PMQT -Situation économique Ramgoolam : « Maurice reste sous surveillance étroite de Moody’s »

 

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Raviraj Beechook a interpellé le Premier ministre, Navin Ramgoolam, sur les conséquences d’une nouvelle rétrogradation de Moody’s sur. Il a demandé si un Impact Assessment a été mené dans ce contexte. Ainsi, le Premier ministre a mis en avant qu’en 2012, alors que le Parti Travailliste était au pouvoir, Moody’s avait relevé la notation de Baa2 à Baa1, avec une perspective stable. Avant les élections de 2014, la dette publique représentait 59,5% du PIB, soit moins de 60% comme recommandé par l’Union européenne. Cette notation est restée inchangée jusqu’à avril 2020, lorsque la détérioration de la gestion macroéconomique sous l’ancien gouvernement Jugnauth a commencé à susciter de sérieuses inquiétudes.
Moody’s a abaissé la notation de Maurice à quatre reprises. En avril 2020, la perspective est passée de positive à négative ; en mars 2021, la notation a été abaissée de Baa1 à Baa2, avec une perspective négative ; en juillet 2022, la notation a été à nouveau abaissée à Baa3, avec perspective stable ; et enfin, en janvier 2025, la perspective est passée de stable à négative, la plus basse notation de qualité investissement.
Navin Ramgoolam a précisé que « sur les aspects strictement quantitatifs de l’évaluation, nous aurions pu être rétrogradés au niveau de Junk Status ». Dans ce contexte, une délégation de haut niveau avait été dépêchée à Londres pour discuter avec Moody’s afin d’expliquer « notre plan de consolidation économique et fiscale, ainsi que nos engagements en matière de réformes structurelles. Cela comprenait la réforme des pensions, devenue insoutenable ainsi que le précisent le FMI et la Banque mondiale, depuis que le précédent gouvernement était au pouvoir. Mais ils ont fermé les yeux. »
Le Premier précise que « grâce à cette intervention et aux mesures de consolidation fiscale, nous avons pu éviter la rétrogradation. Sans cela, a-t-il ajouté, les conséquences auraient été profondes. » Il a ainsi cité : une confiance moindre des investisseurs pouvant ralentir les flux d’IDE ou déclencher des sorties de capitaux alors que les investisseurs étrangers cherchent à réduire leur exposition au risque ; une confiance réduite des investisseurs et des sorties de capitaux entraînant une dépréciation de la roupie, ce qui augmenterait à son tour, le coût des importations et les pressions inflationnistes.
Il a critiqué les propos du leader de l’opposition, Joe Lesjongard, et fustigé l’ancien gouvernement. « Il semble ne pas se rendre compte de ce qu’ils ont fait – le crime économique qu’ils ont commis contre ce pays ; la réduction des investissements, l’augmentation des coûts et la dépréciation de la roupie entraîneraient une croissance économique plus faible ; une baisse de la notation de crédit de nos banques commerciales pour refléter la notation souveraine, ce qui rendrait nos affaires internationales plus difficiles et plus coûteuses ; et compte tenu de la perception accrue du risque, le gouvernement, les banques et les entreprises à Maurice feraient face à des taux d’intérêt plus élevés sur la nouvelle dette, rendant l’emprunt plus coûteux », dit-il.
De telles conséquences auraient eu des effets en cascade sur l’ensemble de la population. Une grande proportion des dépôts non-résidents dans le système bancaire est sensible à notre notation de qualité investissement, a-t-il affirmé. « Une rétrogradation pourrait déclencher une sortie importante de capitaux, déstabilisant le marché des changes, qui reste sous pression malgré l’amélioration de notre balance extérieure et les interventions régulières de la Banque de Maurice. Cela exercerait une pression supplémentaire sur la valeur de la roupie, ce qui augmenterait à son tour les prix de manière significative, affectant le pouvoir d’achat et le niveau de vie de la population », poursuit-il.
Le Comité de coordination macroéconomique, qui comprend des représentants du Bureau du Premier ministre, du ministère des Finances, de la Banque de Maurice, de Statistics Mauritius et de l’Economic Development Board, suit de près les évolutions liées à la notation souveraine. Cette instance a également réalisé diverses analyses de scénarios et des tests de résistance afin d’évaluer les risques potentiels et les réponses politiques appropriées.
« Maurice reste sous l’étroite surveillance de Moody’s », maintient-il. Le gouvernement fait tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher une nouvelle rétrogradation au niveau Junk Status.
Le Premier ministre a également fait le point au sujet de Standard and Poor’s (S&P). En février 2023, l’ancien ministre des Finances avait demandé à la Banque de Maurice de conclure directement un contrat avec S&P pour réaliser une seconde notation souveraine pour Maurice. Le dossier était traité par un conseiller spécial au sein de la Banque de Maurice. Il n’existe aucun enregistrement officiel de cette demande au ministère des Finances.
Il a ajouté que par principe, la notation souveraine relève de la responsabilité du gouvernement, via le ministère des Finances. Le contrat n’a pas été renouvelé en mars 2026, du fait qu’il n’y a pas de plans immédiats pour que le gouvernement fasse appel aux marchés internationaux de la dette.
S&P a publié sa première notation souveraine pour Maurice le 21 juillet 2023 et que la plus récente a été publiée le 27 octobre 2025, avec une notation BBB négative, perspective stable. La notation BBB négative est la plus basse au niveau de qualité investissement. « Ce n’est pas, comme certains le prétendent, notamment au sein du MSM, un geste préventif pour éviter tout examen. Il n’en est absolument rien, comme je l’ai expliqué », s’insurge-t-il.
Il fait état que le gouvernement est engagé dans une consolidation fiscale difficile, mais nécessaire, depuis le dernier budget, soit renforcer la gouvernance au sein des institutions clés et nos standards de diffusion de données selon le SDDS Plus du FMI.  Il a cité le FMI, qui a énoncé dans son communiqué : « En adhérant au SDDS Plus, Maurice respecte les normes les plus rigoureuses pour la diffusion des données macroéconomiques et fiscales essentielles existantes sur l’État de l’économie et ses liens, telles qu’établies dans les initiatives de normes du FMI. Cette réussite souligne l’engagement fort du pays envers la transparence des données vis-à-vis des marchés publics et de la communauté internationale. »
De plus, le gouvernement a sollicité et reçu cette année l’assistance technique du FMI concernant le Fiscal Responsibility Framework. « Toutes ces actions témoignent de l’engagement ferme du gouvernement à ancrer la discipline fiscale et à consolider la réputation de Maurice en tant que juridiction de qualité investissement crédible pour les entreprises internationales », indique-t-il.
Étant donné la situation actuelle, a fait ressortir Navin Ramgoolam, le gouvernement continuera à mettre en œuvre son programme de consolidation fiscale, afin de réduire progressivement le déficit budgétaire et la dette du secteur public à des niveaux soutenables. « Nous devons d’abord reconstruire l’économie afin de la placer solidement sur une trajectoire de croissance plus élevée, tout en veillant à ce que les bénéfices soient partagés par l’ensemble de la population », a-t-il conclu.

 

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