail au niveau national. »
Centres inexistants dans les régions rurales
Les travailleurs sociaux présents ont émis le souhait que « les projets que mènent le Groupe A de Cassis/Lakaz A et DRIP puissent être répliqués dans toutes les régions du pays ». Le vice-président Hungley a voulu savoir si les régions rurales sont dotées de centres de traitement et d’ONG telles qu’on en trouve dans les villes.
Cadress Rungen, fondateur du Groupe A de Cassis/Lakaz A, a rebondi sur la question, notant, au passage qu’il n’y a que trois centres résidentiels : le CaTR, La Chrysalide et le CDS. « Et nous n’avons pas les moyens d’atteindre la longue liste d’attente et de demandes qu’il y a ! Le CaTR, par exemple, peut prendre en charge un maximum de 40 patients sur une année. Que faire des autres, à ce moment ? »
Dans la même veine, le travailleur social a fait un vibrant plaidoyer auprès de l’État pour investir, soutenir et professionnaliser le travail social. « Nous ne sommes plus dans les années 80 où des jeunes, comme beaucoup d’autres, dont moi à l’époque, nous nous engagions pour aider notre patrie. Aujourd’hui, et cela se comprend dans le contexte social que nous vivons, nos jeunes veulent être payés et reconnus pour faire ce même travail. J’espère que l’État prendra cela en considération. »
Plusieurs membres de différents ministères,notamment le Dr Sookool de la Harm Reduction Unit (HRU) du ministère de la Santé, le Dr Vedhiyen Moonsamy de l’Éducation, Patricia Adèle et Solange Potou de Caritas, pour ne nommer qu’eux, ont émis leurs avis sur des aspects spécifiques des problèmes rencontrés. Une demande quasi unanime a été en faveur de la réalisation d’études afin d’avoir des données chiffrées, et ainsi dégager un road map et des projets relatifs.
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DRAMES ET LARMES
Quatre femmes ont témoigné de leurs calvaires. Anusha, ancienne toxicomane, et trois mères de toxicomanes, nommément Carla, Drina et Edwige. Tour à tour, en larmes et avec beaucoup de colère dans leurs mots, ces femmes ont évoqué les mille souffrances endurées. Elles ont lancé un appel pressant au gouvernement, via la NADC et les ONG, pour « sov nou zanfan, sov nou. Pa pou kapav viv dan lanfer koumsa ankor ».
Carla, mère d’un fils toxicomane : « Mo espere mo pann vers mo larm dan vid !
Elle a 64 ans. « Mo sorti bien bien lwin. Monn kit mo lakaz depi sink er dimatin pou mo resi vinn isi zordi. Parce qu’on m’a dit que ceux qui seront là feront quelque chose pour nous, mamans, qui souffrons chaque jour, chaque heure de nos vies. » Ces six dernières années, Carla accompagne son fils de 35 ans devenu esclave des drogues. « Seki zot pe trouve lor zot telefonn la, seki ena apel bann zonbi-la, mwa monn viv li. Mon fils est tombé sur la route. Il était inconscient. Je suis allé le chercher. Je l’ai pris dans mes bras et je l’ai traîné jusqu’à la maison. Linn vomi, bave, zoure… Monn tir so linz, begne li, met li dormi. Kouma kan li ti tipti. »
Mais dès qu’il se réveille, a relaté la maman, à bout, « enn sel lapriyer : Pou gagn Rs 100 ar twa zordi la ? Samem so bonzour. » Carla a expliqué qu’elle a interdit à son fils d’aller consommer ses drogues hors de la maison : « Je lui ai expliqué qu’il était invisible aux yeux des autres. Que quand il tombe, personne ne le voit. Tout le monde ne voit qu’un zombie ! Pas un être humain. C’est mon fils. Il est comme il est. Mais je l’aime. »
Et de renchérir : « J’ai tout accepté. Kan ou zanfan dan ladrog, ou pa kapav koze riye kouma tou dimoun. Par exemple, je ne peux pas dire que mon fils est en F V ou HSC. Mo pa kapav dir fami mo piti drogue. Je l’entends marcher, aller et venir, faire les cent pas dans la maison, quand il est en état de manque. Il n’y a pas d’heure qu’il quitte la maison pour aller acheter sa dose. Cela peut être 15h ou 01h du matin. Sa bann landrwa la res ouver 24/7 ! »
Elle revient à la charge : « ankor boukou Carla ena dan Moris ! Mais personne ne voit nos larmes. Personne n’entend nos cris de détresse. Qui viendra nous aider ? Mo espere larm ki monn verse zordi pa dan vid ! Faites quelque chose pour nous, les parents. Avant, nous prenions nos repas ensemble. Nous parlions de tout et de rien. Nous vivions en paix. Maintenant, il n’y a que violences et souffrances. »
Anusha, ex-toxicomane : « Siouple, sov nou bann zanfan ! »
Elle a eu une enfance violente car son père était alcoolique. « Il me tapait et ma mère aussi en faisait les frais. Pli tar zot inn divorse. Mo ti ena 7 tan. Enn sel kou, lekol, aprann arete. Dans le voisinage où nous habitions, il y avait beaucoup de consommateurs de drogues. Graduellement, j’ai suivi des amis, et je me suis retrouvée dépendante du Brown Sugar. Je me sentais bien dans cet environnement. À 18 ans, j’ai perdu ma maman », confie-t-elle.
