Le leader de l’Opposition : « Ce n’est pas seulement un ministère qui fonctionne comme un bazar, mais le gouvernement »

« Avec le premier budget, on avait demandé à la population de se serrer la ceinture. Que va-t-on lui demander de serrer avec un deuxième budget dont on sait qu’il est déjà amputé de Rs 10 milliards ? »

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  • « Le bilan du nouveau ministre de l’Énergie est catastrophique ! »
  • « Aux prochaines élections, anticipées ou pas, le MSM reviendra au pouvoir parce que les Mauriciens voudront d’un gouvernement qui sache gouverner et faire face aux défis. »
Notre invité de ce dimanche est le Leader de l’Opposition, Joe Lejongard. À la veille de la rentrée parlementaire, il livre son analyse de l’action gouvernementale en soulignant, évidemment, ses failles et ses ratés et se dit confiant d’une victoire du MSM aux prochaines élections.

 

O Un an et quatre mois après les dernières élections, comment se porte l’opposition parlementaire composée de deux membres ?

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— Rectification : elle se compose de trois membres puisque le député Franco Quirin a été officiellement nommé membre de la commission de surveillance de la Financial Crimes Commission. Cette opposition parlementaire se porte très bien à quelques jours de la rentrée parlementaire. D’autant plus que, durant la période des vacances parlementaires, beaucoup de choses sont venues confirmer ce que j’avais établi après la présentation du budget : l’existence d’un dysfonctionnement au sommet de l’État à plusieurs niveaux. Entre le gouvernement et l’establishment et entre les partenaires de l’alliance gouvernementale, dans un climat de tension et d’instabilité politique, alors que le pays doit faire face aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient.
O À quoi attribuez-vous ce climat de tension et d’instabilité venant d’une alliance politique qui a raflé tous les sièges aux dernières élections ?
— Le plus gros problème du gouvernement d’aujourd’hui c’est que les 60-0 était une victoire qui reposait sur de fausses promesses. Le gouvernement a fait l’inverse des promesses de son manifeste électoral.
O Ce n’est pas un vieux politicien comme vous qui affirmera que les promesses électorales sont faites pour être tenues !
— Si vous expliquez que vous ne pouvez pas tenir les promesses en raison de la situation, ça peut tenir un moment. Mais si une fois au pouvoir, non seulement vous ne réalisez pas vos promesses mais vous faites des choses qui ne figuraient même pas dans votre programme, là les électeurs se sentent trahis. C’est le cas de la réforme de la pension dont on n’avait jamais parlé.
O Est-ce que du point de vue économique, cette réforme n’était pas obligatoire ?
— Tout gouvernement doit prendre des décisions difficiles, mais il doit prendre la précaution de l’annoncer dans son programme. Il ne peut pas, comme l’a fait le ministre du Commerce, venir dire qu’il ne peut pas, comme l’Alliance l’avait promis, baisser le prix de l’essence parce qu’il n’était pas au courant de la situation dans ce secteur ! Comment peut-il ne pas savoir alors qu’après chacune de ses réunions, le comité chargé de revoir les prix des produits pétroliers publie un communiqué chiffré !
O Le gouvernent justifie son incapacité à tenir ses promesses électorales parce qu’il a reçu un héritage catastrophique de la part du précédent gouvernement.
— Dès le départ, j’ai contesté au Parlement les conclusions du fameux rapport sur l’état de l’économie qui leur sert de grande excuse. J’ai demandé qui sont ceux qui ont fait ce rapport et jusqu’aujourd’hui, je n’ai pas obtenu de réponse. Toutes les mesures impopulaires prises reposent sur un rapport fait par on ne sait qui et qui ne dit pas la vérité de la situation économique dont a hérité le gouvernement.
O Si le gouvernement MSM avait remporté les élections, est-ce qu’ il n’aurait pas été obligé de faire la réforme de la pension ?
— La réponse est claire : non. Il faut rétablir certaines vérités qu’on a tendance à facilement oublier. Un mois après son arrivée au pouvoir, en 2019, le gouvernement précédent s’est retrouvé face au Covid avec la fermeture des frontières et ses conséquences. J’étais le ministre du Tourisme d’un secteur hôtelier fantôme. Juste après, il y a eu la guerre en Ukraine et, malgré tout, nous avons continué à développer le pays et avons laissé un bilan correct. Ce n’est pas sur notre bilan que nous avons perdu les élections de 2024.
O Justement. Est-ce que plus d’un an et quelques mois après, vous avez compris pourquoi, malgré son bilan que vous qualifiez de correct, le précédent gouvernement a été rejeté massivement par l’électorat ?
