MGI – Atelier de gravure non toxique : Pour une approche plus respectueuse de l’environnement

Le Mahatma Gandhi Institute (MGI) a récemment accueilli le Pr Prashant Phiringi de la Kala Bhavan Bharti University de Shanltiniketan, atelier qui a attiré les professeurs d’art, dont les artistes Neermala Luckeenarain, Veemanda Seeneevassen et Krishna Luchoomun, des artistes et des étudiants de Beaux-Arts. Cette initiative de l’institution mokassienne s’inscrit dans une démarche pédagogique et artistique responsable et vise à favoriser une approche respectueuse de l’environnement.
« Ce que nous faisons maintenant est non toxique. Auparavant, nous utilisions de l’acide nitrique, mais maintenant, c’est différent. Nous ne travaillons plus avec le sel, le sulfate de cuivre… Nous pouvons désormais mettre les mains dans le bain pour retirer la plaquette alors qu’auparavant, il fallait prendre beaucoup de précautions et porter des gants », affirme Neermala Luckeenarain, ex-professeure d’art au MGI et artiste-graveuse professionnelle multirécompensée. Le travail reste toutefois le même. « Sauf pour travailler la plaquette, nous utilisons des solutions qui ne sont pas dangereuses. Nous sommes plus libres de travailler et nous nous faisons moins de souci aujourd’hui », dit-elle.
Ainsi, d’aucuns pourraient penser qu’arriver à ce stade d’une carrière artistique longue de plus d’un demi-siècle, il n’y a plus grand-chose à apprendre. Or, Neermala Luckeenarain soutient : « nous apprenons tout le temps. Il faut se tenir au courant de ce qui se fait. You have to update yourself with new technologies. » Cependant, tout le matériel n’est pas disponible à Maurice, « comme la gomme arabique que le professeur utilise, et que nous ne trouvons pas ». Elle signifie son intention de ne plus utiliser d’acide nitrique.
Feutre, ou plus précisément Glass Marker, en mains, Laskhna et son amie Shabneez ont la tête baissée, les yeux rivés sur leurs feuilles. Elles tracent un dessin et découvrent un tout autre plaisir de la gravure. « Ici, je fais mon dessin sur ce papier spécial. Ensuite, je passe la gomme arabique dessus, et je fais chauffer. Puis je passe mon encre dessus. Je peux essuyer avec de l’eau. C’est beaucoup plus simple », fait ressortir Laskhna, en deuxième année de Fine Arts au MGI.
Shabneez abonde dans le même sens : « C’est facile et amusant. Lorsqu’on fait de la gravure sur lino, cela prend plus de temps et il faut faire très attention. » Elle concède toutefois que graver des plaques de lino requiert d’autres compétences.
Quand à Violetta Evseeva, artiste-paysagiste – qui pratique surtout l’aquarelle, le pastel sec ou l’acrylique –, découvrir de nouvelles techniques fait partie du cheminement de l’artiste. « It expands my boundaries », affirme-t-elle à Le-Mauricien. « J’ai vu une annonce pour cet atelier sur Facebook, et je me suis inscrite. C’est une semaine de formation intensive. Je suis fatiguée, mais j’ai beaucoup appris », note cette habitante de Tamarin, qui a bravé durant une semaine les embouteillages pour se rendre à Moka à l’heure convenue. « I think I will definitely use the techniques learnt here in my practice », note-t-elle, dans la mesure du possible.
Nooreen Lallmamode, responsable du département Design et Communication au MGI, apprécie également la nouvelle technique de gravure, qui requiert l’utilisation de papier et de Glass Marker. « Je n’ai pas besoin de plaque métallique pour cela. J’expérimente sur ce papier spécial, qui est non toxique. » De plus, elle apprécie particulièrement ces ateliers intensifs, qui lui permettent d’apprendre de nouvelles techniques. « We learn to unlearn and to relearn. » Sans compter qu’elle peut rencontrer des élèves de l’école dans d’autres circonstances, ce qui lui permet de mieux les connaître, dit-elle.
L’atelier a été initié par Veemanda Seeneevassen, chargée de cours à l’École des Beaux-Arts du MGI, « pour créer un espace d’apprentissage ancré dans la transmission, l’expérimentation et le dialogue ». Veemanda Seeneevassen a été formée à Santiniketan, université fondée par Rabindranath Tagore, où enseigne le Dr Phirangi. Elle dira ainsi que celui-ci adopte « une approche qui s’inscrit dans une réflexion sur l’histoire et les mutations de l’estampe, ainsi que sur la responsabilité du geste artistique et la force de la création collective ».
« C’est un engagement à la fois pédagogique et artistique, qui cherche à inscrire la gravure dans une dynamique vivante, actuelle et partagée », conclut-elle au Mauricien.

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GRAVURE
Une démarche pédagogique
et artistique responsable
Cet atelier destiné aux étudiants en arts visuels ainsi qu’aux artistes professionnels a bénéficié du soutien du gouvernement indien et du MGI. Il s’inscrit dans une démarche pédagogique et artistique responsable, offrant aux participants l’opportunité de travailler avec le Dr Phirangi, artiste-chercheur spécialisé en gravure contemporaine, fait ressortir Veemanda Seeneevassen, du département de gravure du MGI, à Le-Mauricien.
À travers ses recherches, le Pr Phirangi explore des alternatives écologiques aux techniques traditionnelles, visant à réduire l’usage de substances toxiques tout en préservant la richesse expressive de l’estampe. L’atelier avait aussi pour objectif d’interroger l’évolution des pratiques de la gravure et d’encourager une approche plus respectueuse de l’environnement.
« La collaboration étroite entre artistes, enseignants et étudiants a favorisé un apprentissage collectif, fondé sur l’échange, l’expérimentation et la réflexion partagée », souligne Veemanda Seeneevassen. Selon elle, « cela réaffirme l’engagement de l’École des beaux-arts à promouvoir une pratique de la gravure ancrée dans la transmission, le dialogue et la responsabilité contemporaine ».

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