ÉDUCATION | Langue française Kimberley Choong et Ryan Jaumeer,  lauréats du Delf Scolaire 2025

Des stages d’immersion remplaceront les bourses universitaires pour l’édition 2026

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Le Delf Scolaire, niveau B2, est organisé chaque année, à l’intention des étudiants en fin de cycle secondaire. Il certifie le niveau de maîtrise de la langue française et permet d’entreprendre des études supérieures dans des institutions françaises. Chaque année, deux bourses sont offertes aux lauréats. Pour l’édition 2025, les deux boursiers sont Kimberley Choong Siat Moy du Queen Elizabeth College et Ryan Ng Jaumeer, du Collège Royal de Port-Louis. La formule de bourse changera à partir de 2026.

La cérémonie de remise de certificats aux candidats ayant brillé au Delf scolaire 2025 a eu lieu au Rajiv Gandhi Science Centre, hier, en présence du ministre de la Technologie, de la Communication et de l’Innovation. Cet examen est organisé à Maurice par le Mauritius Examinations Syndicate, en partenariat avec l’ambassade de France. Le diplôme est délivré par le ministère de l’Éducation français.

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Les deux lauréats pour l’édition 2025 sont Kimberley Choong Siat Moy du Queen Elizabeth College et Ryan Ng Jaumeer, du Collège Royal de Port-Louis. Ils décrochent une bourse chacun pour étudier dans une université française. Christophe Clanché, attaché de coopération éducative à l’ambassade de France, a indiqué que pour l’édition 2026, la formule de bourse va changer. « Nous avons réalisé que parfois, les boursiers font des choix pour d’autres études et renoncent à leurs bourses. Pour 2026, nous transformerons ces bourses en des stages et séjours linguistiques qui profiteront à un plus grand nombre de candidats », confirme-t-il.

Cette démarche vise à valoriser et récompenser les mérites immédiatement.  Il est prévu que les résultats soient annoncés avant les examens du secondaire, qui se tiennent généralement en octobre, tandis que les séjours linguistiques seront organisés en décembre. Pour Christophe Clanché, cette cérémonie va au-delà d’une simple remise de diplômes, soit « la célébration d’un engagement collectif pour la maîtrise de la langue française à Maurice ».

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Pour l’édition 2025, il y avait 1 038 candidats venant de 71 établissements de Maurice et de Rodrigues. Parmi eux, 41 se sont distingués, en décrochant une note supérieure à 92,5 sur 100. Le Delf scolaire, a poursuivi Christophe Clanché, est reconnu à travers le monde et est valable à vie. « Ce diplôme vous ouvre des portes : celles des universités françaises et francophones, celles des entreprises internationales à Maurice ou ailleurs, et celles d’un monde où le plurilinguisme est une richesse », dit-il.

Cette performance remarquable, selon lui, est le symbole de l’ambition de toute une génération de jeunes Mauriciens qui ont choisi de s’investir dans l’apprentissage du français. Il a également mis en avant le rôle des enseignants/es et chefs d’établissement. « Sans votre accompagnement, votre exigence et votre passion, ces résultats n’auraient pas été possibles. Vous êtes les artisans de la réussite collective », poursuit-il.

Christophe Clanché a également souligné la force du partenariat entre Maurice et la France dans le domaine éducatif. « Il s’inscrit pleinement dans la vision que nous partageons : celle d’une éducation ambitieuse, inclusive et tournée vers l’international. Il permet aux jeunes Mauriciens de valoriser leurs compétences linguistiques, tout en renforçant les liens entre nos deux pays. » Il a cité en exemple, la récente tenue, pour la première fois à Maurice, de la finale du concours régional d’éloquence.

Projet d’enseignement bilingue

De même, Christophe Clanché a mentionné la signature d’une déclaration d’intention entre la France et Maurice en vue d’une expérimentation dans 20 établissements scolaires, d’un programme d’enseignement bilingue, kreol et français. « Il ne s’agit pas là de remettre en cause les fondamentaux du système éducatif mauricien où l’anglais a une place centrale et qui s’appuie naturellement sur le créole pour assurer la réussite du plus grand nombre. Non, il s’agit d’initier de nouvelles démarches pédagogiques pour que le multilinguisme mauricien, inégalé je pense et tellement envié dans d’autres contextes, reste une compétence clé de tous les jeunes Mauriciens », précise-t-il.

Cette démarche, a-t-il ajouté, dépasse les aspects linguistiques. « Nous avons à cœur de réfléchir avec vous aux transformations majeures liées aux nouvelles technologies. Nos démocraties, nos systèmes éducatifs sont mis au défi de l’intelligence artificielle et nous devons renforcer nos coopérations dans un cadre bilatéral et multilatéral pour les relever », fait-il comprendre.
Invité d’honneur de cette cérémonie de remise de diplômes, le ministre de la Technologie, de la Communication et de l’Innovation, Avinash Ramtohul, a mis l’accent sur le bilinguisme et le multilinguisme, de Maurice. Les ressources humaines, a-t-il fait ressortir, constituent la richesse du pays. « Nous n’avons pas de ressources naturelles à part la mer. Il nous faut donc investir dans le capital humain. C’est pour cela que le gouvernement investit des milliards de roupies dans l’éducation », préconise-t-il.

Par ailleurs, le ministre a salué l’initiative du Delf scolaire à Maurice. « Ce n’est pas un examen académique. Il offre l’opportunité de développer sa capacité à communiquer. C’est cela le petit souci dans notre système. » Il a parlé également de la nécessité d’investir dans les technologies informatiques, regrettant que durant les dix dernières années, rien n’ait été fait pour développer ce secteur : « Nous avons un retard à rattraper. »

De même, le ministre Avinash Ramtohul a abordé la question de l’intelligence artificielle, « qui facilite beaucoup de choses, mais qui doit n’être qu’un support ». Il a ainsi invité à la réflexion sur l’impact de l’intelligence artificielle. « Est-ce que cela va ralentir notre capacité intellectuelle ? » Le ministre a également mis en garde contre le Deepfake et insisté sur l’importance de s’en protéger.  Le ministère, a-t-il précisé, a déjà travaillé sur une stratégie de l’IA.

Parlant des réseaux sociaux, il s’est demandé si Maurice ne devrait pas emboîter le pas à l’Australie et la France, notamment, en interdisant l’accès aux moins de 16 ans. « La discussion est déjà engagée pour protéger nos enfants. Il faut établir un espace virtuel sain. »  L’intégrité numérique, a-t-il ajouté, permettra d’attirer des investisseurs. Il a également élaboré sur le projet de l’Inde de faire de Maurice une passerelle vers l’Afrique en matière d’intelligence artificielle.

S’adressant aux étudiants, Avinash Ramtohul les a encouragés à continuer à travailler dur et à être disciplinés. « Rien n’est facile dans la vie. Il faut rester Focussed sur votre objectif et avancer graduellement. Rien ne doit vous éloigner de votre objectif », dit-il.
Pour sa part, le directeur du Mauritius Examinations Syndicate (MES), Serge Ng Tat Chung, a félicité les candidats. Il a souhaité une coopération accrue avec l’ambassade de France sur des projets éducatifs. Preetam Mohitram, représentant du ministère de l’Éducation, a relevé l’importance du Delf scolaire, pouvant mener très loin dans un parcours. Il a également élaboré sur l’importance du français dans le système éducatif mauricien.

 

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