— Notre défaite est grandement due à ce qui a été appelé les « moustass leaks » et la coupure de l’internet et des réseaux sociaux. Et puis, il y a eu aussi les promesses mirobolantes. La population a voté un 60-0 pour l’Alliance du Changement, ce qu’elle regrette amèrement seulement un an et quelques mois après la grande victoire !
O Vous avez souvent déclaré qu’au Parlement, l’opposition subit la tyrannie du nombre. Est-ce que ce n’est pas exactement ce que le précédent gouvernement avait fait subir à la précédente opposition sous la présidence de M. Phooker qui passait son temps à named et à expulser les membres de l’opposition de l’hémicycle ?
— Je n’ai pas à répondre pour le précédent Speaker. En tant qu’ancien Deputy Speaker, je dis qu’au Parlement, « you cannot go outside the rules, but by the rules » et ça s’applique pour tous ses membres. Certes, il peut y avoir des écarts, mais on ne doit pas tolérer les mêmes écarts des mêmes personnes. On ne peut pas, on ne doit pas accepter qu’un membre insulte un autre et lui demande « Al met pendi ! »
O Est-ce que, depuis, la situation s’est améliorée au Parlement ?
— Avec certains membres, oui ; avec d’autres, les mêmes, non. L’opposition n’a pas droit à toutes les facilités pour faire son travail avec, par exemple, la manière de toujours classer les questions d’Adrien Duval en fin de liste. Des protestations officielles ont été logées à qui de droit.
O À chaque fois qu’on interroge un ministre ou un député du gouvernement, il déclare qu’une de ses grandes réussites c’est d’avoir restauré la démocratie au Parlement en nommant un Speaker qui fait le contraire du précédent.
— Le Speaker doit être un arbitre au-dessus de la mêlée et qui ne joue pas pour une des équipes…
O …comme le faisait le précédent Speaker qu’on avait surnommé le Goal keeper de la majorité…
— Est-ce que l’actuel Speaker n’a pas également, à certains moments et comme je le lui ai d’ailleurs reproché, joué au Goal keeper du gouvernement de l’Alliance ?
O Ce n’est pas à moi qu’il faut poser la question. S’il fallait résumer en un mot l’action du nouveau gouvernement, que diriez-vous ?
— Catastrophique ! Commençons par le manque de cohésion au sommet de l’État. On ne peut pas avoir un gouvernement dont les numéros 1 et 2 ne tiennent pas le même langage et, pire, se contredisent à longueur de déclarations. Ce manque de cohésion est aussi manifeste dans plusieurs ministères où la situation ressemble à…
O…un bazar, pour reprendre le mot utilisé par Paul Bérenger pour qualifier le ministère du Tourisme.
— Ce n’est pas seulement le ministère du Tourisme qui est un bazar, mais le gouvernement ! Au Tourisme, en seulement une semaine, on révoque le président de la Tourism Authority, on le reintégre, et puis on le suspend. C’est un gouvernement enbalaho ! Le problème c’est que Paul Bérenger se contente de faire des déclarations. Cela fait des semaines qu’il parle de la bande des cinq au PMO et fait des accusations extrêmement graves, et rien ne se passe. Un ministre, celui de Sécurité Sociale, a maltraité les fonctionnaires et parlé de forces occultes qui opèrent dans l’ombre ! Un ministre ne peut pas déblatérer et dire n’importe quoi !
O Revenons un moment sur la bande des cinq. Certains prétendent que c’est la version PTr de la fameuse kwizinn du MSM !
— Je l’ai déjà dit au Parlement : au MSM, nous avons payé et bien payé pour ce que nous avons fait. Je n’ai pas à savoir si la bande des cinq est une version corrigée ou améliorée de quoi que ce soit. Le nouveau gouvernement s’est fait élire en disant on va changer, est-ce qu’il l’a fait ? La réponse est non, point à la ligne. Exemple : il avait promis que les nominations politiques se feraient sur une base démocratique, sur la base du mérite. Est-ce que la nomination du Commissaire de police correspond à cette promesse, relève ce principe ?
O Toutes proportions gardées, le précédent Commissaire – dont le contrat était renouvelé sur une base mensuelle – n’était pas meilleur que l’actuel ?
— Ce n’est pas ce que je suis en train de dire. Il faut arrêter de parler des erreurs du passé et de se préoccuper de ce qui est fait aujourd’hui, de ceux qui sont nommés aujourd’hui !
O Je vous l’ai dit : le gouvernement attribue ses lenteurs à l’héritage économique catastrophique, mais aussi au fait que « fonctionnaires pé met baton dan la roue ». Votre réaction ?
