La magistrate Shavinia Jugnauth, siégeant en Cour de District de Curepipe, a rejeté ce mardi 10 mars la motion de remise en liberté conditionnelle présentée par Frédéric Pavaday, professeur de musique accusé dans une affaire impliquant plusieurs mineures.
Dans son ruling, la magistrate estime que les objections de la poursuite ont été satisfaites (« have been met ») pour l’ensemble des motifs invoqués, concluant que les arguments avancés par la police et le bureau du Directeur des poursuites publiques justifient le maintien en détention de l’accusé.
Comme rapporté précédemment sur notre site, l’affaire remonte au 23 février, lorsqu’une élève de 12 ans du Loreto Junior School de Curepipe a déposé une plainte à la police, accusant le professeur d’attouchements. Le suspect s’était présenté au poste de police de Curepipe le 24 février, avant d’être arrêté et traduit devant la justice sous une charge provisoire de child ill-treatment.
Depuis, l’affaire a pris de l’ampleur. À la demande du bureau du DPP, la charge initiale a été remplacée par quatre chefs d’accusation impliquant trois victimes distinctes. Les accusations comprennent notamment ill-treatment of child, attempt upon chastity, causing a child to be sexually abused et sexual intercourse with a minor under 16.
Deux des plaignantes présumées se sont manifestées par courrier électronique adressé à la brigade pour la protection de la famille, tandis que la première plainte formelle demeure celle de la jeune fille de 12 ans déposée le 23 février.
Lors des plaidoiries finales la semaine dernière, les avocats de la défense, Mes Sacheen Boodhoo et Sanjeev Teeluckdharry, avaient soutenu que les éléments présentés par la police étaient insuffisants pour justifier le maintien en détention.
Ils avaient évoqué des allégations « fictives », en particulier celles provenant de personnes se trouvant à l’étranger et ayant communiqué avec la police par voie électronique et avaient notamment fait valoir l’absence de preuves scientifiques ou médicales et rappelant que certaines allégations portaient sur des faits remontant à plusieurs années. La poursuite, de son côté, avait insisté sur la gravité des accusations et sur la nécessité de maintenir l’accusé en détention dans l’intérêt de l’enquête.
Dans son analyse, la magistrate Shavinia Jugnauth souligne que même si la défense a remis en question certaines allégations, plusieurs éléments doivent être pris en considération.
Elle note notamment qu’une personne est venue déposer sous serment devant la cour en affirmant être en contact avec les victimes présumées.
Mais surtout, la magistrate insiste sur l’importance de la plainte formelle déposée par une enfant de 12 ans, concernant les counts 1 et 2 de l’affaire.
Dans son ruling, elle souligne la difficulté particulière pour un enfant de venir de l’avant pour dénoncer de tels faits, estimant que cet élément doit être pris en considération dans l’évaluation de la demande de remise en liberté conditionnelle.
La magistrate a également fait référence à certaines réponses qualifiées de « dramatic answers » données par Frédéric Pavaday lors des débats devant la cour.
Elle évoque notamment la manière dont l’accusé a répondu aux questions concernant son lieu de résidence. À un moment donné, il avait déclaré en substance qu’il habitait « en prison » ou « chez lui », une réponse que la magistrate estime révélatrice et qu’elle prend en considération dans son appréciation du caractère de l’applicant dans le cadre de la motion de remise en liberté conditionnelle.
Au terme de son analyse, la magistrate conclut que les objections soulevées par la poursuite ont été satisfaites et que les conditions pour accorder une remise en liberté conditionnelle ne sont pas réunies.
La motion de la défense a donc été rejetée, et Frédéric Pavaday demeure en détention, tandis que l’enquête policière se poursuit dans cette affaire impliquant désormais plusieurs accusations provisoires. Sa prochaine comparution a été fixée au 17 mars prochain.