Peu de temps après, Anusha devient elle-même maman mais perd la garde de son enfant à cause de la drogue. D’une voix marquée par des années de souffrances, elle lance : « Mo leker lour. Ce n’est pas facile la vie que j’ai eue. Je vous demande aussi de sauver nos enfants. Sov zot depi zot tipti ! Pa less zot tom ladan. Pena lazwa ladan. Ena nek soufrans. »
Elle poursuit: « Il y a beaucoup de personnes qui ont entendu dire ce que vivent les victimes de drogue. Moi, toutes ces souffrances, je les ai vécues. Aujourd’hui, grâce au soutien que j’ai eu, notamment à La Chrysalide, je me sens une femme forte. J’ai remonté la pente. On peut s’en sortir. Il le faut. »
Drina, mère de deux enfants toxicomanes : « Mo garson inn kraz tou dan lakaz »
Elle a un fils et une fille. « Tou le de droge. Ma fille est tombée dans la prostitution. Elle a un enfant, qui n’entend pas vivre sans moi. Me mo tifi trase, li gagn larzan, li aste so doz. Par contre, mon fils est extrêmement violent. Tous les jours, c’est la même rengaine : Pou gagn Rs 200 ar twa la ? Si je réponds non, il se met à tout casser dans la maison. Il n’y a plus rien dans ma maison : la table, les chaises, la machine à laver, la télé… Il a tout réduit à zéro. »
Drina travaille pour une compagnie. « J’ai acheté une moto pour me rendre au travail. Enn zour linn tap kout sab lor moto la linn kas li. » Elle a préféré quitter son village et louer un endroit dans la ville où elle travaille. « Mais à cause de ma petite-fille, je dois retourner là-bas. Pour l’heure, mon fils est en prison. C’est calme. Mais dès qu’il va sortir, ce sera l’enfer à nouveau. »
Natty Queen, enfant de toxicomanes : « Engagez les jeunes dans le combat ! »
Elle a rejoint l’équipe du centre où sa mère était patiente. Natty Queen a un message des plus clairs : « Engagez les jeunes. Formez-les. Éduquez-les et envoyez-les parler aux autres jeunes pour les conscientiser et éviter qu’ils tombent dans les pièges des trafiquants. »
Sans langue de bois, la jeune femme fait remarquer : « Ki zenes zordi pou ekout enn dimounn 40, 50 ans ? Dès que la personne va l’approcher, le jeune va mettre les voiles. »
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Le cri du cœur de Cadress Rungen : « Si pa fer atansion, pei pou crash !
L’un des plus anciens travailleurs sociaux engagés sur le terrain, depuis les années 80, Cadress Rungen, était présent à l’atelier de travail. Fondateur du Groupe A de Cassis, qui a vu l’émanation de la halfway home, Lakaz A, l’homme était également l’un des membres d’origine du Centre d’accueil de Terre-Rouge (CaTR). Il était aussi l’un des premiers animateurs du Centre de Solidarité pour une Nouvelle Vie (CDS) – il avait bénéficié de la formation, sous la férule du diocèse de Port-Louis, du Projet Homme, dispensée en Italie.
« Si nou pa fer atansion, nou sosyete, nou pei pou crash ! La mafia, le Black Money a déjà infiltré une multitude de sphères de la vie économique du pays. C’est pour cela que je parle de crash. Est-ce qu’au gouvernement, on se rend compte à quel point l’argent sale a infesté les institutions ? Qu’arrivera-t-il au pays si toute cette masse sale est enlevée du système ? Est-ce que le pays pourra rester fort ? » a-t-il déclaré lors de la rencontre entre ONG et membres du gouvernement.
