Les funérailles de Nicolas Couronne, ancien employé d’Air Mauritius, qui s’est récemment distingué lors de la compétition littéraire du Prix Jean-Fanchette 2025, pour son ouvrage Le Regard de l’ancêtre esclave auront lieu, à l’église Saint-Thérèse, à Curepipe, demain à 10 h30. La veillée mortuaire se tiendra à Moura Funeral Services, à Petite-Rivière, aujourd’hui de 10 h à 22 heures.
Le 21 mars dernier, le Musée intercontinental de l’esclavage (ISM) annonçait le décès de Nicolas Couronne qui avait doublement marqué l’actualité de l’institution le mois précédent, avec le lancement de son ouvrage, Le Regard de l’ancêtre esclave et une exposition sur ce projet amorcée en 2018. Ancien employé d’Air Mauritius, Nicolas Couronne s’était engagé dans le secteur éducatif occupant le poste de Manager du collège Saint-Esprit de Rivière-Noire. Pendant ce temps, il avait développé une passion, pour ne pas dire une obsession, pour la recherche historique. Le déclic fut une photo.
En octobre 2025, à l’occasion de la proclamation des résultats du Prix Jean Fanchette organisé par Issa Asgarally, instigateur et coordonnateur du prix, en collaboration avec la municipalité de Beau-Bassin-Rose-Hill, Nicolas Couronne témoignait à propos de son manuscrit :
« Ce texte n’est pas une Fiction. C’est une histoire vraie. Celle de l’esclavage. Et, si je peux me permettre, je vais vous raconter comment l’idée m’est venue. En 2018, un ami m’envoie un message Facebook et en cliquant dessus, je vais tomber sur la photo d’une dame africaine, en tenue victorienne. Une centenaire. Je vais être bouleversé en regardant son visage. Elle ressemblait étrangement aux parents de mon père qui vivaient à Mahébourg. Et là, quand je regarde son nom, je vois qu’elle s’appelle Constance Couronne.
« Alors, mettez-vous à ma place : je vais être troublé. Quel est ce personnage ? Pourquoi elle ressemble au mien ? Et pourquoi elle est dans des habits victoriens ? Et là, ce visage-là va me faire devenir un rat des archives. Je vais aller faire des recherches, essayer de découvrir l’histoire derrière cette personne. Et elle a une histoire fascinante, une histoire vraie. C’est un pan de notre histoire qu’on ne connaît pas ».
Ses recherches le mèneront jusqu’en Australie, en 2023, « pour rendre sa voix à Constance » et il développera une relation avec les descendants de cet ancêtre esclave, enfant mauricienne déportée vers l’île continent au XIXᵉ siècle.
Pour lui, cet ouvrage, dont il entama l’écriture en mars 2025, est à la croisée de l’histoire et de la mémoire. « Une aventure humaine », dit-il. « C’était comme une main tendue du passé. J’ai voulu connaître son histoire », ajouta-t-il. Deux mois plus tard, il annonçait la publication de son ouvrage. Et, en février, pour marquer le 191e anniversaire de l’abolition de l’esclavage, l’ISM en collaboration avec la haute commission australienne procédait au lancement de ce livre à travers lequel, selon l’ISM « Nicolas Couronne fait preuve d’une grande sensibilité et d’un dévouement exemplaire envers la mémoire et la vérité ». Parallèlement, une exposition a lieu à l’ISM sur ce projet et sur Furcy Madeleine, une figure importante dans l’histoire de l’esclavage à l’île de La-Réunion.
Selon les renseignements du Maurice, à la suite de ces événements forts en émotions, Nicolas Couronne se rendit en vacances en Suisse. C’est sur le vol de retour à Maurice qu’il fut pris d’un malaise. Sans dévoiler son identité, la compagnie aérienne évoqua une déroute de l’appareil vers Alger, la veille, à la suite d’une urgence médicale impliquant un passager, dans un communiqué émis le samedi 21 mars.
Nicolas Couronne fut pris en charge par les autorités locales à l’atterrissage, mais il n’a pas survécu. Ses funérailles auront lieu ce samedi, à l’église Saint-Thérèse, à Curepipe. La veillée mortuaire se tiendra de 10 heures à 22 heures aujourd’hui, à Moura Undertakers.
Le-Mauricien présente ses plus vives sympathies à tous ceux infligés par ce départ.

