Depuis le début de l’année, 17 cas de dépôts illégaux ont été recensés à travers le pays
La traque des auteurs de dépôts illégaux de déchets se poursuit et s’intensifie à travers le pays, avec une série d’interventions menées ces derniers jours par la Police de l’environnement et les divisions territoriales. Hier encore, un chauffeur de camion a été pris en flagrant délit de déversement d’eaux usées sur un terrain nu de Cemetery Road, à Riche-Terre
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C’est après une surveillance d’environ une heure, vers 12 h 45, que le conducteur d’un camion Mitsubishi, résident de Calebasses, a été pris alors qu’il déversait des eaux usées sur le site. Il a immédiatement été intercepté par la Police de l’environnement (secteur Nord) et verbalisé pour « discharging waste water on a bareland ». Une amende forfaitaire de Rs 25 000 lui a été infligée, à régler au bureau de la Cash Office de Pamplemousses dans un délai de 21 jours. Le conducteur a également été sanctionné pour deux autres infractions : absence de vignette MVL et certificat de fitness non apposé.
Vendredi matin également, une nouvelle opération avait été déclenchée à la rue des Oursins, à Baie-du-Tombeau, à la suite d’un signalement accompagné de preuves visuelles diffusées sur une page Facebook d’un groupe de citoyens. L’intervention a permis de prendre en contravention le conducteur d’un camion, un travailleur étranger, pour déversement illégal d’ordures. Il a été sanctionné d’une amende de Rs 25,000 et sommé de procéder à l’enlèvement des déchets dans un délai prescrit.
La veille, c’est dans la région de Barlow, à Rivière du Rempart, que la Northern Police Division est intervenue dans le cadre d’une opération de surveillance ciblée. Les agents ont constaté la présence de déchets abandonnés en bordure de route, notamment des branches sèches, des feuilles de tôle et des débris de béton. Une enquête ouverte dans la foulée, dans la région de Shivala Road, a permis d’identifier formellement le propriétaire d’un camion comme étant l’auteur des faits. Ce dernier a été verbalisé et a reçu un « fixed penalty notice ». Il devra s’acquitter d’une amende de Rs 25,000 auprès de la Cour de Pamplemousses au plus tard le 9 avril prochain.
Quelques jours plus tôt, le lundi 9 mars, une opération de type « keep watch » menée à Montebello, à Port-Louis, avait déjà conduit à une interpellation. Sur la base d’informations jugées crédibles, les éléments de la Police de l’environnement avaient mis en place une surveillance discrète dans la zone. Vers 18h, un conducteur de camion a été pris en flagrant délit, alors qu’il déversait des déchets domestiques et de construction le long d’une route secondaire. Il a été immédiatement verbalisé et sanctionné d’une amende de Rs 25,000.
Le ministre Bhagwan annonce le doublement des amendes et des sanctions renforcées pour les récidivistes
Ces interventions successives interviennent dans un contexte de recrudescence des dépôts sauvages, en dépit des campagnes de sensibilisation et des dispositifs de contrôle déployés. Le ministre de l’Environnement, de la Gestion des déchets solides et du Changement climatique, Rajesh Bhagwan hausse le ton face à cette situation. « Chaque nouveau cas est un cas de trop. Non seulement les pollueurs défigurent la nature mais, avec ces dépotoirs illégaux, ils contribuent également à la prolifération des rats, alors que les cas de leptospirose augmentent, entraînant mort d’homme. Les gens doivent être conscients de cela. De notre côté, nous restons intransigeants et allons aussi passer à la vitesse supérieure en doublant l’amende actuellement fixée à Rs 25,000 pour la porter à Rs 50,000 », dit-il. Il lance un appel aux Mauriciens pour « continuer à agir comme chien de garde » et de dénoncer toute infraction. « Cela ne peut continuer », dit-il.
Au-delà du renforcement des sanctions financières, d’autres mesures sont annoncées. Le délai accordé pour l’enlèvement des déchets sera ramené de cinq jours à 24 heures. Par ailleurs, l’introduction de travaux d’intérêt général est envisagée pour les récidivistes. « Dans la même logique, nous allons introduire le service communautaire pour les pollueurs récidivistes, qui devront mettre un gilet fluorescent et aller balayer et nettoyer les rues, ronds-points, plages et autres espaces publics », précise le ministre.
Depuis le début de l’année, 16 cas de dépôts illégaux ont été recensés à travers le pays, tandis que 280 infractions pour « littering » ont été enregistrées, traduisant l’ampleur persistante du phénomène.