« L’heure n’est certainement pas de nous attarder sur le recensement des données chiffrées et autres documentations. Oui, certes, ces éléments ont leur importance, cruciale même. Mais la situation urge. Li tro grav ! Nous avons des jeunes de 13, 14 ans dans des centres. Est-ce normal ? » a-t-il fustigé.
À ceux qui réclament des études, il conseille : « Venez visiter les centres ! Toutes les données y sont ! » Dans le même souffle, Cadress. Il ajoute que : « le gouvernement a mis sur pied un organisme canon : la NADC ! Il est doté de multiples pouvoirs et espaces afin d’agir, de prendre des décisions, de mettre en place des structures. Qu’attendons-nous ? »
Le fondateur du Groupe A de Cassis a soutenu : « Heureusement, ces temps-ci, nous voyons la police, la FCC et d’autres instances qui agissent concrètement. Il y a les saisies des Unexplained Wealth, par exemple. Mais le travail ne s’arrête pas là ! »
Il y a encore tellement à faire ! « De manière générale, c’est à nous, Ong, de faire l’écoute des toxicomanes et de leurs proches ; les orienter vers des centres de soins et d’aide appropriés ; de faire la réhabilitation ; de procéder à la réinsertion ; de nous occuper de la prévention et des suivis auprès des bénéficiaires. Qu’il s’agisse des toxicomanes, ceux qui prennent des drogues de synthèse, des travailleuses du sexe, et d’autres encore. Be komie noumem pou fer ? » Et de se demander : « Est-ce que l’État investit pour former des travailleurs sociaux ? Car laissez-moi vous dire que nous ne sommes plus au début des années 2000 quand il y avait des volontaires qui s’engageaient dans ce secteur. Aujourd’hui, par exemple, chez nous à Lakaz A, nous n’avons que deux employées. Nous comptons heureusement sur le soutien de quelques mamans de toxicomanes qui viennent nous prêter main-forte. Mais ce n’est pas assez. »
Infirmier de formation qui a fait toute sa carrière au sein des Mauritius Prisons Services (MPS), Cadress Rungen lance un appel : « Donn nou enn koudme dan prizon ! Pa kapav nek pini ! Il y a des citoyens parmi qui n’attendent qu’une seconde chance. Donnez aux centres et ONG des Incentives et soutien. Ameliorez et consolidez ces structures afin qu’il y ait une relève, d’une part, et que de l’autre, un travail concret puisse être réalisé. »
Et les mots de la fin : « Nou pa pou kapav fini la drog. Comme Ragini l’a dit, au départ, quand nous nous sommes engagés – tous les travailleurs sociaux de ma génération – nous pensions, très naïvement, que cela serait le travail de quelques années d’en finir avec la drogue. Mais voyez quelle est la catastrophe actuelle. »
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Les recommandations de Robert Hungley
Selon le vice-président Hungley, la question des drogues et des addictions touche tous les secteurs de notre société, tous les coins de notre pays, toutes les familles. Elle appelle des réponses à la hauteur de sa complexité.
« Il nous faut donc des données fiables et une cartographie précise des réalités du terrain, pour orienter les décisions ; un accès aux soins équitable sur l’ensemble du territoire. Personne ne devrait avoir à parcourir 50 à 60 kilomètres pour trouver un centre de prise en charge. La prévention doit commencer tôt, dès le plus jeune âge, dans les familles, dans les écoles, dans les quartiers et il doit y avoir des conditions réelles de réinsertion – logement sécurisé, particulièrement pour les femmes, et employabilité -, parce que la dignité est au cœur de tout parcours de rétablissement », a-t-il déclaré.
Ce dernier a expliqué que ce qui l’a frappé lors de cet atelier de travail, c’est la qualité et la franchise des témoignages. « Il y a des usagers, des parents, des accompagnateurs, hommes et femmes, qui donnent chaque jour sans compter. Et surtout, des pairs éducateurs qui connaissent le terrain de l’intérieur, parlent la même langue que ceux et celles qu’ils accompagnent, et dont le rôle est trop peu reconnu dans les dispositifs officiels. Leur travail mérite notre respect et notre soutien concret. »

