L’Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE), en collaboration avec le ministère de l’Éducation et la Swedish International Development Capacity Academy a lancé un projet de recherche sur le bien-être du personnel éducatif. Celui-ci vise à fournir des données scientifiques aux décideurs. Le Professeur Vinayagum Chinapah y apporte son expertise.
« Breaking the Silence: Well-Being of Educational Personnel and the Use of Evidence-based Information for Policymaking in the Republic of Mauritius. » Tel est le titre du projet de recherche, porté par l’UPSEE. Ce syndicat bénéficie de la collaboration du ministère de l’Éducation, de l’Open University of Mauritius, du Mauritius Institute of Education et de la Swedish International Development Capacity Academy. L’approche de cette recherche est basée sur les données probantes, afin de traduire les réalités vécues par le personnel éducatif dans les différentes institutions.
Ce projet a déjà été soumis au Mauritius Innovation and Research Council (MRIC), a indiqué Arvind Bhojun, président de l’UPSEE. Il est estimé qu’il sera complété dans 24 mois. Le but d’une telle démarche est de fournir des Evidence-Based Data, qui pourraient servir aux décideurs. La recherche concernera à la fois les collèges privés subventionnés, les collèges d’État et les centres de formation technique.
Plusieurs institutions apporteront également leurs concours et expertise à ce projet, notamment, le Mauritius Institute of Education (MIE) et l’Open University (OU) of Mauritius. Le professeur émérite Vinayagum Chinapah, qui a notamment travaillé à l’UNESCO et à l’Université de Stockholm, apporte également son expérience et sa maîtrise à ce projet. Arvind Bhojun avance que « généralement, la recherche relève plutôt de l’académie, mais nous avons voulu le rendre accessible au secteur de l’éducation. Nous sommes dans la réalité, nous savons ce qui se passe. Nous ne pouvons nous contenter d’être des spectateurs. »
Cette démarche cadre avec la politique du gouvernement, de promouvoir la recherche. « Nous pouvons aussi faire carrière dans la recherche, que ce soit au niveau national ou international. » Arvind Bhojun a mis l’accent sur l’expérience des différents partenaires du projet.
Présent lors de la présentation du projet de recherche, le Pr Chinapah a mis l’accent sur la pertinence d’une telle démarche. « Je n’ai jamais vu un projet de recherche mené par un syndicat. Je crois que c’est unique au monde », se félicite-t-il. Il fait état de la synergie autour de ce projet, avec les différentes institutions et le ministère de l’Éducation lui-même, en tant que parties prenantes. « C’est l’unité dans la diversité dont nous parlons souvent. Différentes institutions ont décidé de joindre les efforts autour d’un projet commun », ajoute-t-il.
Breaking the Silence est un projet qui donne une voix au personnel éducatif, le premier concerné par cette recherche. « Vous n’avez pas besoin que des personnes externes viennent vous dire ce que vous devez faire. Vous êtes vous-mêmes les parties prenantes », estime-t-il.
Le Pr Chinapah relève également l’approche humaine de ce projet de recherche. Il s’est appesanti sur l’importance de travailler ensemble. « Il y a des cerveaux qui sont prêts à aider. Mais souvent, nous ne leur donnons pas l’occasion », concède-t-il.
Preetam Mohitram, du ministère de l’Éducation, a déclaré que le ministre Mahend Gungapersad accorde tout son soutien à ce projet. Il a souligné également l’importance d’une telle démarche. « Étant donné que cette recherche sera Evidence-Based, cela nous permettra de connaître l’état d’esprit du personnel éducatif, qu’il s’agisse d’enseignants, de recteurs ou de personnel non-enseignant. »
De telles données, a-t-il ajouté, seront utiles pour les décisions politiques.
Arvind Bhojun a tenu à préciser que même si ce projet a l’air très vaste, avec différents sous-secteurs à couvrir, l’UPSEE dispose au sein de son réseau, de représentants des collèges privés, de collèges d’État, ainsi que de centres de formation technique.