— Aucun des précédents gouvernements n’a fait plus de deux mandats et ont tous travaillé avec les fonctionnaires en place. Le MSM l’a fait quand il est arrivé au pouvoir en 2014, en héritant des fonctionnaires nommés et promus par le PTr. C’est un faux prétexte pour justifier l’inaction de l’actuel gouvernement qui est purement politique, pas administrative. Prenons le Constitutional Committee dont les membres ont été nommés mais dont on ne sait pas s’il a commencé à travailler. Le comité parlementaire sur la FCC doit siéger tous les mois, mais ça n’a pas été le cas depuis le déclenchement de l’affaire Mamy dont on a dit qu’il avait Rs 7 milliards dans le circuit banquier mauricien. Le junior minister des Finances, Damree est incapable d’expliquer pourquoi le comité n’a pas été convoqué. Est-ce que ce sont les fonctionnaires qui sont responsables de ces situations, alors que Paul Bérenger lui-même dit que le gouvernement fonctionne à la vitesse d’une tortue !
O Comment expliquez-vous que Bérenger et Ramgoolam, qui ont été tous les deux Premiers ministres, n’arrivent pas à faire bien fonctionner le gouvernement ?
— Le ver était dans le fruit de l’Alliance du Changement bien avant les élections. Mais comme l’objectif était « bizin fer MSM allé », on est passé sur beaucoup de dissentions. Au Parlement, par exemple, les orateurs PTr et MMM parlent souvent de leurs partis respectifs, jamais de Rézistans ek Alternativ ou des Nouveaux Démocrates. Vous croyez que ça fait plaisir ?
O Abordons cette question de brûlante actualité : le dossier des Chagos.
— Maurice va faire face à un sérieux problème économique avec les Rs 10 milliards budgété, mais qui ne seront pas obtenus. J’avais dit que le gouvernement était en train de faire une grosse erreur en vendant la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Comment est-ce que Ramgoolam et Bérenger, qui ont été ministres des Finances, ont pu laisser passer ça !? Comment ont-ils pu envoyer l’Attorney General, avocat reconnu certes mais politicien débutant, défendre le dossier de Chagos, qui est essentiellement diplomatique, à Londres, à la place de diplomates chevronnés qui ont participé aux négociations menant à l’accord ? A-t-on remplacé l’équipe légale que Ramgoolam lui-même avait nommé avec Philippe Sands à la tête, juste parce que cette équipe avait continué le travail avec le gouvernement MSM ? Avec le premier budget on avait demandé à la population de se serrer la ceinture. Que va-t-on lui demander de serrer avec un deuxième budget dont on sait qu’il est déjà amputé de Rs 10 milliards ?
O J’arrive maintenant à la question que vous devez attendre avec impatience : quel est, de votre point de vue, le bilan de votre successeur au ministère de l’Énergie ?
— Son bilan est catastrophique. En termes de pourcentage, l’énergie renouvelable a diminué, même si, dans le total, le solaire a beaucoup augmenté, tandis que la bagasse a baissé drastiquement. En compagnie de Bérenger, le ministre est venu, en début d’année, annoncer que nous avions des problèmes, que nous allions vers un black-out et que nous devions aller vers des barges flottantes et des stations à base de diesel dans des conteneurs. J’avais critiqué ce plan et dit que la solution était d’aller vers l’énergie renouvelable avec un système de batterie pour l’emmagasiner, afin de satisfaire la demande. Vous réalisez s’il était allé de l’avant avec sa barge flottante et ses stations à base de diesel !? Par ailleurs, j’apprends qu’on a commandé d’urgence une cargaison d’huile lourde de Singapour pour le CEB. Dans le contexte actuel de guerre au Moyen Orient, une cargaison d’urgence coûte beaucoup plus cher que normalement. La question est de savoir si cette augmentation seraq passée aux consommateurs et je rappelle que le ministre avait promis qu’une fois au pouvoir, il allait faire baisser les prix de l’électricité !
O Patrick Assirvaden attribue une grosse partie des problèmes énergétiques du moment au fait que les turbines du CEB n’ont été pas entretenues ou renouvelés à temps, au cours des précédentes années.
— Une machine qui produit de l’électricité a une durée de vie, mais ce n’est pas l’unique critère pour le remplacer, dont le nombre d’heures d’utilisation. J’ai déposé un rapport du fabriquant international de la plupart des moteurs utilisés par le CEB. Ce rapport, commandité par le CEB, dit que les machines en question peuvent être encore utilisées pour une période de dix ans. Il faut arrêter de raconter des histoires.
O Que souhaitez-vous dire sur la situation des réservoirs, dont certains se sont fissurés quelques mois après leur mise en service ?
— En ce qui concerne le contrat en question, s’il n’a pas été bien exécuté, il suffit de mettre en applications ses clauses. En ce qui concerne le secteur de l’eau, je suis très étonné que le Water Ressources Act, permettant au gouvernement de geler les water rights en cas d’urgence pour les utiliser dans les circuits de distribution, que nous avions voté avant les élections, n’ait pas été mis en pratique. Jusqu’à maintenant, nous nous fions à l’eau de pluie pour remplir nos réservoirs et heureusement qu’il pleut un peu en ce moment, sinon…
