En marge de la réouverture de la Micro-Folie de l’Institut français de Maurice (IFM) le 1er avril prochain, et pour marquer la Journée internationale des droits de la femme et le mois de la francophonie, l’institut de Rose-Hill convie amoureux d’art, passionnés de débats et simples curieux au premier Café-Folie de l’année en son siège ce 10 mars à 18h30. La soirée, placée sur le thème Femmes francophones dans le monde de l’art, réunira trois de nos contemporaines, à savoir Pascale Obolo, Delphine Buysse et Nirveda Alleck.
Ces trois artistes – qui représentent Paris et le Cameroun pour Pascale Obolo, la Belgique et le Sénégal pour Delphine Buysse, et Maurice et l’Afrique du Sud pour Nirveda Alleck – parleront de leur expertise, de leurs parcours et de leur vision du marché de l’art. Elles évoqueront également les enjeux de valorisation des femmes artistes dans l’art contemporain et exploreront les ponts culturels et créatifs entre l’Afrique et Maurice ainsi que la manière dont elles redéfinissent les frontières de la création.
Pascale Obolo est cinéaste-chercheuse et rédactrice en chef de la revue AFRIKADAA. Son travail explore les mémoires, l’exil et l’invisibilité à travers des « objets filmiques » primés (FESPACO). Elle dirige également l’African Art Book Fair (AABF), plateforme dédiée à l’édition indépendante en Afrique.
Delphine Buysse, elle, est commissaire d’exposition et doctorante en sociologie de l’art à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, au Sénégal. Après avoir collaboré à la 14e Biennale de Dakar et aux Ateliers de la pensée, elle a été commissaire des programmes à la RAW Material Company. Ses recherches portent sur l’agencéité des artistes contemporains au Sénégal.
Quant à Nirveda Alleck, artiste plasticienne multidisciplinaire et lauréate de la Biennale de Dakar – où elle a décroché le Prix Soleil d’Afrique en 2010 et 2012 – elle a été formée en Écosse et en Afrique du Sud. Son parcours international l’a mené de New York à Bamako. Elle enseigne aussi les arts visuels.
Cette rencontre vient répondre à un constat selon lequel, « de l’Antiquité à nos jours, de nombreuses créatrices ont été reléguées à l’anonymat ». Et ce, même si elles ont toujours occupé « une place centrale dans l’imaginaire artistique » et que « leur statut d’autrices a longtemps souffert d’un manque de traçabilité ».
L’IFM note : « Outre les barrières institutionnelles, l’accès à la création a longtemps été le privilège d’une oligarchie où seules les femmes issues de milieux très favorisés pouvaient exercer leur art sous la protection d’un père ou d’un époux ». Et de noter que « ce Café-Folies propose un tour d’horizon complet pour redécouvrir celles qui ont été oubliées et célébrer celles qui, aujourd’hui, continuent de transformer le paysage de l’art contemporain ».
La rencontre de mardi favorisera ainsi le dialogue avec le public et une réflexion sur la place de la femme dans l’histoire de l’art et des institutions. L’occasion aussi pour ceux qui feront le déplacement de vivre une expérience visuelle et intellectuelle en avant-première de la nouvelle saison Micro-Folie, fait ressortir l’IFM.
Une exposition numérique retraçant l’histoire de ces femmes artistes, de Paris à Port-Louis, en passant par Dakar, est également au programme. Accès libre.
IFM — Ce mardi à 18h30 — Café folies : trois voix d’Afrique pour parler des femmes dans le monde de l’art
EN CONTINU ↻

