Les militants du MMM ne veulent pas retourner dans l’opposition. Après « 20 ans de souffrance » et de « traversée du désert », la base militante estime que le maintien au pouvoir est une nécessité pour concrétiser le travail entamé. Ce désir de stabilité l’emporte sur les critiques de la gestion gouvernementale, position que Paul Bérenger dit comprendre mais qu’il ne partage pas.
Le Comité central du MMM, s’est réuni ce mercredi 18 mars et a releve2 une fracture inédite entre la direction et ses militants. Alors qu’une « très grande majorité » exige de rester au gouvernement, Paul Bérenger avoue être en minorité. Le bras de fer se déplace désormais au Bureau politique du lundi 23 mars.
« Mon opinion est différente », a-t-il lâché, précisant qu’il accorde un « poids » différent aux enjeux actuels dans sa balance personnelle par rapport aux délégués. Malgré ce désaveu interne, le leader des mauves a salué la « sagesse » du Comité central et a réaffirmé son attachement à la discipline du parti et au respect de la démocratie interne.
Si la base veut rester, Bérenger, lui, ne cache pas ses inquiétudes sur la conduite des affaires de l’État. Il a notamment insisté sur l’urgence de nommer un ministre des Finances « full-time », arguant que la crise internationale, notamment avec l’Iran, rend cette fonction indispensable et critique pour l’économie nationale. Le Deputy Prime minister a également évoqué des réserves sur la future législation concernant la « Serious Crime Agency », qu’il qualifie de potentiellement « très controversable ».
Interrogé sur les rumeurs de succession, Paul Bérenger a été cinglant : « La dynastie n’a pas sa place au MMM ». Joanna Bérenger a assuré n’avoir aucun intérêt personnel à occuper des postes de leadership ou celui de leader de l’opposition, affirmant agir uniquement dans l’intérêt supérieur du pays. « Je n’ai ni l’envie, ni l’ambition », a-t-elle précisé pour faire taire les spéculations sur un éventuel calcul politique.
Une réunion « spéciale » du Bureau politique est convoquée ce lundi pour « digérer » ces conclusions et décider de la marche à suivre. La possibilité de convoquer une assemblée spéciale des délégués avec droit de vote reste sur la table si un consensus n’est pas trouvé.

