Une lettre adressée directement au Chief Executive Officer d’Air Mauritius, André Viljoen, met en lumière le malaise qui gagnerait le département Ground Operations de la compagnie nationale.
Dans cette correspondance, ce Senior Attendant affecté aux opérations bagages, tire la sonnette d’alarme sur ce qu’il décrit comme une dégradation des conditions de travail sur le terrain, marquée notamment par un manque de personnel et une pression opérationnelle croissante. L’employé explique que les équipes doivent parfois gérer les bagages de plusieurs vols sur un seul convoyeur, une situation qui complique considérablement les opérations et augmente le stress des agents chargés d’assurer la ponctualité des départs.
Il relate notamment son service du 7 mars, débuté à 16 heures et qui devait se terminer à 23 h 59. En raison de retards de vols — dont l’arrivée d’un appareil d’Emirates peu après minuit et celle d’un vol ATR d’Air Mauritius vers 2 heures du matin — il affirme avoir été contraint de prolonger son service bien au-delà de son horaire normal.
Aucun renfort déployé
Selon lui, malgré les signalements faits aux superviseurs et au Duty Manager en poste, aucun renfort n’aurait été déployé, les équipes étant invitées à faire face à la situation avec les moyens disponibles.
La lettre évoque également un point particulièrement sensible pour les employés : l’absence du repas de nuit (« sweet meal») généralement prévu lorsque les agents doivent prolonger leur service après minuit pour des opérations imprévues. Dans ce cas précis, l’employé affirme qu’il lui a été indiqué que ce repas ne serait pas accordé, la situation ayant été considérée comme une opération planifiée.
Pour l’auteur de la correspondance, cette décision traduit un manque de reconnaissance pour les efforts du personnel de terrain, soumis à une charge de travail importante et à des contraintes physiques et mentales exigeantes.
Il sollicite finalement une rencontre avec la direction, estimant que les conditions actuelles deviennent de plus en plus démotivantes pour les équipes.
Cette interpellation directe du CEO intervient dans un contexte où plusieurs sources internes évoquent une pression accrue au sein des opérations au sol, un maillon essentiel du fonctionnement quotidien de la compagnie nationale.

