La hausse de 10% sur le prix du diesel – qui est passé de Rs 58.95 à Rs 64.80 le litre à la pompe – génère des répercussions certaines sur le secteur du transport. Au niveau des opérateurs d’autobus et de taxi, on laisse entendre qu’il faudra accuser le coup, en attendant un signal du gouvernement. Si certaines compagnies d’autobus, à l’instar de Rose-Hill Transport, se tournent déjà vers l’électrique, pour les petits opérateurs, la situation se complique davantage.
Le prix du diesel à la pompe est passé à un niveau jamais atteint jusqu’ici. Si dans la conjoncture de la guerre au Moyen-Orient et la flambée du prix du pétrole, cette hausse était inévitable, la répercussion sur certains secteurs de l’économie laisse place à des craintes. Tel est le cas notamment pour le secteur du transport.
Sidharth Sharma, Chief Executive Officer (CEO) de Rose-Hill Transport (RHT), affirme que les compagnies d’autobus ont un package de subsides pour le diesel. Toutefois, le prix des tickets d’autobus étant contrôlé, il faudra évaluer si la subvention sera adéquate pour couvrir les frais. « En attendant, nous allons suivre la performance de notre flotte de près », dit-il.
Mais le plus important, met en exergue Sidharth Sharma, est que cette crise peut aussi constituer une opportunité d’accélérer la transition énergétique. « RHT est pionnier dans l’utilisation des autobus électriques. Notre objectif est d’atteindre une flotte totalement verte », avabnce-t-il. Cependant, ajoute-t-il, la transition dépend également du soutien constant des autorités.
D’une phase d’essai avec deux autobus électriques, il y a sept ans, RHT a fait acquisition de quatre nouveaux autobus similaires cette année. « Notre objectif est d’acheter 14 autres bus électriques avant décembre si nous avons le soutien nécessaire. Pour moi, c’est le moment d’accélérer la transition énergétique d’autant que nous produisons également notre propre énergie », poursuit-il.
Ce qui s’applique aux grandes compagnies n’est toutefois pas valable pour les petits opérateurs. C’est ce qu’a indiqué Anil Seeburrun, de la Flacq Bus Owners Cooperative Society Ltd, tout en soulignant. « Les opérateurs individuels ont également droit à la subvention de Rs 1,5 million pour l’achat de bus électriques. Toutefois, un tel véhicule coûte environ Rs 10 millions. Pour nous, c’est un gros investissement et ce n’est pas rentable, avec les routes que nous avons », trouve-t-il.
Avec la hausse du prix du diesel, les opérateurs n’ont d’autre choix que de subir l’impact, en espérant qu’il sera soutenable.
Du côté des taxis, la situation est plus compliquée. En plus de subir les conséquences de la hausse de 10% sur le diesel, les taximen doivent également faire face à la concurrence. Vikash Audit, de l’association des taxis de l’aéroport, concède qu’une hausse était attendue avec la situation au Moyen-Orient. « 10% en plus sur le diesel, ce sera un gros problème pour nous. Mais nous allons devoir accuser le coup. À quel point pouvons-nous augmenter le tarif ? Les passagers ne voudront pas payer », affirme-t-il.
Contrairement aux autobus, les taxis n’ont pas de subsides sur le diesel, mais sur l’achat du véhicule. Vikash Audit laisse entendre par ailleurs : « Ceux qui comme moi opèrent à l’aéroport ont encore de la chance d’avoir une clientèle de touristes. Mais pour les autres ce sera compliqué. Mais même là, un gros danger nous guette, avec l’arrivée d’Uber à Maurice. »
La hausse du prix du carburant dans un contexte de concurrence, poursuit-il, annonce des jours difficiles pour le secteur. « C’est pour cela que nous n’allons pas rester les bras croisés face à cette situation. Uber est un danger pour nous. Nous comptons contester son introduction à Maurice. Nous avons cinq avocats qui travaillent déjà sur ce dossier », indfiquer-t-il.
Le porte-parole de l’association des taxis de l’aéroport fait ressortir que s’il faut déjà subir les conséquences d’une hausse du diesel et qu’il faudra ensuite payer une commission à Uber pour opérer dans son réseau, les chauffeurs de taxi ne se retrouveront plus. « Nous ne pouvons pas entrer dans un tel système, surtout avec la conjoncture actuelle. »
Par ailleurs, s’appesantit Vikash Audit, le secteur de taxi à Maurice est réglementé selon des bases d’opération attribuées par la National Land Transport Authority. Or, Uber fonctionne selon un système de Live Location. « Cela veut dire qu’il occupera tout l’espace. Que restera-t-il pour nous ? » se demande-t-il.
D’après Vikash Audit, 7 803 taxis sont enregistrés à Maurice. Parmi 72 opèrent à l’aéroport. Sur cette base d’opération, a-t-il indiqué, il y existe déjà une forte concurrence, notamment, avec les minibus et Contract Cars. L’avenir s’annonce compliqué pour le secteur, conclut-il.

