- La proposition du GM de Rs 3.50 rejetée avec une menace de fermeture des boulangeries lundi
L’Association des propriétaires de boulangeries (APB) de l’île Maurice a sorti ses calculettes après la récente hausse du prix du diesel. Pour ses membres, le prix du pain maison devrait désormais passer de Rs 2,60 à Rs 4,78.
Dans une déclaration faite hier, le président de l’association, Nasser Moraby, a fait ressortir que le ministère du Commerce leur a proposé, il y a trois semaines, un prix de Rs 3.50. « Nous jugeons cette proposition inacceptable car elle ne couvrira pas nos frais. J’ai le pressentiment que le ministre Michael Sik Yuen va camper sur sa position de Rs 3.50. Si cette proposition est maintenue, nous n’aurons d’autre choix que de demander à nos membres de cesser la fabrication du pain dès lundi prochain. Ainsi, si le Cabinet approuve le prix de Rs 3.50 ce vendredi, les boulangers ne travailleront pas lundi prochain », avertit le président.
L’association souligne que la plupart des boulangers opèrent actuellement à perte en raison de difficultés financières. Certains sont obligés de contracter des emprunts pour rester en activité tandis que d’autres, incapables de supporter les coûts, ont dû fermer boutique. Ainsi, depuis 2024, pas moins de 36 boulangers ont mis la clé sous le paillasson.
Lors de la dernière réunion du comité interministériel, il y a environ trois semaines, il a été proposé aux boulangers de supprimer le subside de 24 sous sur le pain maison de 100 grammes. « Le comité a ensuite demandé à l’association de soumettre un nouveau calcul des coûts ainsi qu’une proposition de nouveau prix, avec ou sans subside du gouvernement. Nous avons donc décidé de mettre à jour notre proposition, tout en soulignant que le prix du pain maison n’a pas changé depuis 14 ans », indique l’association.
Une majoration du prix du pain maison est donc nécessaire car le coût des opérations liées à la masse salariale, à l’électricité et aux intrants continue d’augmenter. « C’est pourquoi nous insistons sur le fait que si aucune solution n’est trouvée pour soulager les boulangers, nous serons contraints de suspendre la production jusqu’à ce que le prix soit revalorisé », ajoute le président de l’APB.
Dans le cas où les membres de l’association mettraient leurs menaces à exécution, le public ainsi que les services essentiels, comme la police et les hôpitaux pourraient être privés de pain la semaine prochaine, préviennent-ils.
Ils font également remarquer qu’un autre facteur est récemment venu fragiliser la situation financière des boulangers : les avis de fortes pluies entraînant la fermeture des écoles. Les boulangers subissent alors des pertes, car les pâtes déjà préparées doivent être jetées. Celles-ci ne peuvent pas être réutilisées, ce qui engendre des pertes considérables.
Lors d’une réunion tenue samedi dernier, les membres de l’association ont décidé qu’ils prendraient les décisions qui s’imposent cette semaine si le gouvernement ne revoit pas sa position. Ils affirment être doublement impactés, le diesel étant utilisé à la fois pour faire fonctionner les brûleurs nécessaires à la cuisson du pain et pour assurer la livraison dans les différents points de vente à travers l’île. Ils évaluent cette hausse à environ 5 sous par pain.
L’APB regroupe environ 130 membres actuellement.

