Et voilà ! Quinze mois après le troisième et phénoménal (dernier ?) 60 – 0 de l’histoire de notre pays, le conte prend fin. Les plus pessimistes, mais peut-être aussi les plus réalistes, entrevoyaient déjà la fissure. Ce vendredi 20, la brèche s’ouvre donc avec la démission du Deputy Prime Minister (DPM) Paul Bérenger. Le leader emblématique du parti mauve a fini par céder à son irrésistible désir ! Depuis plusieurs mois, ce politicien que certains vénèrent et que d’autres détestent multipliait chantages, caprices, menaces à peine voilées, coups de gueule… Pou ale, pou reste ? Puis, les choses se sont accélérées. Après ses « je pars », « je reste », il a finalement opté pour la porte.
Sur la Toile, ces derniers jours, la pression populaire ne l’a aucunement épargné. La majorité des internautes – tant parmi des die hard mauve que des opposants féroces – s’en sont donné à cœur joie ! Et il faut dire que Bérenger a apporté ce qu’il fallait d’eau aux moulins de tout ce beau monde. Ses valses-hésitations ont poussé à bout la patience. De nombreux observateurs de la vie politique l’ont fréquemment souligné : Bérenger semble incapable de faire partie d’une équipe !
Dans le sillage de sa démission en tant que DPM, les uns applaudissent, d’autres se lamentent et d’autres encore enragent. A-t-il eu raison ou n’aurait-il pas pu (dû) attendre, se battre, se faire entendre, faire pression pour changer ce qu’il dénonce ? Chacun a son opinion. Mais une chose est sûre, Paul Bérenger n’a pas choisi la voie la plus facile, ni la plus aisée. Lindsay Rivière, un des observateurs politiques les plus constants, résume probablement mieux que personne l’événement en qualifiant le geste de Paul Bérenger de « suicide politique ».
Dans le sillage de ses prises de position et ses déclarations relatives à des « révélations », le leader mythique mauve a tout intérêt à les faire. S’il veut quitter la scène politique la tête haute, et pas par la petite porte. Car l’homme a un solide parcours ; il a une dimension de mythe local. Il a marqué des générations de Mauriciens par ses actions, prises de position, combats et manière de pensée. Il ne peut se permettre de traiter tout cela comme quantité négligeable. Et quand il vient déclarer qu’il y a des pourris dans ses rangs, il a tout intérêt à faire le ménage.
La démission de Paul Bérenger comme DPM intervient dans un contexte socio-économique déjà difficile et rendu encore plus compliqué avec le conflit engagé par Israël et les États-Unis contre l’Iran. Netanyahou et Trump ont quasiment pris en otage le Moyen-Orient. L’Iran ne demeure évidemment pas figé dans l’attente de l’écroulement de son système ou d’un coup d’État de son gouvernement. Et pendant ce temps-là, le reste du monde doit se démener pour tantôt éviter une guerre mondiale, tantôt assurer que vivres et autres produits arrivent à bon port…
Déjà, la cherté de la vie pèse lourd sur le quotidien du Mauricien moyen. Et malgré quelques subventions et autres mesures prises par le gouvernement, cette guerre que Trump et son acolyte Netanyahou ont déclenchée semble s’enliser gravement. Avec les conséquences que cela représente pour notre économie. Navin Ramgoolam a déjà donné le ton, d’ailleurs, quand en évoquant le prochain budget, il n’hésite pas de parler d’« exercice difficile ». 2026 est à peine entamée que déjà les signes précurseurs d’une inévitable austérité renforcée se dessinent. Le conflit au Moyen-Orient vient relancer, également, la question d’autosuffisance alimentaire de Maurice.
Le crime crapuleux de Yogheswaree (Deepika) Bhunjun choque. Les circonstances de ce meurtre et le calcul avec lequel quatre hommes s’y sont pris pour se débarrasser de son corps suscitent indignation, révolte, colère et tristesse. L’enquête sur le compagnon de la victime – un médecin – et les trois complices qui ne semblent pas être des délinquants fichés, se poursuit. Quelles raisons ont poussé ces hommes à agir avec une telle barbarie ? L’appât du gain ? Les proches de Deepika Bhunjun laissent entendre qu’elle était une femme battue. Encore une ! Et au milieu de ce jeu macabre, les deux enfants de la victime, âgés de trois ans et neuf mois…
Husna Ramjanally

