Une opération menée par l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) et les officiers des douanes de la Mauritius Revenue Authority, a conduit à l’arrestation de trois hommes en fin de semaine dernière lors d’une livraison contrôlée au centre FedEx de Pailles. Les autorités avaient intercepté deux colis suspects contenant environ un kilo de cannabis, dont la valeur est estimée à près de Rs 1,8 million sur le marché local. La drogue était soigneusement dissimulée parmi des bijoux, notamment des boucles d’oreilles et des chaînes.
Selon les informations recueillies, les colis étaient arrivés à Maurice le 6 mars à bord du vol South African Airways SA190 en provenance d’Afrique du Sud. Les paquets étaient adressés à une certaine Christina domiciliée à Port-Louis (nom fictif). Après un contrôle et un scan effectués au dépôt FedEx le 9 mars, les enquêteurs ont décidé de mettre en place une livraison surveillée afin d’identifier les personnes venues récupérer l’envoi suspect.
Vendredi, l’opération a rapidement porté ses fruits. Trois individus se sont présentés pour réclamer les colis et ont été immédiatement interpellés par les agents de l’ADSU. Il s’agit de Mathieu Loic Philippe Legallant, 28 ans, enseignant résidant à Roche-Brunes ; Jeff Edward Andrew Legallant, 54 ans, consultant en affaires habitant Curepipe ; et surtout Eric Presley Michael Paul, 48 ans, domicilié à Montagne-Longue. Des perquisitions ont ensuite été effectuées à leurs domiciles respectifs, mais aucun autre objet compromettant n’y a été découvert.
Parmi les trois suspects, le profil d’Eric Presley Michael Paul attire particulièrement l’attention des enquêteurs. Cet homme est déjà connu de la justice pour une affaire de faux diplômes qui avait défrayé la chronique. Dans un jugement rendu par la Cour intermédiaire, il avait été reconnu coupable d’avoir utilisé deux certificats universitaires falsifiés pour obtenir en 2023 le poste de directeur de la Cargo Handling Corporation Ltd sous le gouvernement de Parvind Jugnauth. Les documents présentaient plusieurs anomalies, notamment l’absence de sceau officiel et la mention de programmes académiques inexistants.
Malgré ses dénégations, la cour Cvait estimé que les preuves présentées, notamment le témoignage du responsable des ressources humaines, étaient suffisamment solides pour établir sa culpabilité. Eric Presley Michael Paul avait ainsi été reconnu coupable des deux chefs d’accusation d’usage de faux.
Présentés samedi devant la Bail and Remand Court, les trois suspects font face à une accusation provisoire et devront de nouveau comparaître le 16 mars. Ils restent en détention policière pendant que l’ADSU poursuit son enquête afin de remonter la filière derrière cette cargaison de drogue et déterminer l’étendue du réseau impliqué.