O Un peu de politique politicienne pour continuer. Que pensez-vous des menaces de Paul Bérenger de quitter le gouvernement ?
— Je ne sais pas quelle décision il prendra, s’il tiendra cette annonce/promesse, mais je constate que c’est un des dysfonctionnements majeurs de ce gouvernement. Il n’arrête pas d’énumérer les problèmes auxquels il doit faire face au gouvernement, Air Mauritius, la réforme électorale, le Commissaire de police…
O …je ne peux m’empêcher de souligner que sur certains de ces points, vous êtes d’accord avec Bérenger…
— …je pense que ce sont des points sur lesquels beaucoup de Mauriciens sont d’accord. Mais quand on est vice-Premier ministre, on ne fait pas qu’énumérer des problèmes en public, on les règle. Même s’il quitte le gouvernement, il ne réglera pas les problèmes. Au niveau politique, c’est bon pour l’opposition, mais pas pour le pays. Ils ont été élus avec une majorité écrasante pour apporter le changement promis. On dirait qu’ils sont incapables de le faire.
O Mais si jamais Paul Bérenger quitte le gouvernement, il se retrouvera dans l’opposition avec vous. Il pourrait même vous prendre la place de leader de l’Opposition ! Avouez que la situation risque d’être cocasse.
— La Constitution est claire là-dessus : c’est au Président de la République de décider qui a la majorité pour être leader de l’Opposition. Ce n’est pas cocasse du tout pour Bérenger dans la mesure où si la situation en question se produit, il sera un frauder de l’opposition ! Si cette situation arrive, je vais m’amuser avec les questions parlementaires que la nouvelle opposition posera aux membres du gouvernement, qu’elle vient tout juste de quitter ! Leur souhait était de faire voir la démocratie en action. Si la situation que vous venez de décrire se produit, les Mauriciens verront de quelle démocratie il est question !
O Est-il vrai que dans les sphères de décision du MSM, on se dit qu’il n’y a pas lieu d’organiser réunions ou meetings dans la mesure où par ses lenteurs, ses ratages et autres polémiques, le gouvernement de l’Alliance du Changement est devenu le meilleur agent politique du MSM ?
— Je confirme ce que vous venez de dire ! Et j’ajoute que ce ne sont pas seulement les membres de la direction du MSM qui le disent, mais un nombre grandissant de Mauriciens. Les divergences politiques auraient dû se manifester après 3-4 ans de gouvernement vers la fin du mandat, pas au début.
O Vous me dites que les Mauriciens sont dégoûtés, désillusionnés et en colère avec l’Alliance du Changement. Est-ce que la situation est telle qu’on peut sérieusement envisager un viré déviré et réviré mam, c’est-à-dire un retour du MSM au pouvoir aux prochaines élections ?
— Je pense que c’est ce qui arrivera. Je pense qu’aux prochaines élections, anticipées ou pas, le MSM reviendra au pouvoir parce que les Mauriciens voudront d’un gouvernement qui sache gouverner et faire face aux défis. La guerre au Moyen Orient n’a pas provoqué seulement une crise énergétique, mais également, et c’est aussi grave, une crise alimentaire qui touchera le coût de la vie locale déjà miné par la suppression de beaucoup d’aides sociales. Les pays d’Asie, gros producteurs de produits alimentaires, ne savent même pas s’ils auront les fertilisants nécessaires pour semer avant la mousson. Comment est-ce qu’a Maurice, les personnes au bas de l’échelle feront pour survivre dans un pays qui importe plus de 90% des produits qu’on consomme ? Ce sera le règne de la loi du plus fort, donc du plus riche qui pourra payer plus cher les produits qui prévaleront, et Maurice est loin d’être dans cette catégorie. La crise alimentaire qui s’annonce provoquera à terme une crise sociale et je souhaite que tout soit fait pour l’éviter. Mais je rappelle aussi que deux mois après avoir pris le pouvoir en 2019, nous avons dû affronter la Covid et ses conséquences, et nous l’avons fait avec efficacité.
O Dernière question : après tout ce que vous avez dit, après tout ce qui se passe au niveau économique social et politique dans le pays, le MSM doit être heureux de ne pas avoir remporté les dernières élections ?
— C’est vrai que la situation est dans notre avantage politique, mais je ne peux pas me réjouir de ce qui arrive au pays. Plus ça va, plus on a l’impression que l’Alliance est non seulement incompétente, mais dépassée. En parlant de l’Alliance et de ses dirigeants, Navin Ramgoolam avait utilisé le terme « dream team ». À la lumière de ce qui se passe aujourd’hui au gouvernement, on peut dire que la dream team s’est transformée en nightmare team pour la population.

Jean-Claude Antoine

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